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Interview écrite


18 août 2015
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Frédéric Trujillo auteur de « Fourrures d’enfants »

Frederic_Trujillo_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
Cela s’appelle « Fourrures d’enfants », cela se passe quelque part en France dans les années 80, c’est proche d’une biographie libre. Ça parle d’un jeune garçon, Gilbert, qui vit à la campagne et qui s’y ennui à dépérir, il n’a pas de réel attachement, il est juste la, présent. A l’origine c’est un enfant comme les autres, en surface, qui au contact d’un animal de compagnie, un lapin, va s’humaniser, son imaginaire va se mettre à déborder et à sa disparition il va développer une obsession pour la fourrure. Il entame alors une traversée solitaire, autiste dans ce no man’s land avant le passage à l’âge adulte…

 

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Par nécessité. Cette histoire m’obsédait depuis des années, je ne l’ai pas vraiment vécu mais je me la suis appropriée car ce sont mes sentiments en filigrane. C’est une histoire volontairement courte pour ne pas trop m’y attacher. Il y a parfois des envolées dans le langage et dans la pensée mais dans le fond, je ne fais que relater des faits, c’est tout. Je me suis improvisé écrivain et avec cette nouvelle, je suis redevenu moi même. J’ai toujours pensé que l’écriture phagocyte la vie, la mienne et celle de autres, les faits divers me passionnent, les gens que j’ai rencontré, avec qui j’ai parlé et dont j’ai écouté les conversations parce qu’elles étaient inouïes et incroyablement belles… Et j’ai construis mon personnage et mon histoire comme ça, avec des amalgames. C’était surréaliste au départ. Je l’ai écrite il y a plusieurs années mais déjà à l’époque, je savais qu’il y avait quelque chose de l’ordre du roman ou du romanesque à l’intérieur, un genre que j’adore et que pourtant je ne sais pas vraiment écrire, j’ai eu une formation plus artistique que littéraire… Au moment où j’ai rencontré « Gilbert » il me fallait, dés le lendemain écrire scrupuleusement son histoire pour la conserver hors du temps. Comme pour prévenir à un éventuel naufrage de ma mémoire, je voulais que, dans ses moindres détails, cette histoire reste inoubliable.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Je ne sais pas vraiment, j’ai eu du mal à choisir une catégorie de classification pour ma nouvelle, j’ai finalement opté pour les romans psychologiques mais je ne sais pas si c’est le meilleur choix. Ce que je peux dire c’est que j’ai écris, pour les solitaires, les marginaux, les mélancoliques, les déviants, les esseulés, tous les exclus du grand système, aussi bien pour les hommes qui n’ont pas envie d’être ambitieux que pour les femmes qui ne veulent plus être compétitives. Ce qui m’intéresse, c’est qu’en lisant l’histoire que j’ai écrite, des gens se reconnaissent eux-mêmes, parce qu’ils ont la même émotion, les mêmes problèmes secrets dans la vie.  

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
J’ai ressenti le besoin d’exprimer une certaine résistance par l’écriture. Je voulais parler d’un garçon à l’hyperémotivité envahissante, raconter son obsession, ses dérives nocturnes, parler d’un être humain, de chair, d’âme et d’émotions. Pour ma part, j’ai le sentiment d’être comme un élastique. Je tends vers la la lumière, je me charge en tension, je me projette et je rencontre soit un mur, soit le vide. Je lutte pour ne pas me charger… La difficulté de gérer ses émotions est le leitmotiv de mon histoire à mi-chemin entre la psychose et la névrose, le fantasme et la réalité.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Dans le passé, dans mon cœur, dans mes tripes, dans ma fascination du vertige, ma fascination de la perte ! Car le vertige c’est ça ! Je n’aime que ce qui me fait peur et ce qui me donne le vertige, je sais que je vais y céder ! Dans le fond cette histoire c’est aussi une histoire de vertige… 

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’écris actuellement une autre nouvelle, un drame érotique, je recherchais à explorer un domaine interdit comme un retour de bâton à l’oppression puritaine galopante. L’histoire d’une jeune fille en errance après une trahison familiale, qui va renier son éducation et les valeurs morales de ses parents, ce sera une histoire essentiellement sur la perte de la virginité, l’affiliation mère/fille et l’affirmation de soi en terme d’identité sexuelle.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Chers lecteurs… Un souhait qui me tenait à cœur en écrivant cette nouvelle, était de stimuler votre intérêt et votre curiosité pour des vies plus insolites et provocantes. J’espère pouvoir vous inviter, en toute modestie et ne serait-ce que pour 10 minutes, à vous évader des normes auxquelles nous nous conformons quotidiennement. Cher lecteur et c’est mon dernier mot, merci de m’avoir lu.