Rencontre avec Pierre Malter, auteur de  » Si la Sarkozie m’était contée… « 

Pierre_Malter_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Quand j’ai écrit Si la Sarkozie m’était contée..., je n’avais qu’une idée en tête : il vaut mieux en rire qu’en pleurer ! Mon livre se divise en 6 chapitres et relate quelques moments forts du quinquennat de Nicolas Sarkozy, qui m’ont marqué par leur caractère imbécile et incompatible avec l’idée que je me fais de la République et de ses valeurs. Des discours xénophobes aux rafles de Roms, en passant par les élections municipales mouvementées à Neuilly-sur-Seine en 2008, le parachutage de Jean Sarkozy, le divorce avec Cécilia, les conflits au conseil général des Hauts-de-Seine entre Devedjian et les Balkany, la condamnation en justice de Brice Hortefeux, le scandale du coffrage « préventif » du syndicaliste François Le Marrec à l’instigation du Préfet Pierre Monzani, juste avant une visite de Nicolas Sakozy et les conflits entre la Justice et le Président. Sous une plume assassine et drôle, j’ai réécris ces épisodes en les tournant en dérision. Tout au long de ses 105 pages,  » Si la Sarkozie m’était contée… » poursuit deux buts : faire rire le lecteur et lui démontrer le ridicule d’un quinquennat qui fut à la fois irrationnel et régressif.

Comment est née chez vous l’idée d’écrire ce livre et pourquoi ?
J’ai commencé à écrire mon livre au moment où les campements de Roms étaient pointés du doigt par le gouvernement et leurs expulsions s’intensifiaient. A l’époque, des députés de l’opposition dénonçaient à juste titre des rafles. Et même l’Église catholique et le Pape, pourtant très courtisés par Nicolas Sarkozy, s’en sont émus. Pour ma part, je n’en revenais pas d’entendre des hommes politiques français du XXIème siècle tenir des propos aussi obscurantistes et xénophobes. Et surtout, je ne comprenais pas pourquoi l’opinion publique restait aussi passive et silencieuse face à des dirigeants qui étaient tellement en contradiction avec les véritables valeurs de la France. Celles de 1789. Je me suis dit : « France, qu’as-tu fait de ta Révolution ? » Alors, j’ai commencé à écrire  » Si la Sarkozie m’était contée…  » J’ai choisis d’en faire une satire, car avec l’humour on peut exprimer sa révolte sans haine. Je crois même pouvoir dire que l’humour est le moyen le plus soft d’être hard !

Décrivez nous en quelques mots la Sarkozie et ce qui vous déplaît en elle.
La Sarkozie est un alcool fort, qui a saoulé la France durant 5 ans, jusqu’à la mettre dans un état d’ébriété où elle a fait beaucoup de choses qui ne lui corresponde pas vraiment ! Puis le mal de tête s’est fait sentir, et elle a vomi du François Hollande !!!
Plaisanterie à part, ce que je ne supporte pas dans le sarkozysme, c’est son approche superficielle et surtout superstitieuse des choses. Il y a dans la vision sarkozyste une absence totale de raison et de réflexion. Le sarkozysme juge les gens de son temps en se fondant uniquement sur des préjugés et un moralisme arriéré. Une fois, Christian Estrosi a dit : « Français ou délinquant, il faut choisir ! ». Comme si désormais le peuple français devait être le seul peuple au monde à ne pas avoir de délinquants. Il faut être totalement stupide pour ne pas comprendre qu’un peuple est avant tout un regroupement d’hommes et de femmes avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs passions et leurs pulsions et qu’on ne peut pas purifier tout un peuple en éradiquant ses délinquants. De même que vouloir assimiler les étrangers à la délinquance contredit une réalité simple : dans chaque peuple, il y a des hommes et des femmes de bonne volonté, et il y en a d’autres qui préfèrent commettre des incivilités. Parce que nous sommes tous humains avant d’être Français, Roms, Algériens ou que sais-je encore.

Vous agrémentez votre ouvrage de photos. Pourquoi avoir fait le choix de mettre des visages sur les noms que vous tournez en dérision ?
Chacun de mes personnages désigne un acteur réel de la présidence de Nicolas Sarkozy. Pour accentuer le coté drôle de mon livre, j’ai modifié la plupart des noms. Mais j’ai mis des photos pour permettre aux lecteurs de s’y retrouver et de savoir de qui je parle.

Que veut dénoncer votre livre ?
En résumé, mon livre est un appel à la raison. Les hommes politiques se doivent d’être honnêtes avec les Français et de ne pas chercher à les manipuler, en créant de faux problèmes pour détourner les attentions de l’opinion sur les vrais soucis qui tiraillent la société. Je n’aime pas la politique du bouc-émissaire, qui fut utilisée par le Président Sarkozy pour jeter en pâture à l’opinion les immigrés. Je n’ai pas non plus apprécié le mépris de Sarkozy envers des acquis fondamentaux comme par exemple la séparation des pouvoirs. La souveraineté de la Justice a souvent été bafouée, parce que considérée comme un contre-pouvoir trop redoutable. Un Président doit savoir qu’il n’est pas au-dessus des lois, pas plus d’ailleurs qu’il ne doit se considérer au-dessus de l’histoire de son pays. Chaque pays s’est construit, durant les siècles précédents, autour de valeurs dites fondamentales. Et ces valeurs-là, les chefs d’états d’aujourd’hui se doivent de s’y soumettre par respect pour le pays qu’ils dirigent. Tant de fois, en écoutant des discours de Nicolas Sarkozy, je me suis demandé s’il était au courant qu’il était le Président de la France !

D’autres projets littéraires à l’avenir, en Hollandie peut être ?
C’est à voir ! Mais François Hollande a un style qui dérange moins car il est davantage réfléchi et mesuré dans son action politique.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Amusez-vous bien en lisant mon ouvrage, sans oublier que le premier but de  » Si la Sarkozie m’était contée…  » est de vous faire rire. Comme dit l’autre, il vaut mieux en rire qu’en pleurer !