Interview écrite


29 juillet 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Pierre Chambardy, auteur de  » France… Le constat d’un citoyen ordinaire « 

Pierre_Chambardy_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques lignes, votre ouvrage ?
Ce livre donne mon avis relatif au fonctionnement actuel de notre pays, de ses institutions, des différences de niveaux sociaux qui s’accroissent dangereusement, des injustices et manquements flagrants dans notre vie politique et industrielle.

Votre œuvre s’apparente-t-elle à un roman, un essai, un traité ?
Elle s’apparente à un essai, puisque c’est le premier, mais un essai politico-économique.

Quel regard portez-vous sur l’état actuel de la France ?
La France est un pays d’une grande capacité avec un passé de leader, capable du meilleur comme du pire.
Depuis une trentaine d’années, le pire vient de nos politiques, incapables de discuter, de s’entendre, de consensus. Ils croient, à droite comme à gauche, détenir la vérité. Mais leur décalage social avec la France laborieuse et moyenne est tel qu’ils ne sont plus réalistes, à quelques exceptions près.
Les Français, eux, veulent le meilleur possible, non pas forcément l’égalité qui est quasi impossible, mais une justice dans tous les domaines, qui leur éviterait de porter systématiquement tout le poids des efforts à consentir, surtout dans les périodes difficiles.
1789 a aboli les privilèges de la noblesse. Depuis l’avènement de la République, les élus nationaux n’ont eu de cesse de s’octroyer de nouveaux privilèges inadmissibles. L’argent est devenu un but systématique au point tel qu’ils semblent avoir perdu toutes mesures, pour une partie d’entre eux du moins.
En France, il n’est guère possible de s’enrichir outre mesure légalement, comment ont-ils fait?
Les français ont donc perdu confiance suite à ces différences sociales exorbitantes et face à ces mensonges répétitifs de la classe politique, voire industrielle. Il faut ajouter que les médias, majoritairement à gauche, ne sont plus du tout objectifs, ce qui n’arrange rien, l’information étant souvent tronquée et orientée.
L’importance accordée aux corporations, qui ne représentent qu’une minorité mais souvent fortes en pouvoir de nuisance, est devenue de l’anti démocratie. C’est un fléau social.
Il ne s’agit pas de négliger ce corporatisme, mais de le considérer à son juste raisonnement. Il y a donc un équilibre à trouver.
La France et les français ont de très fortes capacités à rebondir, à condition qu’il y ait un pilote digne de ce nom dans l’avion et qu’on les écoute un tant soit peu. Notre pays est créateur, fort d’une longue histoire et d’une imagination fertile. Il faut sans doute le libérer des carcans administratifs, des pesanteurs du fisc pour qu’il   » s’éclate  » enfin et surtout qu’il retrouve une politique digne de ce nom.

Etes-vous plutôt pessimiste ou optimiste ?
Je ne pense pas qu’il s’agisse de pessimisme ou d’optimisme, mais plutôt de réalisme et surtout de tenter de faire la part des choses; ce n’est pas aisé !
Mais force est de constater qu’il y a incapacité actuellement à nous sortir de cette crise, fort pesante pour les français en bas de l’échelle sociale.
Je garde cependant espoir pour l’avenir de notre pays, à condition que l’Europe unie se fasse et devienne effectivement un moteur. C’est urgent ! Cela ne semble pas avoir été compris. La France ne peut plus grand-chose seule. Elle est affaiblie aussi par des idéologies et une économie qui ont besoin de se moderniser rapidement, et par des clivages politiques internes particulièrement néfastes. Il en est de même pour de nombreux pays de notre Union, ou chacun ne pense qu’à soi, alors qu’il faut penser à 27 et agir de concert. Les mentalités évoluent trop lentement.
Le passé historique de chaque Etat est un frein qu’il faut desserrer à tout prix, ce qui permettra de s’ouvrir enfin à la réalité du monde….Nous manquons de confiance en nous.

Votre ouvrage a-t-il une consonance politique ?
Tout ce que j’ai dit est à consonance politique bien sûr, mais je l’espère, a aussi un sens humain profond, car mes concitoyens souffrent en cette période difficile. L’être humain doit être replacé au centre du cercle.

Qu’est-ce qui vous a amené à écrire un tel ouvrage ?
C’est un  » ras le bol  » certain, le besoin de m’exprimer.
Mais accorde-t-on de l’intérêt à ce que peut écrire un français parmi d’autres ?
Les français doivent bouger, réagir, cesser d’être des moutons, mettre de côté leur égoïsme et retrouver le sens de la Nation, de la Patrie, qui ne sont pas désuets, bien au contraire.
La fierté d’être français (avec une seule nationalité), doit être remise au goût du jour.
A bas le défaitisme !

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Gardons confiance, avec lucidité. L’avenir sera plus difficile encore que notre passé et totalement différent, mais nous nous adapterons.
Faisons en sorte que les élus nous écoutent enfin, c’est important !
L’adversité ne dure qu’un temps. Ensemble, nous réussirons à nous en sortir, mais avec des classes politiques qui travaillent enfin de concert, ouvertes au monde et loin de leurs clivages stériles et désuets.