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24 février 2020
Posté par
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L’expression de la semaine : Tenir les murs

«Tenir les murs »

ORIGINES

Cette expression est récente en France puisqu’elle ne semble dater que de l’extrême fin du précédent millénaire (on en trouve une citation en 1988). Selon certaines sources concordantes, elle serait une traduction littérale d’une expression arabe péjorative, employée au moins en Algérie.
L’image est très simple à comprendre : imaginez la personne complètement désœuvrée qui passe sa journée debout, appuyée le dos au mur, et donnant l’impression qu’elle est là pour l’empêcher de s’écrouler.
Et si l’expression est récente, les frères Marx[1] dans « Une nuit à Casablanca » se sont amusés d’une telle situation. En effet, alors qu’Harpo est appuyé contre un mur, un policier arrive qui lui demande ce qu’il fait là. Harpo répond qu’il tient le mur et, lorsque le policier le fait circuler, le mur s’écroule.
[1] Information capitale : Karl ne faisait pas partie de la bande !

Compléments

Notez qu’autrefois, dans une situation de siège, « tenir les murs » signifiait « empêcher l’ennemi de rentrer dans l’enceinte assiégée ».

Exemple

« Le symbole le plus frappant de cette nouvelle conjoncture est aux yeux de tous, et notamment de ceux qui habitent dans les quartiers, la découverte que les « garçons » de cité, enfants d’immigrés pour la majorité d’entre eux (et d’origine maghrébine) non qualifiés – les « lascars » comme ils aiment s’appeler entre eux ou la « racaille » comme les appellent ceux qui, parfois issus des quartiers, veulent à tout prix s’en démarquer – (re)trouvent du travail, cessent de « tenir les murs ». »
Stéphane Béaud, Michel Pialoux – Jeunes ouvrier(e)s à l’usine – 2003

«Tenir les murs »