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7 avril 2016
Posté par
Éditions Edilivre

Article Décalé de la Semaine

L’indifférence

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Quel est le pire entre la haine et l’indifférence ? La haine implique une reconnaissance de l’autre. Si on déteste une personne, c’est qu’elle arrive à nous toucher et qu’elle a un pouvoir sur nous. En revanche, si une personne nous indiffère, cela signifie que son existence nous importe peu. Qu’elle nous aime ou nous déteste, c’est le cadet de nos soucis.

C’est pour cette raison que l’on a tendance à dire que l’ignorance est la meilleure des réponses à un conflit. Une personne vous cherche ? Ne vous abaissez pas à son niveau en lui répondant. Cela ne l’énervera que plus et vous, vous vous sentirez au-dessus de cela.

Même en amour, nous savons tous que le secret de la séduction est l’indifférence. Julien Sorel dans « Le Rouge et le Noir » de Stendhal parvient à séduire Mme de Rênal par son flegme. Flegme qu’il affiche d’ailleurs sans même s’en rendre compte puisqu’il est en réalité perdu dans ses pensées bonapartistes. Dans la seconde partie du livre, un jeu de désaffection s’installe entre Mathilde et lui. C’est à qui courra après l’autre pour gagner ses faveurs.  Dans le roman d’Emile Zola, « Au Bonheur des Dames », Octave Mouret tombe amoureux de Denise Baudu dont il confond la timidité avec de l’indifférence. Tous ces personnages sont l’illustration parfaite de l’expression « Fuis-moi, je te suis. Suis-moi, je te fuis ».

Et il y a tellement d’exemples encore… A l’époque de Stendhal ou Zola, on savait encore séduire dans les règles de l’art !