Rencontre avec Janette Latour

Janette Latour, vous signez chez Edilivre votre premier ouvrage, Diabolique et Divin : comment en êtes-vous arrivée à l’écriture ? On ne se  réveille pas un matin en se disant « tiens, si j’écrivais un livre, je n’ai rien à faire de spécial aujourd’hui ». J’ai toujours écrit pour moi.  J’étais ma seule lectrice. Je suis plus prolixe à l’écrit qu’à l’oral. J’aime ce moment où je me retrouve seule devant mon ordinateur et où je peux lui confier toutes mes pensées, inspirations légères ou émotions les plus profondes, ce qui me dérange, ce qui m’amuse, ce qui me chagrine…. Pour moi c’est un exutoire comme un autre. Un passage délicat de ma vie m’a donné envie d’écrire pour les autres. En fait, ça a été très facile, j’ai écrit tous les soirs sans m’arrêter jusqu’au mot fin. C’était le bon moment, j’étais prête pour livrer mes écrits à qui voudrait les lire. Votre premier roman est particulièrement touchant et douloureux : avez-vous cherché à faire passer un message ? Oui, j’ai voulu faire passer le message que chaque être humain est libre de son propre arbitre en amour.  Ce roman, qui s’adresse à un lectorat essentiellement féminin, est à considérer au second degré. Il  retrace l’histoire d’un homme et d’une femme qui n’auraient pas dû se rencontrer.  La femme est parfaitement consciente qu’elle fait fausse route en se liant avec cet homme, mais c’est une dépendante affective.  Elle  s’enlise peu à peu  dans cette pseudo-romance jusqu’au moment où sa fierté l’emporte sur ses sentiments. Je n’ai pas voulu écrire un recueil de « maux » ou la femme est la pauvre victime et l’homme le vilain garçon.  J’ai quelques fois un peu forcé le trait sur l’aspect douloureux dont vous parlez mais c’est pour mieux mettre en exergue la résilience et le pourquoi de cette douleur. Je souhaite que les femmes qui liront ce livre comprennent qu’en amour,  nous restons décisionnaires de nos choix. Personne ne nous oblige à nous laisser maltraiter psychologiquement par un homme. Contre la maladie, la mort, les guerres, nous ne pouvons rien. En amour nous pouvons tout.  A certains moments, en me relisant, je trouve la narratrice d’une naïveté déconcertante, j’ai envie de la secouer, de lui dire de se réveiller… Jusqu’où pensez-vous qu’une femme puisse aller en amour ? Jusqu’à l’abnégation totale et l’oubli de l’amour de soi. Ce qui est tout le contraire, à mon sens, de la bonne attitude. Si nous ne nous aimons pas nous-mêmes, nous ne pouvons pas être aimés. C’est aussi simple que cela. Doit-on voir dans ce roman un aspect autobiographique ? Est-ce ainsi que vous avez trouvé les mots justes ? Oui, c’est autobiographique.  Il est très facile de trouver les mots justes quand on n’invente rien. Les écrits viennent  de façon  fluide,  pas besoin de plan ni de fil conducteur, il n’y a qu’à se laisser porter et se raconter.  Beaucoup de premiers romans sont purement autobiographiques. Je pense notamment à Moi d’abord de Katherine Pancol ou le rendez-vous de Justine Lévy. Où puisez-vous votre inspiration ? Chez les autres. J’observe beaucoup les gens qui m’entourent que ce soit dans ma vie privée ou dans ma vie professionnelle.  Il y aurait beaucoup à écrire sur  l’être humain en général.  Quelquefois  je voudrais pouvoir faire de la pénétration mentale tellement  la nature humaine me fascine, dans le bon comme dans le mauvais. Nous portons tous en nous un mélange de diabolique et divin même si nous passons notre vie à cacher notre face obscure. Nous sommes tous mi-ange, mi-démon. Si vous ne deviez garder qu’un livre dans votre bibliothèque, quel serait-il ? Je l’aimais d’Anna Gavalda. L’histoire d’un homme qui vit un amour secret, un amour qui le met face à lui-même, à ses contradictions, à son rôle d’homme, à ses manques. Un amour pour lequel il n’a pas tout abandonné, choisissant une route plus sûre et plus connue. Ce premier livre vous donne-t-il envie de poursuivre ? Avez-vous d’autres projets en cours ? Oui, comme tout auteur néophyte qui voit la concrétisation de son projet, ce premier ouvrage me donne envie de continuer dans l’écriture. J’ai commencé un autre roman toujours sur l’ambigüité des relations hommes/femmes mais traitée cette fois-ci avec beaucoup plus de légèreté, voire d’humour. Avant de le présenter à un éditeur, je vais d’abord un peu « porter » Diabolique et Divin.  

    Commentaires