Rencontre avec… Monique Colombet

Yuke et les mystères du jeu de l'oie Tome 2, Mike G. Crow

Yuke et les mystères du jeu de l'oie Tome 2, Mike G. Crow

Mike G. Crow, « Yuke et le mystère du jeu de l’oie » est votre second ouvrage. Pouvez-vous nous en toucher quelques mots ? Comme vous l’avez compris, il s’agit de la suite du tome 1 « Yuke et le manuscriptum allegorium » paru, lui aussi, chez Edilivre en juillet 2007, racontant l’extraordinaire aventure de Yuke, une adolescente de 13 ans, menant une vie banalement routinière, entourée de ses amis. Dans le tome 1, elle trouvait un ouvrage magique, parlant la langue mystérieuse des Anciens, qui réveillait en elle un écho lui faisant prendre alors conscience de son immense Pouvoir de magicienne. Elle apprenait aussi qu’elle est l’Elue, qui doit œuvrer pour lutter contre les forces du Mal, afin de préserver la paix, la sérénité et l’équilibre des Univers-Mondes… Là où l’histoire se complique, et c’est ce que développe le tome 2 « Yuke et les mystères du jeu de l’oie », c’est que les Forces Noires de la magie contre lesquelles elle doit lutter, sont dirigées par… sa propre mère, alors qu’elle se croyait orpheline. Je ne raconterai pas ici toutes les péripéties qu’elle rencontre au cours de ses multiples découvertes (sur sa propre vie, tout d’abord, et sur l’existence de mondes extraordinaires qui gravitent là, tout près de la Terre), mais le tome 2 nous narre l’incroyable défi que Yuke doit relever sur une planète étrange, face à un Sorcier machiavélique qui ne poursuit qu’un seul but durant les multiples épreuves qu’il lui inflige : la faire basculer du côté sombre de la magie et ainsi se ranger aux côtés de sa mère la cruelle Reine Ydelette, afin de la légitimer pour qu’elle puisse asservir tous les Univers-Mondes. A chaque page, un rebondissement où je me suis efforcée de mêler l’humour, le suspense, la science-fiction, le fantastique, et aussi une pointe de romantisme, puisque Yuke va connaître, sur cette lointaine planète, son premier émoi amoureux ! Dans ce récit, Yuke disputera une partie de jeu de l’oie grandeur nature où l’enjeu final n’est rien d’autre que sa capitulation face aux Forces Noires. Mais bien qu’embarquée dans cette histoire fantastique à son corps défendant, elle va se battre, avec ses amis, et son mentor, Maître Renard, un sorcier venu de Io-Bis, car elle n’a pas vraiment le choix… A quel type de lecteur sont destinés vos livres ? Aux lecteurs qui aiment le fantastique, l’extraordinaire, l’âge n’étant pas un critère « de sélection » pour ce type d’ouvrage. Il suffit d’avoir des étoiles dans les yeux grâce à son âme d’enfant, et dès les premières lignes vous êtes embarqués à fond dans la folle et surprenante histoire de Yuke, dans son monde, partageant ses espoirs, ses doutes, sa curiosité, ses peurs, ses questionnements. Les lecteurs qui ont voulu me communiquer leurs impressions sur Yuke, sont d’âges très divers : des filles et des garçons de 10 à 25 ans, des gens plus mûrs de 30, 40 ans, et des gens matures de 60, 70 même 80 ans ! Je retrouve en eux cette exaltation qui me porte lorsque j’écris sur Yuke et je reconnais en toute modestie (mais avec un toujours constant étonnement) que les aventures de ma petite sorcière plaisent beaucoup. Il est vrai qu’ici, on sort vraiment du quotidien et c’est ce que les lecteurs cherchent en lisant ce genre de littérature : s’évader, se faire plaisir, se faire peur, se laisser surprendre…! Le fantastique semble être le genre littéraire dans lequel vous aimez plonger votre plume, pouvez-vous nous expliquer pour quelles raisons ? Fantastic is fantastic ! C’est tellement formidable d’écrire du fantastique, où le monde est tel que l’auteur se l’imagine en l’instant où il écrit, et non pas semblable à celui carré, stéréotypé dans lequel on évolue chaque jour. En écrivant ce genre littéraire, on n’a pas de barrières, pas de limites si ce n’est celles de sa propre imagination. Vous inventez un monde et vous le modelez selon vos envies, vous vous sentez créateur, enthousiaste, et