Interview écrite


Elisabeth_Campagna-Paluch_Edilivre
12 février 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Elisabeth Campagna-Paluch, auteure de « Le rendez-vous français »

Elisabeth_Campagna-Paluch_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
C’est l’histoire d’amour improbable entre un officier de la Wehrmacht et une Française, Éléonore, dont la maison, qui fait partie d’un petit domaine viticole près de Montpellier, est réquisitionnée pendant la Seconde Guerre mondiale, au moment où les Allemands occupent la zone libre en novembre 1942. Une passion ardente les unit jusqu’à ce que la Libération les sépare. Pierre, le mari d’Éléonore, est fait prisonnier en Allemagne. C’est un roman historique qui renvoie au contexte mouvementé de cette sombre époque entre résistance, collaboration et passivité de la majorité des gens qui sont essentiellement préoccupés par les problèmes de survie et qui constituent ce que les Historiens du Temps Présent ont appelé « la zone grise » : ni collabos, ni résistants, juste entre les deux…

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Cela fait longtemps que je m’intéresse à la période de l’Occupation en France et à la Seconde Guerre mondiale en général. J’ai participé à des séminaires à l’Institut d’Histoire du Temps Présent de Paris (CNRS) pendant huit ans et depuis je n’ai pas cessé de m’y intéresser. J’ai vécu en Allemagne pendant huit ans (enfant et adolescente) et déjà à l’époque, j’essayais de comprendre comment un peuple aussi cultivé, aussi éduqué avait pu en arriver là… Adolescente, je dévorais tout ce qui pouvait être écrit sur les camps de concentration, le IIIème Reich etc. Je pense que c’est mon amour de la langue allemande, de la littérature allemande, de la culture allemande en général qui m’a motivée pour écrire ce roman, pour montrer que parfois dans la vie les choses ne sont pas aussi simples qu’elles devraient être, avec les « gentils » d’un côté et les « méchants » de l’autre…

A quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
A tous ceux que la période de l’Occupation intéresse et qui aiment aussi les histoires de tous les jours avec leurs joies et leurs chagrins, les histoires d’amour.

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Ça, c’est aux lecteurs qu’il faut le demander ! Sinon, je pense qu’il est bien construit… D’ailleurs, j’aimerais en faire un scénario de film et pourquoi pas le réaliser ou du moins le co-réaliser ! J’ai essayé de rendre au mieux l’atmosphère de l’époque. Enfin, j’aime écrire et j’espère que cela se voit quand on me lit.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Il n’y a pas de message particulier que je veuille transmettre à travers mon roman. C’est au lecteur d’y trouver ce qu’il veut, en fonction de sa vie, ses rêves, ses préoccupations du moment, de ce qu’il sait ou ne sait pas sur la période historique retracée.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je crois y avoir répondu plus haut : avoir vécu très jeune pendant huit ans en Allemagne dont je maîtrisais assez bien à l’époque la langue, n’est pas anodin et a laissé des traces sans aucun doute ; aussi, le cinéma, les documentaires, la littérature, les essais historiques. Bref ! Tout ce qui nourrit un auteur.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’ai des projets d’écriture très différents. Je pense écrire des romans policiers avec un personnage féminin que j’ai créé, une Commandant de police basée à Perpignan (cf. « Le chat qui rit » dans le recueil de nouvelles des auteurs du Languedoc-Roussillon qui va être publié), qu’on retrouvera dans une série de romans. Encore un domaine qui me passionne… J’adore les séries TV et films policiers, les romans policiers suédois et américains.
J’envisage aussi, dans un tout autre domaine, d’écrire une biographie de l’ethnologue Germaine Tillion, dont j’admire la vie, les combats, les travaux de recherche, les écrits, le courage bien sûr. Elle a eu une très longue vie, très riche, et là encore je retrouve chez elle mes centres d’intérêt : la Méditerranée, l’Afrique du Nord, l’Occupation en France, la Résistance, les camps (elle a été déportée à Ravensbrück), la guerre d’Algérie, l’anthropologie, l’humanisme etc. C’était une très grande dame que j’aurais bien aimé rencontrer.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Bonne lecture !