Des avancées dans le prêt des e-books

Nous vivons actuellement dans une société bercée par le numérique et l’instantanéité. Désormais, nous pouvons partager des photos, des vidéos, de la musique et même des documents écrits. A l’heure de la dématérialisation des produits culturels, le partage des e-books est une pratique qui semble se développer de plus en plus. Face à des nouvelles avancées dans ce domaine, nous vous présentons un regard neuf sur cette démarche.

Avancees_pret_Ebooks_EdilivreUn acte qui n’est pas encore inscrit dans les pratiques des français En France, le partage des livres électroniques dans les bibliothèques est encore largement méconnu et peu pratiqué par les lecteurs mais ces endroits culturels sont à même de présenter ce type de service. En effet, des entreprises telles qu’Overdrive ou encore Cyberlibris proposent à celles-ci un large catalogue de livres numériques. Les bibliothèques d’Arcachon et d’Issy-les-Moulineaux sont des pionnières sur ce type de service et propose également à la location des supports de lecture. Néanmoins, au sein de notre beau territoire, le prêt entre particulier est quasiment impossible. Uniquement les détenteurs de liseuse de type Kindle ont la possibilité de se prêter des e-books pour une durée totale de 14 jours. Aux États-Unis et au Canada, les choses sont bien différentes. Certains acteurs du secteur numérique tels que Kobo, Amazon, Barnes & Nobles, permettent de prêter des e-books avec l’accord de l’éditeur. La règle est très simple : chaque livre acheté peut être échangé une fois sur une période de 14 jours. Pour ce faire, le possesseur de l’ouvrage remplit un formulaire et désigne l’adresse mail de l’autre lecteur. Au cours de la durée du prêt, le propriétaire du livre numérique n’aura pas accès à son bien. La ressemblance avec l’emprunt à un format papier est donc équivalente.

Un tout nouveau service
Le service Ownshelf est une alternative qui pourrait apporter une réponse aux personnes désireuses de prêter et emprunter des ouvrages. Ce réseau de partage d’e-books basé sur le cloud fonctionne de la manière suivante : un utilisateur en se connectant à son compte pourra exposer sa bibliothèque personnelle et proposer à ses contacts de les lire. Cette plateforme est un outil de recommandation au travers d’un réseau social mais elle propose également des lectures. Cette nouveauté accepte tous les formats numériques à l’exception de ceux développés par Amazon et ils ne doivent pas être dotés de DRM. Par la suite, une application sera développée et elle sera acceptée par la plupart des supports tels que les tablettes, les smartphones mais également les ordinateurs. Pour l’instant, la fréquence d’emprunt n’est pas signalée par les fondateurs du site.

Une pratique qui doit évoluer
Selon Philippe Aigrain, informaticien, chercheur et auteur du livre Cause commune : l’information entre bien commun et propriété, le prêt d’un livre numérique est un droit culturel essentiel. Selon lui, les grands groupes éditoriaux répètent actuellement les erreurs des majors musicales en installant la rareté des œuvres dans le monde numérique par une combinaison de verrous technologiques, d’actions judiciaires et politiques. Il s’avère essentiel de créer un droit au partage dans la sphère numérique et de forcer les plateformes d’e-books à respecter les droits élémentaires des lecteurs. Pour cela, il est nécessaire de définir convenablement le partage des livres numériques et de mettre en place des solutions réellement efficientes. Les éditeurs de ce type de format doivent donc se concerter afin de s’emparer de la question et de définir le partage qu’ils
souhaitent faire émerger. Dans le cas contraire, leurs mécontentements face au développement anarchique du partage seront utilisés comme prétexte aux nouvelles actions des oligopoles de l’édition. Les éditeurs équitables perdront l’occasion de développer une véritable synergie entre partage et vente.  Et vous, que pensez-vous du prêt des e-books ? Seriez-vous favorable à emprunter ou bien prêter un livre électronique ?