Interview écrite


Claudio_Lavino_Edilivre
14 octobre 2015
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Claudio Lavino, auteur de « La véritable histoire de Ray-Jones Donavan »

Claudio_Lavino_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Un homme est trouvé mort dans une ruelle  d’une ville où il fait très froid. Le médecin légiste, sur place avec le commissaire de police et le staff médical, constate la cause du décès : hypothermie. Arthur Speck, le médecin légiste, a un lourd passé. Suite au décès accidentel de son épouse bien-aimée, il s’oriente vers la médecine légale, alors qu’il aurait pu continuer une brillante carrière de chirurgien. L’idée que la vie puisse lui échapper des mains le rend profondément triste, tandis qu’avec les morts… ils ne mourront jamais deux fois. Parmi les affaires de cet homme, en apparence un clochard, le médecin trouve un cahier que le commissaire considérera sans intérêt. Arthur Speck le prendra avec lui et le soir même le lit : Il s’agit de l’histoire d’un homme dont les aspirations idéologiques  ont été dépassées et même submergées par une réalité vorace qui est celle du monde du showbiz. L’extase de la notoriété, mais aussi celle du pouvoir, pervertira et ravagera son esprit jusqu’au jour où, un rare phénomène naturel, le confinera dans un anonymat inexplicable et une solitude démesurée.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
L’idée qu’un homme publique, médiatisé et en pleine gloire, puisse sombrer le jour au lendemain dans un anonymat absolu, c’est une idée qui me fascine depuis longtemps. J’ai imaginé l’histoire d’un homme dont le pouvoir de son exercice le transforme peu à peu jusqu’à rendre son esprit affreusement méconnaissable et qui, par la suite,  déclinera dans un anonymat causé, à l’origine, par un phénomène naturel qui échappe à la raison. Ray-Jones Donavan est conscient de ne devenir que l’ombre de lui-même, et si l’extase de la notoriété l’empêche de se redresser, c’est surtout le poids écrasant de son narcissisme qui cause le plus de ravages. S’il devient médiocre, incohérent et violent, c’est parce qu’il l’a toujours été, mais on ne pouvait pas le voir. Ray-Jones se veut aussi une réflexion  sur le rôle des artistes et des intellectuels dans une société qui n’est désormais qu’une coquille vide, poussé inexorablement à la consommation, où le plus malin et le plus rapide (et parfois aussi le moins honnête) n’aura pas de mal à trouver une justification lorsqu’il trompera son prochain.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Mon ouvrage s’adresse à toutes les personnes désireuses de ne pas s’arrêter face aux apparences des choses, mais, au contraire, incline à pénétrer les méandres les plus obscurs de l’âme humaine. Je pense donc que mon ouvrage s’adresse à beaucoup de monde, aux jeunes comme au plus anciens.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Au travers de cet ouvrage j’ai voulu aussi parler de l’inconsistance de la vie, de son instabilité, de la manière incongrue dont elle se déploie. D’une main la vie vous caresse, pendant que de l’autre, elle se prépare à vous gifler. Rien ne s’acquiert définitivement, nous avons que les reflets de ce que nous croyons posséder, car l’absurde, cet infatigable ouvrier, nous dépouille sans relâche du sens de la vie et en dérobe nos  certitudes.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans la vie de tous  les jours, dans l’écoute du monde environnant et dans l’observation du passé et du présent du genre humain.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Le démarrage du programme éditoriale de Ray-Jones m’a fortement motivé. Depuis plusieurs mois déjà j’écris un autre roman que j’espère pouvoir terminer au début de l’année 2016. Mais au même moment je corrobore aussi les grandes lignes d’un troisième roman, une œuvre burlesque dont les protagonistes, dans une apparente sérénité, cherchent désespérément un sens à la vie.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Avant tout je dirai un grand merci pour avoir eu l’initiative de lire mon livre, car, si en plus il vous a plu, nos liens en sortiront consolidés et les jours à venir plus prometteurs. Merci à vous, en espérant que ceci n’est que le début de notre longue complicité.