Interview écrite


4 décembre 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Frédéric Dewer, auteur de  » En banlieue « 

Frederic_Dewer_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Il s’agit des souvenirs d’un même narrateur qui se souvient de trois époques de sa vie, principalement de son enfance et de sa jeunesse marquée par des parents, surtout un père, étranges et qui sont restés pour lui une énigme. Bien sûr, cette expérience de la vie influera plus ou moins directement sur son devenir.

Pourquoi avoir choisi ce titre ?
Premièrement parce qu’une partie de l’action s’y déroule. Peut-être est-ce aussi une comparaison. Le narrateur n’a jamais été un objet d’attention pour son père et à peine pour sa mère. Il est resté en périphérie de leur existence.

Quel lien père-fils décrivez vous dans votre récit ?
Un père et son fils, mais c’est aussi vrai pour les mères et les filles, deviennent des inconnus avec le temps. Un père ne comprend plus son fils adolescent qui lui échappe et l’adolescent ne comprend plus son père qui prend de l’âge. En fait, je crois que le dialogue est difficile et qu’il réclame beaucoup d’efforts et de patience. C’est encore plus vrai pour mon personnage. Son père n’est pas devenu un inconnu, il l’a simplement toujours été.

Avez-vous mis un peu de vous dans ce roman ?
Je n’arriverais peut-être pas à écrire si je n’y mettais pas un peu de moi. Je ne relate bien sûr pas une expérience personnelle, mais il est probable que certaines émotions du narrateur sont assez proches de ce qu’il m’arrive de ressentir. Mais n’en tirez aucune conclusion. Toute ressemblance etc…

Qu’est ce que votre roman nous apprend sur l’absence de repères chez les jeunes ?
Mon roman, je veux dire ce qui est vrai pour mon personnage, n’a pas la prétention d’être vrai pour les jeunes en général. Un cas ne peut pas s’étendre à une généralité. Mais il me semble que pour Arthur, mon personnage, l’absence de repères éducatifs l’a amené à vivre sa propre expérience plus comme un spectateur « interne » que comme un véritable acteur. Il laisse les choses dans l’état et peu lui importe ce qui en découle. En fait, il ne s’implique réellement dans rien.

Sur certains aspects, votre roman se rapproche d’un roman policier. Est-ce un genre qui vous plaît ou qui influence votre écriture ?
Le but n’était pas d’écrire un roman policier, et je crois que  » En banlieue  » n’en est pas un. Ce qui m’intéressait surtout, c’était d’écrire sur l’extraordinarité du banal. Observer quelqu’un dans la rue, comme cela arrive à mon narrateur, n’a rien de palpitant. Pourtant, en prêtant de l’attention à de petits détails, l’imagination peut nous amener à concevoir un nombre de suppositions infinies. Mais il est aussi vrai que le côté policier accessoire ne peut pas être totalement renié, puisqu’il est sujet d’une disparition. Mais aucun personnage principal n’est policier, alors je le répète,  » En banlieue  » n’est pas à proprement parler un roman policier.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Je ne peux qu’encourager tout le monde à prendre plaisir à la lecture. Même les personnes qui ne sont pas attirées naturellement par la littérature. Faites l’effort de vous y plonger et le plaisir viendra. Inévitablement.