Interview écrite


Frédéric_Gautier_Edilivre
7 février 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Frédéric Gautier, auteur de « Black Book »

Frédéric_Gautier_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Pas facile, mais je veux bien essayer… Le narrateur, dépressif mais néanmoins lucide, rencontre coup sur coup une jeune femme mystérieuse et un voisin complètement déjanté. A leur contact, il va multiplier les expériences étranges et inquiétantes jusqu’à se retrouver impliqué dans une sombre histoire mélangeant drogues, extrémismes, terrorisme et logique de marché.
Le résultat final est un mélange de satire sociale, de fantastique et d’humour noir.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je me raconte des histoires depuis l’enfance, il fallait bien que je les soumette à d’éventuels lecteurs un jour. De plus, j’ai la sensation désagréable que mon histoire est dans l’air du temps, entre crises économique et sociale et réapparition de mouvements extrémistes haineux. J’ai commencé à écrire cette histoire il y a pratiquement dix ans et elle ne m’a jamais paru plus à propos qu’aujourd’hui…

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Malheureusement, à un public averti. Le récit est sombre, les sujets abordés sont difficiles, le ton est cynique, certaines péripéties frisent le glauque, les références historiques, littéraires ou musicales sont très nombreuses. Même si le narrateur fait preuve d’un certain sens de l’humour, même si j’ai essayé de ne pas trop me prendre au sérieux, ce n’est pas une histoire dont on sort indemne… mais au moins, on en sort quelque chose !

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Ne voyant que ses défauts, je ne sais pas trop quoi vous répondre… le papier a l’air chouette. Plus sérieusement, je pense que les principales qualités de mon histoire sont de prendre le lecteur par surprise et de préserver le suspense jusqu’à la fin… mais je peux me tromper…

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Aucun message. Lire entre les lignes, c’est le boulot du lecteur. J’ai surtout voulu raconter l’histoire la plus distrayante possible. Évidemment, elle tourne autour de sujets qui m’intéressent : l’extrémisme, la déshumanisation, la monstruosité, le sens de l’Histoire… Autant je considère qu’un « message » est complètement superflu dans un roman, autant je ne conçois pas d’écrire sans avoir un ou plusieurs thèmes sérieux en trame de fond.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Pour « Black Book », mes principales sources d’inspiration ont été Chuck Palahniuk et George Orwell. Au point d’avoir l’impression – et je dis ça avec autant d’humilité que possible – d’avoir donné naissance à l’enfant illégitime de l’union contre nature de Tyler Durden et de Big Brother ! Je fais également largement référence à des auteurs comme William Burroughs, Hunter S. Thompson, Aldous Huxley, Maurice G. Dantec, Stephen King et surtout, surtout, H.P. Lovecraft et… Pierre Desproges avec qui j’ai appris à écrire. Je suis aussi très influencé par la musique et des artistes comme Trent Reznor, Nick Cave, Tom Waits ou les Clash, et par le cinéma avec des films comme L’échelle de Jacob d’Adrian Lyne ou Taxi Driver de Martin Scorsese. Je voudrais également citer deux ouvrages « polémiques », L’insurrection qui vient et Gouverner par le chaos, ainsi que l’excellent livre de Naomi Klein La stratégie du choc, lesquels m’ont aidé à nourrir la rage contre le monde actuel nécessaire à l’écriture d’une telle histoire.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je travaille actuellement sur deux histoires. Il ne s’agit pas de suites à « Black Book », mais elles ont un lien de parenté. Je travaille également sur une épopée de Dark Fantasy très inspirée par « La Tour Sombre » de Stephen King. J’espère finaliser un de ses projets avant la fin de l’année. Accessoirement, je cherche également un emploi…

Un dernier mot pour les lecteurs ?
« Merci » à ceux qui me liront, « y’a pas de quoi » à ceux qui seront satisfaits et « désolé » à ceux qui n’aimeront pas.