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Interview écrite


11 août 2016
Posté par
Guillaume

Rencontre avec Bernard Lhubac, auteur de « Ma petite sœur des rizières »

Bernard_Lhubac_EdilivreOù habitez-vous ?
Je réside sur l’île de la Réunion depuis 2003 après avoir vécu dans un village proche de Montpellier durant 24 ans, dans le département de l’Hérault où sont mes racines.

Présentez-nous votre ouvrage 
Elsa est une petite fille de onze ans qui découvre le Cambodge en compagnie de ses parents et de son petit frère Gaspard. Ses parents sont de grands voyageurs, mais cette fois-ci, ils ont voulu voyager différemment : aider une petite fille cambodgienne en participant à un parrainage par le biais d’une association. Pour Elsa, cette relation ne coule pas de source : elle va d’abord se montrer méfiante, et disons-le, un peu jalouse. Il n’en reste pas moins que grâce à ce projet, elle va aller de découvertes en découvertes sur la cruauté des hommes mais aussi sur tout ce qui constitue leur grandeur. Ce roman est un itinéraire pédagogique qui se veut pétri d’humanisme tout en essayant de nuancer certains a priori. Un itinéraire au cœur du Cambodge… et dans le cœur des hommes.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’avais en tête ce projet d’écriture depuis longtemps afin de faire partager l’expérience magnifique que nous avons vécue. Il m’a semblé après mures réflexions que l’adresser à des enfants, narré par une enfant, était la meilleure formule à adopter. C’est ma rencontre avec une jeune illustratrice, Emilie Coche, qui m’a conduit à passer à l’acte. J’espère qu’il apportera aux plus jeunes certaines valeurs, et qu’il incitera les moins jeunes à se lancer dans l’aventure du parrainage. Sans être militant, ce roman a pour ambition de susciter des réflexions et d’inviter à l’action humanitaire.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Mon ouvrage s’adresse à des lecteurs à partir de 9 ans. Mais il peut-être lu par tous. J’adore pour ma part lire des romans de littérature jeunesse. J’y trouve souvent une qualité équivalente à celle de la littérature adulte. Je l’apprécie avec d’autant plus de plaisir que je n’ai pas connu cela lorsque j’étais jeune. Cet ouvrage s’adresse à tous les amoureux des voyages, des horizons lointains, et en particulier de l’Asie, ainsi qu’à tous ceux qui sont sensibles aux valeurs humanistes.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Ce roman se place dans le contexte du début des années 2000, et notamment des attentats du 11 septembre 2001. Hélas, le message que j’ai voulu transmettre par rapport à l’actualité de l’époque révèle son importance avec encore plus de force aujourd’hui. Je pense que jamais le monde n’a eu autant besoin de dresser l’arme de l’humanité face à celle de la barbarie. Si l’on voyage un peu, en France, en Europe ou dans le monde, on fait de belles rencontres et l’on s’aperçoit que la presque totalité des gens aspirent à la paix, sont pétris de gentillesse, d’humour et de générosité et font preuve de la plus grande hospitalité, même s’ils vivent dans des conditions défavorables, voire misérables. C’est cela que j’ai voulu transmettre : cet amour de l’autre que l’on reçoit parfois avec surprise et que l’on finit par avoir envie de donner. Peut-être me reprochera-t-on d’être tombé dans la bien-pensance, dans l’expression de « bons sentiments » (tout le monde est contre la guerre et contre la faim dans le monde…). Mais là, j’ai voulu montrer comment mettre en action les belles pensées que l’on a ou les belles paroles que l’on exprime. Un grand nombre d’associations organisent avec talent la mise en œuvre de toutes ces démarches individuelles. Et pour me dédouaner, si j’avais besoin de le faire, je pense que les enfants ont besoin de voir affirmer des valeurs claires et de se confronter à des principes simples. Les subtilités de la géopolitique seront pour plus tard…Mon message est donc un message d’humanité : la goutte d’eau que l’on ajoute dans l’océan paraît minime, mais lorsque l’on rencontre les gens que l’on a, si modestement, aidés, on réalise l’importance de ce que l’on a fait. Et que ne reçoit-on en retour ! Pour des enfants, participer à un tel projet est un bel apprentissage de la vie !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Ce roman est basé sur des faits réels et relate l’expérience que nous avons vécue en famille entre 2001 et 2002. Les personnages sont fictifs, le nom de l’association également mais la plupart des faits relatés, des anecdotes et des réalités historiques ou politiques sont bien réels.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Mon prochain roman s’intitule « Ce Diable de pompier ». Il vient d’être édité chez Edilivre. Il s’inspire quant à lui de mon expérience de sapeur-pompier volontaire, catégorie d’acteurs à qui je voulais particulièrement rendre hommage. Le suivant traitera d’un sujet complètement différent, comme vous le laissera supposer le titre : « J’ai envie de pisser ! ». Il sera prochainement édité lui aussi aux éditions Edilivre.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
J’espère que mes lecteurs prendront plaisir à me suivre. Mes trois romans sont de natures différentes. Le troisième se veut plus léger que les deux autres.