L’auteur de la semaine : Marguerite Yourcenar

Cette semaine, nous vous invitons à découvrir l’auteure : Marguerite Yourcenar.

Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour est née le 8 juin 1903 à Bruxelles. Sa mère, de nationalité belge, meurt dix jours seulement après sa naissance. Marguerite sera donc élevée par son père, chez ses grands-parents. Elle dressera un portrait acerbe de sa grand-mère dans son roman Archives du Nord.
Son père lui fait partager sa passion des voyages et de l’Histoire Antique. Il lui apprend le latin et le grec, lui fait visiter la France, la Suisse ou l’Italie. Marguerite est très cultivée, et curieuse de tout grâce à l’éducation qu’elle a reçu de son père.
Elle publie son premier ouvrage Le Jardin des Chimères, un recueil de poèmes, alors qu’elle a seulement 18 ans. Elle le signe Yourcenar avec l’accord de son père, anagramme imparfait de son nom Crayencour. Ce nom deviendra son patronyme officiel en 1947 alors qu’elle devient américaine.

Elle publie en 1929 Alexis ou le traité du vain combat, son premier roman, écrit sous la forme d’une longue lettre d’un homme à sa femme. Dans cet échange, il lui avoue son homosexualité et met fin à des années de mensonge. Son père meurt la même année, après avoir lu ce premier roman. À partir de cette date, Marguerite Yourcenar mène une vie de voyages, en visitant Paris, Lausanne mais aussi les îles grecques ou Constantinople. D’autres ouvrages paraissent, comme Nouvelles Orientales en 1938, jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1939. Elle va retrouver à New York sa compagne Grace Frick, professeure de littérature britannique rencontrée à Paris quelques années auparavant. Elles vivront ensemble jusqu’à la mort de Grace en 1979.

Marguerite Yourcenar connaît le succès en 1951 avec la sortie des Mémoires d’Hadrien. Dans cet ouvrage, elle fait revivre Hadrien, empereur romain du 2ème siècle. Cet homme a une personnalité très forte, il a favorisé le développement des arts dans la société et a amélioré la vie des esclaves. L’auteure a eu l’idée de cet ouvrage dès ses voyages en Italie avec son père lorsqu’elle visite la Villa Adriana, villa d’Hadrien à Tivoli. Pour écrire Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar s’est imposée de lire tous les textes concernant Hadrien, rédigés en grec et en latin.
Le roman se présente comme une longue lettre de l’empereur Hadrien à son petit-fils et successeur potentiel, Marc Aurèle. Il lui raconte ses exploits militaires mais lui parle aussi de philosophie, et de son amour pour le jeune Antinoüs, ainsi que la douleur que sa mort a provoqué chez lui. Le roman historique, très documenté, sert de trame à l’histoire d’amour entre Hadrien et Antinoüs.
En 1980, elle est la première femme élue à l’Académie française, grâce à l’aide de son ami Jean d’Ormesson.

Marguerite Yourcenar meurt le 17 décembre 1987 à Bar Harbor et ses cendres ont été déposées au cimetière Brookside à Somesville, à côté de la petite maison en rondins qu’elle avait louée avec Grace Frick pendant les trois premiers étés du couple dans le Maine.

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