Interview écrite


31 mai 2013
Posté par
Flora

Rencontre avec Danièle Deydé, auteure de  » La langue au chat « 

Danièle_Deydé_Edilivre

Pouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
La langue au chat est le récit de la vie quotidienne d’une famille actuelle qui va affronter un moment de crise. Le chat de la maison est le témoin privilégié de tout ce qui se passe sous leur toit et c’est lui qui raconte.

 

S’agit-il d’un roman ?
Oui, il s’agit effectivement d’un roman.

A quel genre littéraire se rattache votre récit ?
C’est un roman que je qualifierais de roman de mœurs dont le narrateur est le chat d’appartement de la famille.

Pourquoi choisissez-vous de faire parler le chat, animal domestique ?
Tout d’abord parce que j’aime cet animal dit domestique, mais qui reste malgré tout indépendant. On ne fait pas faire à un chat ce qu’il ne veut pas faire. Ce caractère un peu rétif me plaît. Chez moi, lorsque j’étais enfant, il y a toujours eu un chat. Plus tard, j’ai eu une chatte avec laquelle j’avais des affinités particulières. Elle a vécu dix-sept ans à mes côtés et j’ai eu le temps de l’observer. C’était un animal curieux, à l’affut de tout ce qu’il se passait dans son environnement et très sensible au climat affectif dans lequel elle vivait. C’est pourquoi, dans ce roman, je donne la parole à un chat qui se montre un observateur plein de finesse.

Quel regard peut-il nous apporter sur l’existence ordinaire de la famille que vous décrivez ?
Parce qu’il est un animal, donc différent des humains, il a un point de vue autre que celui de ses maîtres. Livré à la solitude pendant de longues heures chaque jour, il se montre très attentif à tous leurs faits et gestes quand ils rentrent à la maison ; il est donc disponible et, de par sa position d’animal domestique, faisant un peu partie de la famille, mais aussi extérieur, il a du recul par rapport aux évènements qui affectent leur vie. Cette vision distanciée lui permet de remarquer les failles, les contradictions des humains et sa sensibilité lui permet de saisir les émotions, les malaises de chacun avec souvent plus de lucidité et d’humour que ces humains dont il partage la vie.

Vous êtes-vous inspirée de Marcel Aymé qui donne également la parole à un félin dans ses contes ?
Non. Chez Marcel Aymé, dans les contes du chat perché, les animaux et notamment le chat parlent, ils communiquent avec les humains et, ainsi, influent sur leurs actes. Rien de tel dans mon roman : le chat n’est que l’observateur et le conteur de l’histoire. Il pense en silence et n’a pas accès à l’oral, ce qu’il déplore parfois. Personne, d’ailleurs, ne se doute qu’il parle en son for intérieur. Il reste un animal et n’a pas de prise sur la vie familiale bien qu’il partage ses chagrins et ses joies.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
C’est un roman plutôt léger dans lequel alternent des moments amusants avec des passages plus dramatiques et qui raconte une histoire d’aujourd’hui au travers de laquelle le lecteur pourra parfois se retrouver.