Autour du livre


12 février 2017
Posté par
Flora

Ecrivain, un don héréditaire ?

L’écriture serait-elle un don qui se transmet de génération en génération ? Nombreux sont les hommes et les femmes de lettres dont la progéniture a composé des oeuvres. Zoom sur quelques filiations biologiques et littéraires.

Alexandre_Dumas_EdilivreUn patriarche et son fils : les Dumas
Au 19ème siècle, la famille Dumas s’impose dans le panorama littéraire grâce aux figures des deux Alexandre, le père et le fils, auteurs tous deux très prolifiques. Le paternel, tout d’abord, nourri de lectures bibliques et mythologiques, proche de la génération romantique, compose des vaudevilles (il est alors proche du théâtre) et quelques tragédies qui comptent, parmi les plus notables, Henri III et sa cour, La Tour de Nesle, Kean, inspirées toutes trois de la dramaturgie shakespearienne. Il s’illustre ensuite grâce à des fresques historiques, pour lesquelles il a recours à des « prête-plumes ». Parmi les plus remarquables, on garde en mémoire Les Trois mousquetaires, Le Comte de Monte-Cristo, La Reine Margot. Légendaire entre tous, le premier narre les aventures d’un jeune gascon sans le sou dans la France de Louis XIII, monté à Paris dans le dessein de rejoindre un escadron de mousquetaires. Là, il déjoue les complots mesquins fomentés par l’odieux Cardinal de Richelieu et son agent, la belle et mystérieuse Milady de Winter.

Si la paternité des œuvres d’Alexandre Dumas fut amplement contestée, sa filiation biologique est, quant à elle, largement reconnue. Portant le même prénom que son père, Dumas fils se singularise, lui aussi, par l’écriture d’ouvrages historiques et sentimentaux, dont l’un des plus connus reste La Dame aux Camélias, qui inspira le magnifique opéra de Verdi, La Traviata.
Cette œuvre savoureuse relate l’idylle entre une jeune courtisane, Marie Duplessis et un bourgeois, Armand Duval, qui n’est autre qu’un double du jeune Alexandre Dumas. Cette passion malheureuse, rompue par le père d’Armand, brosse un portrait saisissant et cruel de la société mondaine du 19ème siècle.

Bernard henri-Levy et sa fille Justine, une filiation littéraire et philosophique
BHL pour les intimes, philosophe de son état et acteur incontournable du monde de l’édition aux tournants des 20ème et 21ème siècles, a transmis l’amour des lettres et de la culture à sa fille Justine. Influencé par des penseurs tels que Hegel, Spinoza, Emmanuel Levinas et diplômé de l’ENS (Ecole Normale Supérieure), le paternel porte, dans ses écrits, un regard particulièrement critique sur la formation des intellectuels contemporains, et plus particulièrement dans son ouvrage, Eloge des intellectuels. Il y témoigne de ses craintes face au recul de la culture, et observe, non sans inquiétude, la progression des « nouvelles stars » du monde de la musique, du sport, de la télévision.

Assignant à la philosophie la mission d’intervenir dans les grands débats contemporains, il compte faire de cette discipline un instrument de la liberté d’expression.BHL_Edilivre
Sur les traces de son géniteur, Justine Levy poursuit des études littéraires puis travaille comme lectrice chez Calmann-Lévy, puis aux Editions Pauvert avant de composer des ouvrages à consonance autobiographique tels que Mauvaise fille, Le Rendez-vous, Rien de grave.Tandis que Rien de grave retrace les infidélités de Raphaël Enthöven, son premier mari avec Carla Bruni, et sa période de rémission, Mauvaise fille, récemment adapté au cinéma, relate sa relation avec sa mère malade, alors que Justine apprend tout juste qu’elle est enceinte. Ce dernier ouvrage, qui a considérablement séduit la critique, avait d’aiileurs été sélectionné, en 2009, pour le prix Goncourt.

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