» Moi Zlatan Ibrahimovic « , énième portrait d’un joueur bling-bling ?

La trentaine flamboyante, le footballeur suédois livre ses failles et ses forces dans un récit de haute voltige, sorti le 30 janvier en France. Ironiquement pressenti comme le prix Goncourt 2013 par Frédéric Beigbeder, arrêtons-nous quelques instants sur les grandes lignes de l’ouvrage.

Zlatan_Ibrahimovic_EdilivreL’autobiographie footballistique de l’année
Vous manquiez d’idées concernant vos lectures ? Ne cherchez plus ! Ibrahimovic, star incontournable du moment, fait son entrée magistrale en littérature avec le très remarqué (et point du tout narcissique) Moi, Zlatan Ibrahimovic. Cet ouvrage, écumé à plus de 700 000 exemplaires, fait fureur en librairie. A 20 € l’exemplaire, voici de quoi arrondir les fins de mois du joueur suédois dont l’existence, narrée sur plus de 400 pages, occupera les longues soirées hivernales au coin du feu. Surdoué du ballon, notre Zlatan marquerait-il à présent quelques buts littéraires ? Son portrait, tout en nuance et modestie, rapporte les confessions (d’ailleurs peut-on parler de confessions puisque la véritable « plume » de ce livre n’est guère que le journaliste et écrivain scandinave David Lagercrantz ?) du footballeur, à la troisième personne du singulier. Prenant du recul avec sa propre personne, il choisit de parler de lui à la manière de notre Alain Delon national !

« Zlatan n’était plus Zlatan », phrase-clé résumant à elle seule le ton de l’oeuvre, souligne la métamorphose de l’homme, passé de l’ombre d’une triste banlieue à la gloire sportive en quelques années. Mais loin de s’arrêter à une autobiographie, notre célébrissime joueur entre triomphalement dans le dictionnaire avec le verbe zlataner, dérivé bien sûr de son prénom. La signification de celui-ci ? « Gagner un match » ! Décidément, la polyvalence est passée « maître-mot » quand on désigne Ibrahimovic ! Au moins, l’on peut reconnaître toute l’authenticité de cette (auto-)biographie provocatrice…

Du ghetto suédois aux paillettes du football : retour sur le parcours d’un joueur « bankable »
Mais revenons sur quelques évènements marquants qui ont façonné notre homme !
Zlatan grandit dans une « banlieue dortoir », équivalent de nos ZEP françaises, à Malmö, dans le sud de la Suède. Elevé dans un milieu chaotique, le garçonnet, qui naît sous des cieux ombrageux, n’est guère gâté par le sort. Ballotté entre une sœur dealeuse, un père alcoolique et une mère violente, son enfance ne se révèle pas aussi « dorée » que son prénom (qui signifie or en suédois) le laissait présager… Traumatisé, en outre par le conflit yougoslave lors duquel sa grand-mère est assassinée, il se réfugie, dès son plus jeune âge, dans le football, manière de remédier à son existence précaire. Intégrant le milieu sportif dès l’âge de 6 ans, dans sa ville natale, il quitte ensuite le lycée pour regagner les clubs très prisés de l’Inter Milan, du FC Barcelone puis du PSG en 2012.
Représentatif d’une classe de footballeurs « bling-bling», tels que David Beckam, Ibrahimovic se plaît à rappeler sa filiation sportive mais aussi spirituelle avec le boxeur Mohamed Ali et le brésilien Ronaldo.

Mais, au-delà de son enfance miséreuse et de sa « vertigineuse ascension », le public retient souvent de lui une personnalité capricieuse et individualiste, que Moi, Zlatan Ibrahimovic reflète entièrement.Zlatan_Ibrahimovic_Edilivre
Se plaisant à rappeler que ses voitures de luxe « symbolisent sa réussite » il désigne aussi, en époux discret, sa chère et tendre comme sa « Evil super bitch deluxe » (pas besoin du Robert et Collins pour la traduction).
Achèterez-vous sa biographie ?

Article écrit avec la participation de Camille