Autour du livre


14 mars 2017
Posté par
Edilivre

Zoom sur les livres « globe-trotteurs »

En une décennie, le « bookcrossing » s’est imposé comme un phénomène sociétal original et dynamique. De nombreux manuscrits sont passés du sédentarisme domestique au nomadisme effréné ! Amateurs de lecture, voici l’occasion rêvée de faire voyager vos romans.

bookcrossing_EdilivreQuand les livres boudent les étagères
Propriétaire attentionné et baroudeur, n’hésitez plus ! Grâce au concept branché de la génération 2000, grimoires, manuels, et best-sellers, quittent désormais la torpeur hivernale. Le bookcrossing consiste à inscrire son « chouchou » de papier sur un site internet, répondant à l’appellation, quelque peu académique de www.bookcrossing.com. Grâce à ce lieu de rencontres littéraires, celui-ci connaîtra une vie sociale trépidante loin des bibliothèques poussiéreuses.

L’ingénieuse idée, conçue par l’américain Ron Hornbaker, est connue, dans la langue de Molière, sous le doux nom de « livre-voyageur ». La démarche, simple et efficace, demeure accessible à tout esprit réceptif à la communication web. L’internaute enregistre d’abord son ouvrage sur le site précédemment nommé, puis l’identifie grâce à un numéro d’immatriculation. Celui-ci ne permettra pas à votre manuscrit de rouler bien entendu, mais lui conférera une grande indépendance ! Une fois l’objet répertorié et le numéro étiqueté sur la couverture, votre roman peut enfin prendre son envol. Une table de café, le hall d’une gare, un banc public sont autant de prétextes à l’abandonner, livré (c’est le cas de le dire !) aux lecteurs les plus insatiables. En se connectant sur www.bookcrossing.com, le propriétaire de l’ouvrage peut suivre les tribulations de celui-ci. Il découvre alors les commentaires, plus ou moins élogieux, des internautes qui se sont emparés de l’objet.

Le bookcrossing ou la résurrection des cabines téléphoniques
850 000 « book-crosseurs » ont répertorié à peu près 7 millions de livres globe-trotteurs à travers le monde. Le phénomène s’implante rapidement en France dans les années 2000, l’Hexagone ne recensant pas moins de 11 000 adhérents aujourd’hui. Le phénomène va permettre notamment de révolutionner l’agencement des cabines téléphoniques. Délaissées et menacées de destruction, celles-ci vont finalement connaître une deuxième vie ! Le projet franco-allemand BücherboXX-BiblioboXX, lancé en novembre 2012, prévoit leur recyclage, puisqu’elles deviendront des « bibliothèques » de rue accessibles à tous.

La Maison de l’Europe des Yvelines et l’Académie de Versailles, qui dirigent l’entreprise, se sont associées pour relooker notamment cinq cabines de ville. bookcrossing_Edilivre
Une dizaine de lycées professionnels, en partenariat avec des établissements allemands, rénovent celles-ci par le biais de travaux de peinture, d’ébéniste, de métallurgie, de menuiserie.
La première BücherboXX sera inaugurée lors du 50ème anniversaire du Traité de l’Elysée, le 18 avril prochain devant l’ambassade de France à Berlin.

Les 290 000 cabines téléphoniques survivantes, en France, auraient-elles trouvé le chemin de la rédemption ?