Toute notre actualité


Interview écrite


6 décembre 2016
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Jonathan Morales, auteur de « Lymphome »

Jonathan_Morales_EdilivreOù habitez-vous ?
Je vis actuellement à Neuf-Brisach, une petite commune du Haut-Rhin situé dans la région historique et culturelle d’Alsace.

Présentez-nous votre ouvrage
Mon ouvrage est un témoignage poignant sur un drame qui peut envahir nos vies à tout instant même après avoir eu une santé quasi parfaite durant notre existence.  Le thème de l’histoire est centré sur le lymphome, un cancer peu connu qui s’attaque au système lymphatique, et qui entraîne un jeune père de famille dans une descente en enfer à un des moments les plus inopportuns de sa vie. Comment surmonter cette maladie mortelle et sa séparation brutale d’avec sa femme et son fils quand plus de 10000 km les sépare de par un continent différent et en sachant que sa chance de survie est quasi nulle ? Comment faire face à une impasse lorsqu’on revient dans son pays natal pour se faire hospitaliser et qu’on apprend qu’on ne possède plus d’assurance maladie pour couvrir ses frais tout juste après s’être fait dépouiller de son argent par des agresseurs ?  Plongé soudainement dans la précarité et dans l’incertitude la plus complète, cela n’empêchera pas pour autant ce père de famille de croire en ses chances de rémission et de prendre le taureau par les cornes pour se mettre à la hauteur d’un défi hors norme qui demanderait presque un miracle.  Quelle mentalité va-t-il adopter et vers quelles personnes devra t-il s’orienter pour se reconstruire psychologiquement et mener sa propre révolte contre un cancer qui est sur le point de ruiner tous ses projets ?  Ce livre est passionnant car on y apprend que même en s’enfonçant au fond du gouffre après avoir pourtant mené une vie des plus paisibles, on peut finir par se relever, à continuer à viser le sommet car même dans les moments les plus durs, il faut toujours s’accrocher à une lueur d’espoir. J’aimerais vous citer un passage du livre qui apporte une vision globale sur l’état d’esprit du protagoniste lorsqu’il se retrouve seul dans une pièce confronté à la réalité et que sa seule obsession n’est autre que la gagne, la rébellion et la non-soumission. « Au lieu de pleurer misère sur mon chagrin, je sentis au lieu de ça mon coeur se remplir de hargne et de révolte face à cette dissociation familiale que j’étais contraint d’assumer pour ne pas sombrer. Ce n’était plus des larmes de désespoir qui s’écoulèrent le long de mes joues, mais des lames de rasoir qui se tenaient prêtes à déchiqueter ce cancer en le malmenant jusqu’à ses derniers retranchements pour récupérer la vie qu’il m’avait enlevée. »

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
C’est un moyen pour moi de ne jamais oublier cette maladie et la misère que j’ai endurée, en particulier les symptômes, les effets secondaires et la mentalité à adopter au cas où un jour, je venais à rechuter. Une manière d’accepter la violence physique et psychologique subie au cours de cette longue traversée du désert en la faisant vivre à autrui dans le but d’insuffler à quiconque que même si l’espoir de survie est infime, rien n’est joué du moment qu’on ne se laisse pas abattre et qu’on refuse catégoriquement la défaite. Le cancer fait peur avant même de faire mal, mais si on déjoue ses plans, on en ressort encore plus fort et les autres obstacles que la vie nous imposera et qui se dresseront régulièrement sur notre chemin, en dehors d’une grave maladie, nous paraîtrons désormais être un jeu d’enfant en comparaison à ce qu’on a vécu.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
À tous ceux ou celles qui se battent ou se sont battues contre une maladie qui affecte le dysfonctionnement du système immunitaire, principalement le cancer. Une aide concrète pour les personnes malades et leurs proches. Si ce livre peut leur apporter des réponses ou des conseils, je serai déjà amplement heureux de les avoir épaulés ne serait-ce d’un point minimum.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Qu’il faut s’engager à vivre chaque confrontation avec nos maladies comme une opportunité pour raffermir nos déterminations à l’emporter. Il n’est jamais trop tard pour se forger un mental d’acier. Nous sommes tous en sursis, personne ne peut prévoir ce qui va lui arriver. Dans ce sens, nous devrions prendre la peine de faire régulièrement des adieux sincères aux personnes qui nous sont chères et de les remercier. À l’heure du grand départ, que dirons-nous à ceux qui nous sont chers et qui nous ont accompagnés au cours de notre vie ?

Où puisez-vous votre inspiration ?
En étant à l’écoute des gens et de leurs malheurs, puis en prenant exemple sur des personnes célèbres qui n’ont jamais reculé devant rien. Que ce soit des révolutionnaires, des sportifs de haut niveau, des personnages de fiction ou des anonymes, ils m’ont tous procuré un jour ou l’autre cette âme de compétiteur et cette inspiration inébranlable qui sommeillent en moi, et en particulier ma mère, partie bien trop tôt après avoir livré un énorme combat contre un cancer généralisé malgré un mental à toute épreuve qu’elle a su me transmettre à travers sa joie de vivre, sa bonne humeur et son amour inégalable pour sa famille. C’est pourquoi je dédie prioritairement ce livre à ma défunte mère, mon modèle, mon inspiration, mon héroïne. Un véritable exemple de mentalité que je me dois d’inculquer à mon fils.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je déborde d’idées de tous genres. Ceci étant dit, je travaille en ce moment même sur la terrifiante histoire d’une jeune Américaine qui aura affaire à une bande de junkies russes après s’être laissé piéger sur internet par un homme qui prétendait lui vendre du rêve.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Que vous aimiez ou non ce genre de livre, l’important est de se sentir pousser des ailes à la fin de la lecture et d’avoir envie de croquer la vie à pleines dents avant qu’il ne soit trop tard. En lisant ce témoignage, je peux vous certifier que vous en ressortirez avec une vision différente de la vie, une vie qui tient parfois à un seul fil. J’aimerais encore remercier ma maison d’édition Edilivre pour avoir publié ce livre, puis je vous dis à très bientôt chers lecteurs pour de nouvelles aventures littéraires.