Rencontre avec Élise Monti, auteur de « Dernier voyage avant la trentaine »

Élise_Monti_EdilivrePrésentez-nous « Dernier voyage avant la trentaine » en quelques mots ?
Dernier voyage avant la trentaine est une sorte de pause sur ma vie et sur ce qui m’entoure, des choses que je trouve injustes telles que le non-respect des hommes envers eux-mêmes et envers l’environnement. 2011, a été une année difficile où j’ai perdu une amie, décédée d’un cancer des poumons dont l’absence n’est pas encore comblée. C’est aussi l’année de mes 30 ans, avec sa pointe de nostalgie sur les années passées, sur les projets à venir, une sorte de bilan sur tout ce que j’ai vécu, et la volonté de sortir de mon brouillard déprimant, grâce à la danse country.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Je pense que lorsque l’on commence à écrire, on a du mal à s’arrêter. J’ai écrit celui-ci parce que mes premiers lecteurs ont aimé Le monde féerique de Lili, et qu’ils m’ont demandé la suite ! Je me disais : « Bon ! Un deuxième recueil et j’arrête ».

Pourquoi préférez-vous écrire sous forme de poésie ?
Écrire sous forme de poésie est une manière plus facile pour moi d’exprimer ce que je ressens, ce que je vois, de comprendre les gens et le monde différemment, de mettre en lumière des émotions que je ne peux pas dire oralement. Même si une personne n’est pas sensible à la poésie, elle peut se reconnaître dans beaucoup de mes poèmes. Lisez par exemple : Foutu cancer.

Écrirez-vous un livre pour vos 40 ans et 50 ans aussi ?
Je ne sais pas encore, pourquoi pas ! Pour l’instant, je travaille sur mon roman et deux autres projets.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Dans un premier temps, il s’adresse à tous ceux ou celles qui passent le cap des 30 ans, passage qui pour certains est particulier. Ensuite, il concerne un large public parce que les lecteurs peuvent se retrouver dans presque tous les poèmes tels que les couples qui n’arrivent pas à avoir un enfant, les personnes qui nous sont proches et atteintes du cancer, ceux qui courent après le temps, les amoureux du Canada, les danseurs de country, ceux qui ont peur de mourir, ceux dont l’amitié a une importance cruciale.

Comment se « remet-on » de la perte d’un être cher ?
On ne s’en remet pas, on vie avec en se disant qu’il y a des jours qui seront plus vides que les autres. Ce qui est d’autant plus difficile dans le cas de mon amie, c’est qu’il n’y a pas eu de dernier au revoir, pas d’enterrement, car elle souhaitait que l’on garde une belle image d’elle. J’essaie de ne pas trop y penser pour ne pas pleurer, mais elle reste dans mon cœur.

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Les qualités … Peut-être le fait que j’écris toujours avec le cœur ! Beaucoup de mes lecteurs ont trouvé qu’il était écrit avec plus de maturité.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Dans un premier temps, cet ouvrage a été une thérapie pour ne pas sombrer dans la dépression qui guettait férocement. Ensuite avec au fur et à mesure de sa construction, j’ai voulu dire aux personnes qui l’ont lu et qui le liront, d’arrêter de courir après le temps, cela ne sert à rien le temps nous rattrapera de toute manière. L’autre message important que je souhaitais faire ressentir est de dire à nos proches qu’on les aime, que la vie vaut la peine d’être vécue pleinement, simplement et avec le plus de sincérité possible. Malgré les obstacles quels qu’ils soient, il faut avancer et construire juste ce qu’il nous faut pour profiter de ce qui nous entoure. Le mot d’ordre est prendre le temps de respirer, d’observer, d’aimer et de toujours garder espoir. L’espoir fait vivre, non ?

Quel regard de femme, posez-vous sur la société actuelle ?
Ah, ah ! La bonne question. Je dirais que la société actuelle fait croire à une pseudo solidarité, qui pour moi est virtuelle. La place de la femme aurait évolué dans le monde du travail, sur son égalité avec l’homme, sur sa liberté, ses droits, alors que les vieux clichés sont toujours d’actualité. En effet, une femme sera moins payée parce qu’elle sera absente à un moment de sa carrière pour avoir des enfants, elle est libre de son corps certes, mais la femme-objet pour moi existe toujours. J’ai une opinion un peu rebelle sur la société parce que je trouve que la réalité est plus cynique que ce que l’on veut bien nous dire et qu’ils y a des choses existantes, qui pourraient améliorer l’environnement, la qualité de vie des populations, la faim dans le monde, les conditions de vie des animaux dans les élevages, la souffrance au travail, la santé et qui ne sont pas appliquées parce que l’on vit dans un monde où l’argent est roi. Le monde aurait besoin d’une rééducation sur les vraies valeurs et sur les priorités pour mieux vivre.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Partout ! Les mots viennent tout naturellement lorsque je ferme les yeux dans un parc ou une forêt, au bord de la plage, en observant les gens, que ce soit des parents, des enfants ou des personnes âgées, en écoutant de la musique, en regardant un film. Un poème peut naître suite à un moment d’une soirée, à l’échange d’un regard, à une expérience vécue par quelqu’un de mon entourage ou par moi-même, à un parfum, à partir d’une phrase que j’ai entendu, à des images qui surviennent dans mon imagination.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je suis en train d’écrire un dictionnaire un peu spécial, celui des fatigués ! Il recueille tous les dérapages de notre vocabulaire lorsque nous sommes épuisés.
Autres projets La poésie des prénoms et un roman de science-fiction, une grande première !

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Vous avez une place dans chacun de mes poèmes, alors laissez-vous aller en les parcourant ! Même ceux qui n’ont pas le temps, mes recueils se lisent vite. Encore merci à ceux qui me suivent depuis le début et merci à ceux qui me suivront !