Ecrivain, une profession viable ?

Si le métier d’écrivain suscite tantôt l’ admiration, tantôt la méfiance, rares sont les auteurs qui vivent entièrement de leur plume.

Victor_Hugo_EdilivreLes écrivains d’antan étaient déjà polyvalents
Avant d’accéder à la notoriété et à la postérité littéraire, nombre d’auteurs célèbres ont exercé mille et un métiers, qui avaient plus ou moins trait à l’écriture ! Au 19ème siècle, les hommes de lettres sont contraints, pour survivre, d’avoir une profession plus « alimentaire ». Ainsi, Zola travaillait dans l’imprimerie et s’est illustré dans différentes revues socialistes avant d’écrire sa plus fameuse série, Les Rougon-Macquart. Ce sont, en outre, ses activités journalistiques qui lui ont permis de se faire connaître et d’affirmer ses idées politiques (on se souvient de sa lettre « J’accuse », publiée dans L’Aurore au lendemain de l’Affaire Dreyfus).

A la même époque, Victor Hugo, inoubliable auteur des Misérables, s’est imposé comme un acteur politique de taille. D’abord royaliste, il siégea ensuite au Sénat, à la fin de sa vie, dans le camp socialiste. Gérard de Nerval, un de leurs contemporains, a travaillé, quant à lui, comme un linguiste de renom en traduisant le célèbre Faust de Goethe, bien avant la publication de ses recueils de nouvelles et de poèmes !
Un siècle plus tard, des philosophes tels que Sartre et Roland Barthes, de formation universitaire, enseignent dans des lycées et à l’Ecole Normale Supérieure avant d’atteindre la consécration grâce à leurs théories philosophiques, restées gravées dans la pensée occidentale.

Les défis de l’écriture aujourd’hui
De nos jours, l’homme de lettres, se revendiquant écrivain à part entière, vit sous le régime du droit d’auteur. Son métier, souvent considéré comme incertain, est soumis à un avenir instable (inconstance qui peut se révéler précaire et passionnante tout à la fois !). Sa rémunération dépend, bien sûr, de la vente de ses livres et de sa capacité à « fidéliser » un public. Selon Françoise Nyssen, directrice d’Actes Sud, le succès d’un ouvrage demeure « une alchimie secrète », auréolée d’un certain mystère.

Autrement dit, il n’existerait pas d’ingrédient particulier au triomphe de ces ouvrages !écrivain_Edilivre
Mais focalisons-nous sur les parcours de quelques écrivains contemporains. Tout comme leurs illustres prédécesseurs, des auteurs comme Eric-Emmanuel Schmitt, Bernard Henri-Levy, Muriel Barbery ou encore Anna Gavalda ont enseigné avant avant d’être reconnus comme hommes et femmes de lettres. De façon plus atypique, Frédéric
Beigbeder
, auteur de L’Amour dure trois ans, a étudié les sciences politiques et le marketing avant de publier son 1er roman à 25 ans, Mémoires d’un jeune homme dérangé, qui le rendit célèbre. Marc Levy travaillait, quant à lui, dans l’informatique avant d’écrire, en 2000, Et si c’était vrai…qui connut un succès immédiat.

Que pensez-vous du statut d’écrivain ?