Interview écrite


21 octobre 2016
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Philippe Fortin, auteur de « INDESTRUCTIBLE – La Grande Traversée des Alpes »

philippe_fortin_edilivreOù habitez-vous ?
J’habite à Bordeaux. Je suis un pur produit du Sud Ouest… !

Présentez-nous votre ouvrage 
« INDESTRUCTIBLE” est un témoignage. J’y raconte tout ce que j’ai vu et vécu comme réalisateur pendant que je filmais le traileur Pascal Blanc lors de son record de la Grande Traversée des Alpes sur le sentier du GR 5. Une aventure hors du commun qui part du lac Léman et qui s’achève aux rives de la Méditerranée. Il faut se rendre compte que cet homme a parcouru 621 kilomètres (et 40 000 mètres de dénivelé positif… !) en un peu moins de huit jours. Un véritable exploit. Pour tourner mon film “ 621 KM NON STOP ” (produit par Grand Angle Productions et Canal + Réunion), il a fallu s’accrocher. C’était très dur et nous avons peu dormi avec mon acolyte (Pascal Bonnefon). Mais l’histoire était trop belle et l’homme impose le respect. On s’est pris au jeu. Obligés. Pour l’anecdote, moi qui étais convaincu de détester la montagne, j’en suis finalement tombé amoureux. Je crois qu’il est impossible de résister à la beauté et à la puissance des Alpes. Et pourtant, atteindre un sommet, courir comme un fou, ça n’était vraiment pas mon truc du tout… C’est aussi ce décalage que j’ai voulu raconter.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Un de mes professeurs de français, M. Costan, répétait souvent que “ seuls les écrits restent ”. Ça m’a marqué. C’est peut-être l’un des rares enseignements que j’ai tiré du lycée ! Je crois que j’ai voulu laisser une trace. Faire un film était déjà une opportunité magnifique, mais j’ai eu envie de pousser l’expérience jusqu’au bout. J’ai voulu partager ce que j’ai vécu personnellement, tellement l’histoire est unique. Je me suis senti quelque part obligé. Traverser les Alpes est une chance inouïe, mais le faire dans ces conditions ne se représentera plus jamais. Au début j’ai voulu le faire pour Pascal et pour toute son équipe, mais au fur et à mesure que je noircissais les pages, je me rendais compte que ce livre pouvait toucher tout le monde.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
À tous les amoureux des belles histoires ! C’est un livre qui s’adresse à celles et ceux qui aiment la nature, la montagne et le dépassement de soi. C’est un livre léger teinté je l’espère, d’une certaine autodérision.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Celui que m’a transmis Pascal Blanc : Nous sommes tous capables de dépasser nos limites. Quelles qu’elles soient, quelle que soit la personne. Et puis il y en a un autre, secondaire mais tellement évident et qui me frappe d’ailleurs à chaque fois que je suis sur la route : que la France est un pays magnifique… !

Où puisez-vous votre inspiration ?
J’ai essayé de restituer au plus près ce que j’avais vécu et ressenti, avec une seule règle : ne pas tricher. Je pense que lorsqu’on décide d’écrire, il faut tout dire. L’exercice serait totalement inintéressant autrement.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je vais déjà essayer de profiter de ces prochains mois avec la sortie du livre ! C’est sans nul doute l’exercice le plus long (plus d’un an…) et le plus difficile que j’aie eu à effectuer. D’ailleurs je dois reconnaître en toute honnêteté que si j’avais su au départ que cela allait être aussi dur, je n’aurais probablement pas eu le courage de le faire. Comme quoi l’inconscience a du bon parfois…. Mais une fois que j’avais commencé, je me suis dit qu’il était trop tard pour rebrousser chemin. J’étais piégé.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Juste que je leur souhaite de prendre du plaisir avec ce livre. A une époque où nous sommes bombardés par une actualité chaque jour plus lourde et plus anxiogène, je pense que ce livre est une petite bouffée d’oxygène. Tout du moins, c’est ce que j’ai tenté d’offrir. Un bon moment, une inspiration, une évasion, un sourire.