Interview écrite


24 juin 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Jolanda Blanche, auteure de « Un psychopathe ordinaire »

Jolanda_Blanche_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Un psychopathe vit parmi nous. Il est dangereux, privé de sens moral, mais l’est-il vraiment plus que chacun d’entre nous ? Le jour où sa mère va lui demander d’euthanasier son père malade, sa vie va basculer. Durant tout le roman, cet homme handicapé des émotions va nous expliquer, en puisant dans ses souvenirs, comment il se fond parmi nous, comment il nous imite, comment il triche pour survivre dans notre société depuis qu’il est tout petit. À la fin, le lecteur découvre si les récents évènements intervenus dans sa vie ont pu réellement le transformer en un homme ordinaire. Le côté décalé du personnage le rend touchant et son récit honnête jusqu’à la naïveté, presque désarmant, pourrait bien faire oublier au lecteur qu’il serait censé le détester.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Toute société a les crimes qu’elle mérite. Et toute société aime se créer des « monstres » pour étayer sa propre normalité : les ogres, les sorciers, les tueurs en série. Partant de cela, j’avais une farouche envie de prendre le contre-pied de cette image qui colle aux « psychopathes » en donnant vie à un psychopathe intégré, pour qui il existe une potentielle rédemption. J’aime à penser que le germe du mal et celui du bien coexistent et bataillent pour la première place en chacun de nous. Il revient à la société d’arroser le bon germe, mais elle semble souvent l’ignorer.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
« Un psychopathe ordinaire » est un roman court, amusant, doté d’une certaine profondeur. Il devrait plaire aux jeunes lecteurs qui apprécieront le côté anecdotique de l’écriture ou aux lecteurs plus avertis et amateurs d’humour grinçant.

Où avez-vous puisé votre inspiration pour écrire « Un psychopathe ordinaire » ?
C’est un secret… Dois-je vraiment le dévoiler ? Eh bien, je connais une masseuse qui me mène dans un état second de décontraction, entre sommeil et veille. Elle est ma muse et une source d’inspiration inépuisable. Toute la trame d’un « Psychopathe ordinaire » m’est venue durant cette heure de béatitude entre ses mains. En vraie perfectionniste que je suis, je n’ai plus eu qu’à la faire revenir régulièrement pour fignoler les détails ! Maintenant, plus sérieusement, et cela va sans doute vous paraître moins glamour, le processus créatif passe par de nombreuses étapes dont une essentielle : des débats passionnées avec mes proches et avec mon mari, en particulier, qui est mon soutien au quotidien, une mine d’idées et un puits de science.

Quels sont les thèmes qui vous fascinent le plus ?
J’aime sonder l’âme humaine. Le voyage que l’on accomplit au sein de soi est l’un des plus fascinants. J’aime donc tout ce qui touche à la psychologie des personnages, à la mort, à l’existence de Dieu ou d’autres formes de vie intelligente. Bref, à tout ce qui demeurera à tout jamais un mystère pour moi. J’aime, comme la plupart des Hommes, m’inventer des réponses pour me rassurer, pour combler les vides.

Vos auteurs de référence ?
Pour le fond, la plupart des auteurs de bonne science-fiction : Herbert, Barjavel,… Pour la forme, Muriel Barbery, Delphine de Vigan… Pour les deux : Catherine Dufour, qui écrit de la bonne science-fiction avec un style inégalable.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
La suite d’un roman de science-fiction qui n’a pas encore été publié (« Les nuits sombres ») et un roman très différent qui me tient beaucoup à cœur, à propos d’un enfant élevé au pays de Pount, là où poussent les Boswélia Sacra, les arbres à encens…

Un dernier mot pour les lecteurs ?
J’ignore si j’ai du talent en tant qu’auteure, mais je pense que mon écriture possède un certain pouvoir comique. Si je ricanais toute seule dans mon lit en corrigeant « Un psychopathe ordinaire », d’autres que moi devraient pouvoir tomber sous le charme du personnage. Si vous voulez tout simplement passer un bon moment, lisez-le ! Ensuite, posez-vous la question : « Ne me ressemble-t-il pas un peu ? »