L’auteur de la semaine : Léon Tolstoï

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’auteur : Léon Tolstoï.

Léon Tolstoï naît le 9 septembre 1828 dans le domaine familial d’Iasnaïa Poliana, en Russie. Sa mère meurt quelques années seulement après sa naissance. Léon grandit dans la campagne et va devoir la quitter avec sa famille pour Moscou. Les choses ne vont pourtant guère s’améliorer. Son père meurt brutalement dans un accident en 1837, laissant les cinq enfants démunis dans la capitale et leur grand-mère, qui devait s’occuper d’eux va mourir à son tour dans la foulée. Orphelins, la fratrie va s’installer à Kazan, chez une tante.

Après avoir pratiqué sans grand succès des études de langues orientales et de droit, Tolstoï quitte l’université en 1847 (il y sera resté trois ans), s’essaie aux travaux des champs comme contremaître et finit par mener une vie de débauche à Moscou. Si ces années d’apprentissage universitaire n’ont pas été fructueuses, elles l’ont initié à de grands auteurs et particulièrement Jean-Jacques Rousseau, que Tolstoï dévore. Au début des années 1850, il s’engage dans l’armée et est dépêché dans le Caucase pour se battre contre les rebelles de Chamil (il racontera cette expérience dans son ouvrage Les Cosaques, publié en 1863). Il rédige pendant ces années de service un roman, intitulé Enfance et paru en 1852, qui connaît à l’époque un franc succès.

Sa vie aventureuse reprend pourtant le dessus et le jeune homme retrouve son régiment en Bessarabie, pour prendre part à la Guerre de Crimée (1853-1856), qui oppose la Russie à la Turquie. En 1855, envoyé comme coursier à Saint-Pétersbourg, il rencontre Ivan Tourgueniev, qui le loge chez lui et l’introduit dans les cercles des écrivains en vogue de l’époque. Opiniâtre, bourru et antipathique, Tolstoï goûte peu aux mondanités et s’en écarte très rapidement. Après la chute de Sébastopol, Tolstoï est dégoûté de l’armée et quitte les armes en 1856. Il écrit plusieurs récits sur cette période de sa vie, traduits en français (langue parlée par l’aristocratie russe de l’époque) à la demande d’Alexandre II.

A partir de 1857, il parcourt l’Europe : Paris, Marseille, Rome, Londres, la Suisse, l’Allemagne. Ses voyages prennent fin en 1862, date à laquelle il épouse Sophie Behrs et s’installe avec elle à Iasnaïa Poliana. Il commence à rédiger l’œuvre colossale de sa vie, Guerre et Paix, dont il achèvera le dernier chapitre en 1869. L’auteur se plonge alors dans la lecture des philosophes, notamment Schopenhauer, pour combler au vide qu’à laisser en lui l’achèvement de son Guerre et Paix. Pourtant, il va être inspiré par un recueil de nouvelles d’Alexandre Pouchkine, qui va faire naître chez lui l’envie de rédiger un roman sur la vie d’une femme infidèle. Il débute alors l’écriture d’un de ses chefs-d’œuvre, Anna Karenine, devenue un personnage mondialement connue de la littérature et un des rôles féminins les plus prestigieux du monde du cinéma.

Pendant qu’il travaille sur son roman, Tolstoï n’est pas épargné par la vie. Son plus jeune fils, Pierre, meurt prématurément en 1873, suivi l’année d’après par un autre de ses treize enfants, Nicolas (l’écrivain perdra 5 enfants en bas-âge). Suivront aussi la fausse couche de sa femme et le décès de deux de ses tantes. Cette accumulation de drames a un effet néfaste sur l’auteur, qui s’en prend à son œuvre et juge Anna Karenine exécrable. Paru en 1877, le roman est accueilli triomphalement par la critique. Peu après, il se convertit au christianisme, en 1879, tout en restant extrêmement critique vis-à-vis de l’Église orthodoxe russe. En 1901, il est excommunié, après la publication de son roman Résurrection (1899) où son héros, en plein questionnement interne, rencontre le Christ et lui fait part de ses doutes et de sa colère.

A la fin de sa vie, Tolstoï s’exile à Iasnaïa Poliana, refusant de voir qui que ce soit. Il meurt seul, le 20 novembre 1910, des suites d’une pneumonie, dans la petite gare d’Astapovo, proche de son domaine.

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