EDITO

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Des scénaristes en panne d’inspiration ?

Lorsque l’on observe le nombre croissant d’adaptations cinématographiques de nos livres favoris, la question peut effectivement se poser.

Sur la dernière semaine, pas moins de 3 adaptations ont vu le jour dans les salles obscures : « La fille du train » (Paula Hawkins), « Réparer les vivants » (Maylis de Kerangal) et « Mal de pierres » (Milena Agus).. Si les deux premières proposent respectivement une adaptation américaine d’un auteur américain et une adaptation française d’un auteur français, « Mal de pierres », lui, est une adaptation Franco-Belge d’un auteur italien.

Ces différents exemples permettent de montrer que les adaptations cinématographiques ne sont pas destinées uniquement à la littérature anglophone, mais que nous sommes bien en face d’un phénomène mondial voué à prendre un peu plus d’ampleur année après année.

Si littérature et cinéma entretiennent un lien si étroit, c’est avant tout grâce au coté « bankable » de certaines licences.

Aujourd’hui, adapter des sagas telles que « Harry Potter« , « Le Seigneur des Anneaux » ou encore « 50 nuances » c’est l’assurance d’une base de fans déjà conquis qui se rendront à coup sûr dans les salles obscures. De même, l’adaptation d’ouvrages d’auteurs célèbres tels que Stephen King ou encore Dan Brown assure un succès immédiat.

Pour autant, la principale critique qui revient sempiternellement après le visionnage de ces films est identique :

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Mais si la version papier est généralement privilégiée à son homologue du grand écran, pourquoi voit-on apparaître chaque année par dizaines des adaptations parfois creuses d’ouvrages à succès ?

La réponse est plutôt simple, et tient elle aussi sur une feuille de papier :

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Avec une prise de risque minime, on dégage un bénéfice maximal. Pourquoi les réalisateurs et scénaristes devraient s’employer à créer un nouvel univers quand tout leur est servi sur un plateau avec quelques coups de téléphone ?

 

La vie en rose 

Pour autant, tout n’est pas noir !

Par exemple, suite à sa découverte cinématographique, une personne pourtant réfractaire à la lecture aura peut-être envie par la suite de se plonger dans l’oeuvre originale. Des films au succès critique et commercial indéniables tels que « American Psycho » ou encore « Shinning » en sont la parfaite illustration : ils ont su convaincre un public nouveau de leur intérêt après leur diffusion en salle.

À plus grande échelle, une licence aussi forte que « Harry Potter » a pu pousser des enfants à découvrir le plaisir de lire et le charme du papier, eux qui sont pourtant exposés à de multiples écrans depuis leur naissance et qui voyaient jusqu’alors le support papier plus proche de la corvée et des devoirs que du divertissement.

Le cinéma rend donc à César ce qui appartient à César : l’industrie cinématographique est une vitrine géante pour des auteurs perpétuellement en manque de reconnaissance.

Pour une oeuvre passée de papier à imagée, lorsque la littérature lui apporte de la qualité d’écriture, le cinéma lui offre du dynamisme. Ce que le livre apporte en profondeur, le long-métrage le transforme en spectaculaire.

Ne serait-ce pas là finalement le parfait exemple d’une complémentarité tirant aussi bien le 7ème art que la littérature vers le haut, et ce pour le plus grand plaisir du lecteur, du cinéphile, mais surtout du roi : le consommateur.