Interview écrite

30 octobre 2019
Posté par
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Rencontre avec Stéphane THOMAS-LE ROLLAND, auteur de « Saison coquelicot »

Présentez-nous votre ouvrage.

Cet ouvrage est un recueil de poésie, en prose et en vers. Des clichés en instantanés, en aucun cas un concept ou un « produit » mais avant tout une histoire, un abandon que j’ai décliné tout au long de ces « saisons coquelicot », éphémères, d’une fin d’été à l’odeur de foins coupés ou l’empreinte d’un passeur de mots. L’obsession, défragmentée du pisteur égaré ou « ma » vérité du temps qui passe.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

J’écris depuis longtemps, très longtemps. J’ai amassé des textes pendant des années sans oser les sortir de l’ombre. Puis les encouragements sont venus émailler mon chemin en écriture, beaucoup m’ont poussé à les rassembler pour en faire ce livre. Mais ce qui m’a finalement décidé, c’est la fin d’un grand Amour. Alors, c’est ma façon à moi de dire, que, grâce à la personne dont je suis aujourd’hui séparé, pour elle, ce livre existe. Un cadeau que je lui fais, mais un espoir que je m’offre ! Un signe de l’existence pour lui souffler que je ne renonce à rien et surtout pas à elle, même si j’ai cru qu’il y avait un ailleurs sans [elle], même si je me bats avec mes doutes et cette fièvre de « poète inanimé » J’aimerais que ce recueil soit le flambeau de ma gratitude. Aussi, ma plus tendre ambition. Et…imaginer que mes mots ne seront pas ignorés ou un jour oubliés. En mémoire de tous ceux qui ont toujours cru en moi. C’est aussi, soyez-en convaincu, un acte poétique, espérer que je participe à mettre de la Beauté dans tout ça, en toute humilité.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

Ces fragments sont des textes courts qui décrivent l’éphémère, la fugacité du temps, celui de l’amour que nous faisons et défaisons. Le grain d’une peau, les petits matins que l’on dénude et les frissons de l’automne. Ils sont un miroir qui nous renvoie le reflet de ce que nous avons tous vécu à un moment ou un autre. Une photographie de l’âme humaine, du cœur dans tous ces états. Je raconte des histoires que chacun se réapproprie comme la sienne. C’est pour cette raison que je crois qu’il peut parler à tout le monde.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Il faut boire ses rêves jusqu’au dernier. Il est important d’aller au bout de soi, de croire en soi. Je me suis trop souvent caché derrière des excuses, la peur, derrière mes lunettes. Il n’est jamais trop tard d’exaucer un vœu, celui qui nous porte vers d’autres horizons, ouvre la voie à d’autres possibles. La naissance de ce livre est aussi une délivrance, celle de ne plus avoir honte de qui l’on est, qui je suis. Trouver enfin sa voix.

Où puisez-vous votre inspiration ?

« Je » est un autre écrivait Rimbaud. Si la vie de tout auteur reste sa matière première, l’observation est une source intarissable d’inspiration. En ce qui me concerne, j’aime m’asseoir sur un banc ou à la terrasse d’un café et regarder ce qui se passe autour de moi. Il suffit parfois d’un rien, un regard, une attitude, une posture et l’imagination se met à bouillir…et si par malheur je n’ai pas un de mes carnets sur moi, un morceau de papier, une enveloppe, tout ce que je peux trouver dans ma sacoche devient un support sur lequel je m’empresse d’écrire.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Comme je griffonne beaucoup et partout, un deuxième recueil s’écrivait alors que le premier n’était pas encore édité. Toujours en cours d’écriture et toujours des textes courts. J’aime ce format de l’instantanéité, de dire les choses en peu de mots pour tenter d’en extraire le substrat, capturer l’essentiel.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Un livre, c’est comme une histoire d’amour, de désirs, une rencontre. Telle une danse, je vous la souhaite des plus surprenantes, éblouissantes ! « La vie telle un écueil, sans illusions de naufrage, sinon la quête d’une meilleure fortune ».