Autour du livre


10 mars 2014
Posté par
Flora

L’auteur de la semaine : La Comtesse de Ségur

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’auteure : la Comtesse de Ségur

Sophie Rostopchine, plus connue sous le nom de Comtesse de Ségur, naît le 1er août 1799 à Saint-Pétersbourg. Comme son titre l’indique, la Comtesse est issue d’une grande famille de l’aristocratie russe. Son père, Fédor Rostopchine, occupant la fonction de Ministre des Affaires Etrangères du tsar Paul 1er et celle de gouverneur général de Moscou.

La petite Sophie passe son enfance en Russie où elle reçoit une éducation stricte privilégiant notamment l’apprentissage des langues étrangères. Adulte, elle sera d’ailleurs polyglotte, maîtrisant 5 langues. Très turbulente, elle multiplie les bêtises et les punitions de sa mère qui la maltraite et l’oblige à se convertir au catholicisme.

Mais le destin des Rostopchine bascule en 1812, lorsqu’à l’arrivée de Napoléon 1er à Moscou, le Tsar ordonne au père de Sophie de mettre le feu à la ville. Devenu durant tout ce temps le bouc émissaire du Tsar, Fédor Rostopchine est contraint à l’exil et vient s’installer à Paris avec sa famille en 1817, où il est reçu en héros. Sophie rencontre alors Eugène de Ségur, ambassadeur de France en Russie, qu’elle épouse en 1819. Si ce mariage d’amour est le début d’une vie nouvelle pour la Comtesse de Ségur, le bonheur est de courte durée : bien qu’ils aient huit enfants, Eugène, volage, n’accorde à son épouse que très peu d’importance. La comtesse reporte d’ailleurs toute son affection sur ses enfants.

Après la mort tragique de l’un d’eux, la Comtesse de Ségur sombre dans une douloureuse dépression. Dès lors, rien ne laisse présager à cette femme délaissée la carrière d’écrivain qu’on lui connaît aujourd’hui. L’écriture l’aide finalement à se reconstruire durant cette longue période de deuil. Guidée par la littérature enfantine, elle publie son premier ouvrage intitulé « Les Nouveaux Contes de Fées » en 1856, alors âgée de 57 ans. Si elle écrit essentiellement pour faire plaisir à ses petits-enfants, ce sont finalement dans ses propres souvenirs d’enfance qu’elle puise son inspiration. On retrouve notamment dans ses œuvres la figure du père glorieux et de la terrible mère. En 1858, la comtesse elle-même redevient la petite Sophie des « Malheurs de Sophie », une enfant espiègle allant constamment à l’encontre des directives des adultes, souvent ramenée vers le droit chemin grâce à son jeune cousin, Paul. Le succès du roman est tel qu’il donnera suite aux « Petites Filles Modèles », la même année.

Elle meurt à l’âge de 75 ans, entourée de ses enfants et petits-enfants. Aujourd’hui encore, elle est considérée comme la plus grande romancière de littérature enfantine et ses romans font l’objet de multiples études sur le genre et l’éducation.