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22 septembre 2014
Posté par
Flora

L’auteur de la semaine : Marie-Madeleine de La Fayette

Cette semaine nous nous proposons de découvrir l’auteure : Marie-Madeleine de La Fayette.

Femme de lettres française, Marie-Madeleine de la Fayette est reconnue par ses pairs comme l’un des écrivains les plus doués de son temps. Boileau disait d’elle qu’elle « est la femme qui écrit le mieux et qui a le plus d’esprit. »

Marie-Madeleine, née Pioche de la Vergne, voit le jour le 18 mars 1634 au sein d’une famille aisée qui fréquente la cour du Cardinal de Richelieu. Son père meurt alors qu’elle n’a que 15 ans et dès l’année suivante, en 1650, elle devient dame d’honneur de la reine Anne d’Autriche et apprend l’italien et le latin. C’est ainsi que commence son éducation littéraire. Son professeur, le grammairien Ménage, l’introduit dans les salons littéraires en vogue à l’époque.

A 21 ans, Marie-Madeleine devient Madame de la Fayette, suite à son mariage avec un auvergnat, François Motier. Comte de la Fayette, cet homme de 18 ans son aîné, veuf, lui permet de connaître une certaine sécurité financière et la reconnaissance due à son nom. Ils auront ensemble deux fils mais leur mariage ne semble pas très heureux. François de la Fayette est un homme très discret et la Bruyère dit de lui : « Nous trouvons à présent une femme qui a tellement éclipsé son mari, que nous ne savons pas s’il est mort ou en vie… ».

Son premier roman, La Princesse de Montpensier est publié anonymement en 1662 mais sa Princesse la plus célèbre est La Princesse de Clèves, édité par l’un de ses amis quatre ans plus tard, en 1678. Ce roman a été un grand succès dès sa sortie, il fallait d’ailleurs attendre plusieurs mois avant d’en obtenir un exemplaire. Il a été le sujet de grandes discussions dans les salons littéraires de l’époque. L’intrigue de La Princesse de Clèves se déroule à la cour des Valois. Mademoiselle de Chartres épouse le prince de Clèves mais elle tombe éperdument amoureuse du Duc de Nemours. Eduquée de façon exemplaire par sa mère, elle refusera de céder à ses envies jusqu’à la fin de sa vie, au point d’en devenir folle. Se refusant à trahir son mari, elle lui avoue même son amour pour un autre, ce qui retiendra l’intérêt des lecteurs au fil des siècles, comme le résume très bien Marie Darrieussecq « Les premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVIIème siècle, jugèrent le roman invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIème siècle, cet aveu, on l’a trouvé charmant. Au XIX, immoral. Au XXème, idiot : mais qu’elle l’épouse donc, son bellâtre de cour ! »
La Princesse de Clèves est avant tout un roman d’analyse. Madame de la Fayette réussit une introspection parfaite de ses personnages et construit de façon très rigoureuse son roman. Mais l’ouvrage nous montre également le rôle important des femmes de la littérature dites précieuse, du XVIIème siècle. Il est un modèle littéraire dont s’est par exemple inspiré Balzac pour l’ensemble de son œuvre et la construction de ses personnages. Le réalisateur Christophe Honoré a également remis cette intrigue célèbre au goût du jour dans son film La belle personne, sorti en 2008. Il a repris l’histoire d’amour entre Mlle de Chartres et le Duc de Nemours et l’a mise en scène dans un lycée parisien.

L’époux de Marie-Madeleine de la Fayette meurt en 1683 et, à partir de ce moment-là, celle-ci se retire de la vie mondaine et n’apparaît quasiment plus en société. L’auteure de La Princesse de Clèves meurt le 25 mai 1693.

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