Autour du livre


16 janvier 2014
Posté par
Flora

L’expression de la semaine : Mettre son grain de sel

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’expression : Mettre son grain de sel.

Aujourd’hui, cette expression désigne le fait de s’immiscer dans une conversation et d’y intervenir de façon impromptue, rendant les choses plus compliquées qu’elles ne pouvaient l’être.

Pour comprendre son sens, il faut remonter au XIIIème siècle. En France, le sel est alors une denrée chère et précieuse, essentiellement du fait de sa rareté. Son commerce est contrôlé et il est utilisé comme assaisonnement de luxe pour des catégories sociales aisées. Le sel est en effet l’objet d’un monopole royal, entreposé dans des greniers à sel où la population peut l’acheter, en très petite quantité (le sel est très utile pour conserver les aliments). Il est taxé d’un impôt, la gabelle, et va conserver son statut de produit de luxe jusqu’au XVIIIème siècle. La gabelle sera supprimée quant à elle que sous la Deuxième République.
Cette utilisation restrictive du sel peut expliquer que l’expression soit aujourd’hui au singulier, le sel étant si précieux qu’un seul grain avait beaucoup de valeur.

Au XXème siècle, l’expression « avec un grain de sel », traduction du latin cum grano salis, fait son apparition dans le langage. Cette métaphore traduit alors une contribution de quelqu’un à une activité, sans que l’on sache précisément s’il y a une connotation négative, comme c’est le cas de l’expression actuelle « mettre son grain de sel ».

L’explication se trouve peut-être dans le domaine culinaire, le sel étant une denrée d’accompagnement. Il est bien connu, des gourmets comme des novices, que mettre trop de sel dénature le goût et peut gâcher un plat. Cette expression pourrait donc renvoyer à cette image, qui suggère que tout ajout supplémentaire ne fait qu’aggraver les choses.

Expression_de_la_semaine_Edilivre