L’auteur de la semaine : Charles Baudelaire

Cette semaine, nous vous proposons de découvrir l’auteur : Charles Baudelaire.

Poète et critique littéraire, ce grand homme de lettres s’impose comme le « chantre de la modernité » comme il l’affirme dans son essai Le Peintre de la vie moderne. Détaché de tout courant littéraire, notre écrivain, nourri de Romantisme, inspiré par le Parnasse et le Symbolisme, s’affranchit définitivement des carcans de pensée.

Né en 1821 à Paris, Charles perd très jeune son père. Il est alors élevé par sa mère, rue Hautefeuille, au cœur du quartier latin. Cette dernière épouse en secondes noces un militaire, le général Aupick, auquel le jeune Baudelaire voue une haine implacable. Il accuse ce beau-père rigide et déplaisant de tous ses maux : l’éloignement de sa mère, le rejet de la littérature, et la privation d’une existence oisive, libérée de contraintes.
Elève peu assidu du lycée Louis-le-Grand, l’adolescent est envoyé en voyage aux Indes. Il s’éprend, à son retour, de Jeanne Duval, belle mulâtresse, inspiratrice de nombreux poèmes, connue sous l’énigmatique surnom de « Vénus noire ». Elle apparaît dans les écrits baudelairiens sous les traits de la femme tentatrice, comparée tantôt à « l’enfant », tantôt à « la sœur », incitant « le luxe, la calme et la volupté ».

Revendiquant des valeurs anti-bourgeoises, l’opposant considérablement à son milieu, Baudelaire compose Les Fleurs du mal, publié en 1857 puis condamné (la même année que Madame Bovary). Considéré comme un « outrage aux mœurs religieuses », ce recueil de poésie propose une nouvelle conception de la Beauté qui ne se définit désormais plus par rapport à la morale. La passion inavouée et inaccessible, (« A une passante »), le besoin d’évasion exotique(« L’Invitation au voyage »), le sublime de l’horreur (« Une Charogne »), l’onirisme et la réincarnation (« Une Vie antérieure »), le mystère (« Les Chats ») s’imposent, tour à tour, comme les thèmes-clés de cet ouvrage antithétique.

L’art poétique, voué selon Baudelaire à l’unique esthétisme, ne cesse d’osciller entre l’Idéal, incarné par la figure féminine et l’exotisme, et le Spleen, ou mélancolie, engendré par la torpeur urbaine. Criblé de dettes, notre homme est contraint de s’exiler en Belgique, à la fin de sa vie. Atteint de malaises cérébraux à Bruxelles, il meurt, à-demi paralysé, à Paris, en 1867.

Le saviez-vous ? Véritable esthète, Charles Baudelaire était qualifié de « dandy » par ses pairs. Ce terme désignait alors un homme d’une extrême élégance et dont le raffinement s’apparentait à une attitude méprisante.

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