mieux encore, vous entraînez à votre suite les lecteurs qui vous font l’immense confiance de vous suivre et là, croyez-moi, vraiment, ce n’est que du bonheur, un immense bouquet de plaisir toujours renouvelé. Quels sont vos auteurs de référence ? Bien sûr, je suis très fan de Stephen King, mais aussi de Dean Koontz, Graham Masterton, Philip José Farmer, Clive Barker, John Ronald Reuel Tolkien, sans oublier nos « grands maîtres » français Serge Brussolo, René Barjavel, Jean-Pierre Andrevon, Maurice Leblanc etc. Je lis beaucoup, et tous ces récits viennent nourrir mon imagination et me permettent de me plonger avec délectation dans ces univers fantastiques que j’adore, même lorsqu’ils sont sombres. A quelle occasion avez-vous commencé à écrire ? Avec humour, je vous citerai cela « pour réussir sa vie, un homme doit faire un enfant, écrire un livre et planter un arbre »… J’ai 7 enfants (de 21 à 37 ans), j’ai écrit deux livres et j’ai planté une multitude d’arbres, j’ai donc réussi ma vie ! Mais « la vérité est ailleurs » !! Collaboratrice de mon époux artisan, celui-ci devait prendre sa retraite alors, moins tenue par un travail quotidien ( j’avais retrouvé un travail à mi-temps), les enfants devenant de plus en plus autonomes, j’ai réalisé un rêve de gosse : écrire. Je ne pensais pas proposer mon récit à un éditeur, mon mari m’a dit que ce serait dommage de le garder égoïstement pour soi… Je l’ai écouté. J’ai envoyé mon manuscrit à Edilivre qui l’a retenu, puis publié et comme Yuke était soudain bien présente dans ma vie, j’ai voulu continuer avec elle un bout de chemin en me faisant le porte-parole de ses aventures. Le tome 2 a ainsi vu le jour, et le tome 3 est en cours d’écriture… L’occasion d’écrire m’a donc été fournie par l’opportunité d’avoir un peu plus de temps libre servi par une imagination qui ne m’a jamais fait défaut jusqu’à ce jour ! Quelle est pour vous la première fonction de l’écriture ? Ecrire est une action individuelle qui me convient tout à fait car je suis plutôt solitaire. Jouer avec les mots, inventer des histoires, en l’occurrence celle de Yuke, me permet de retrouver et de prolonger mes rêves d’enfant, et de pouvoir les partager avec le plus grand nombre. Car, après coup, je me rends compte que le plaisir d’écrire est plus intense si on sait que ce que l’on écrit va être lu. Peut-être apprécié, peut-être critiqué, mais dans tous les cas, existant pour les autres. La première fonction de l’écriture est donc pour moi le partage, oui, écrire, c’est partager. Partager ses chimères, ses élucubrations, ses obsessions, ses pensées profondes, ses joies, ses peines. Je crois profondément que chaque roman est toujours un peu autobiographique, quel que soit le thème abordé par l’auteur. Par exemple, savez-vous que Stephen King, pourtant maître dans l’art de l’épouvante, a avoué un jour lors d’une interview ne pas pouvoir dormir dans une chambre d’hôtel sans en avoir examiné à fond, les placards et le dessous du lit et sans laisser la lampe allumée ? Et pourtant, il sait effrayer ses lecteurs… Parlez-nous de vos projets à venir… L’écriture du tome 3 de Yuke bien sûr, je voulais faire « une longue saga » sur Yuke, mais peut-être que le tome 3 sera (provisoirement ? Qui sait ?) le dernier, tout en sachant que je pourrai toujours y revenir plus tard… En ce moment, je m’essaie à un thriller qui avance bien, et qui, je crois, sera terriblement amoral, car dans le monde où nous vivions ce ne sont pas toujours les gens honnêtes et du côté de la loi qui triomphent, alors… Au sujet de cet ouvrage, j’ai été supervisée, pour la véracité des faits rapportés, par un gendarme qui a coaché une actrice française qui a tourné dans une série française qui a eu un certain succès à la télévision… J’ai écrit aussi un livre pour enfants mais la dessinatrice (une de mes filles qui est sculpteur…) est quelque peu surbookée, on a donc pris beaucoup de retard, et on a du mal à boucler ! Mais cela viendra, en temps et en heure…

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