Rencontre avec Virginie Vanos, auteur de « Battue ! »

Virginie_Vanos_EdilivreComment aborde-t-on un ouvrage aussi douloureux que Battue ! ? Avec légèreté ! Je pense que si on ne veut pas écrire un témoignage qui ne fera que raviver les douleurs du passé, il faut avoir un maximum de recul. L’auto-analyse aide aussi beaucoup. Se demander pourquoi cela m’est arrivé et en quoi cela est de ma faute a contribué à ne pas faire de moi une récidiviste dans le genre « Femme Battue ». Et enfin, me moquer des travers de mon bourreau m’a fait définitivement tourner la page de ce triste épisode de ma vie. Parler de violences dont vous avez été victime, est-ce un moyen de les exorciser ? Oui et non. Oui dans ce sens où j’ai pu admettre cette histoire et enfin y repenser sans haine, colère ou rancune. Mais j’y mets un bémol : je ne suis capable d’écrire sur ma vie que quand j’ai réussi à tirer un trait sur la douleur. Donc, au moment d'écrire ce livre, ma douleur était déjà à trois quart exorcisée. Traiter un tel sujet avec humour, est-ce un moyen pour vous de dédramatiser ? Bien sûr que oui ! Je dirais même que sans l’humour noir dont j’ai usé, j’aurais été incapable d’en écrire la moindre ligne. Considérez-vous ainsi que vous passez du statut de victime à celui de témoin ? Oui. Je ne suis plus une victime, mais bien un témoin. Bien que partial, mon récit est celui d’un témoin et non pas celui d’une « survivante ». Votre ouvrage est-il rédigé sous la forme du récit, du dialogue ? Je me suis inspirée de dialogues, de choses qui furent dites à l’époque, et j’ai tenté de les retranscrire avec un maximum de fidélité. La seule chose que je regrette, c’est que je n’ai pu écrire tout ce que mon bourreau a pu sortir comme âneries… Si tel avait été le cas, ce livre aurait fait mille pages et mon style aurai été horriblement redondant. Vous êtes aussi comédienne. L'art théâtral permet-il une forme de thérapie selon vous ? Non. L’art dramatique, c’est mon boulot, ma passion, ma vocation première… A la rigueur, on peut considérer cela comme un mode d’expression, mais une thérapie, pour moi, cela se fait chez un psy et non sur les planches ou devant une caméra. Un dernier conseil pour vos lecteurs ? Riez de tout, y compris de vous-même. Ne prenez jamais rien trop au sérieux. N’oubliez jamais qu’un malheur n’est jamais définitif, qu’un bonheur non plus. Soyez relatifs en tout et surtout, soyez libres dans votre façon d’être, de vivre et de penser.

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