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Jean d’Ormesson : cinq grands livres dans le parcours d’un Immortel

 

 

Jean d’Ormesson, parfois surnommé Jean d’O, né le 16 juin 1925 à Paris et mort le 5 décembre 2017 à Neuilly-Sur-Seine, est un écrivain, journaliste et philosophe français.

Il est l’auteur d’ouvrages, allant de grandes fresques historiques imaginaires (« La Gloire de l’empire », 1971) aux essais philosophiques dans lesquels il partage ses réflexions sur la vie, la mort ou l’existence de Dieu (« Je dirai malgré tout que la vie fut belle », 2016). Il devient membre de l’Académie Française en 1973.

Il travaille durant des années au journal Le Figaro, notamment comme Directeur Général. Il est très présent dans des émissions télévisées littéraires ou plus généralistes, où il est régulièrement invité pour son érudition et son art de la conversation.

 

Retour sur cinq de ses livres essentiels, parmi la quarantaine d’ouvrages publiés : 

 

1) « La Gloire de l’Empire » (1971)

 

En 1971, Jean d’Ormesson publie son sixième roman aux éditions Gallimard. Les cinq premiers n’ont jusqu’ici reçu qu’un succès d’estime, même si son livre « Au revoir et merci » (1966) passera plus tard à la postérité. Avec « La Gloire de l’Empire », celui qui n’est pas encore académicien remporte l’adhésion d’un public de lecteurs et des critiques les plus exigeants. Dans ce roman, l’écrivain s’amuse à imiter le style et l’emphase des grands récits historiques pour décrire un empire imaginaire dans lequel toutes les turpitudes et les manigances habituelles de la pratique politique se trouvent réunies. Il met en scène un empereur fictif, Alexis, qui combat des envahisseurs. Pour ce travail d’imagination très réussi, Jean d’Ormesson obtiendra le grand prix du roman de l’Académie française. En 2015, l’académicien déclarait : « La Gloire de l’Empire a changé ma vie. »

 

 

Extrait : « L’Empire n’avait jamais connu la paix. Il avait fallu l’édifier, et puis il avait fallu le défendre. Du fond de son histoire montait la rumeur des haches et le sifflement des javelots et les cris des mourants, le soir, après la bataille. Les forêts du nord et de l’est, les hautes montagnes du sud n’avaient pas suffi à le protéger des attaques et des invasions. »

 

 

2 – « Au plaisir de Dieu » (1974)

 

Certainement le roman le plus important de Jean d’Ormesson, son œuvre capitale et autobiographique. Il y dépeint la vie d’une famille de la noblesse française au cours du XXe siècle. Un moyen pour l’auteur de raconter son propre cheminement et celui de la famille Lefèvre d’Ormesson dont il porte le titre de comte. « Au plaisir de Dieu » permet à Jean d’Ormesson de raconter son enfance passée dans le château maternel de Saint-Fargeau (Yonne). Il sera d’ailleurs contraint plus tard de vendre cette propriété de famille. Il parlera de cette vente à contrecœur comme d’un « drame ». En 1974, Robert Kanters écrivait dans Le Figaro : « Le sujet du roman (…) c’est l’insertion de cette vieille société familiale non point paternaliste, mais patriarcale, dans la société contemporaine dont les structures tendent à s’effacer. ». Avec cette œuvre construite comme une rétrospective affective d’une histoire vécue, Jean d’Ormesson assoit définitivement sa réputation après son entrée à l’Académie française l’année précédente.

 

 

 

Extrait : « De génération en génération, nous nous étions méfiés des questions. Et de tout temps, de tout cœur, aux questions sans réponses, nous avions préféré les réponses sans question. »

 

 

 

3 – « Histoire du Juif errant » (1991)

 

Dans ce roman, Jean d’Ormesson met en scène un personnage étrange et mystérieux qui, à Venise au XXe siècle, prétend être frappé d’immortalité après avoir refusé de donner un verre d’eau au Christ durant sa passion. Le dénommé Simon Fussgänger conte ses histoires fantastiques des grandes étapes historiques du monde à un couple qui l’écoute avec attention. Juif d’Acadie répondant au nom d’Ahasvérus à l’origine, Simon passionne Marie et son époux qui se trouvent aimantés par les récits de l’homme. Dans ce roman, Jean d’Ormesson montre l’étendue de son érudition. Balayant au fil du livre les points essentiels de l’histoire des hommes à travers les siècles (Christophe Colomb, les Vikings, le calvaire du Christ…), l’académicien tente de rendre hommage avec humour et malice à la figure mythique et mythologique du juif errant.

 

 

 

Extrait : « Personne ne craignait la mort moins que lui qui n’attendait rien du ciel, ni du monde, ni des hommes. »

 

 

4 – « C’était bien » (2003)

 

Ce livre n’est pas un roman, du moins il n’est pas un roman d’imagination. Il s’agit du recueil testamentaire de Jean d’Ormesson. Pour la première fois, il évoque sans artifices ni faux-semblants littéraires son expérience, son passé, les heures les plus haletantes de sa longue et aventureuse vie. L’occasion pour l’académicien de s’interroger sur la réalité du bonheur et sur la capacité du monde à produire méchancetés et vices. Jean d’Ormesson y égraine ses passions multiples : les livres, les femmes, la mer Méditerranée… Une confession qui donne à voir les pensées intimes de l’écrivain qui, toujours avec cette douceur si particulière, aime ici à se mettre lui-même en scène. Un beau moment littéraire qui mélange la mélancolie du temps qui passe à l’allégresse d’une vie extraordinaire. Légèreté et gravité.

 

Extrait : « Rien n’est plus difficile pour chacun d’entre nous que de situer ce qu’il a fait et de se situer soi-même à sa juste mesure. »

 

 

 

5 – « Je dirai malgré tout que cette vie fut belle » (2016)

 

L’antépénultième livre testament de Jean d’Ormesson est paru l’année dernière. Ici, l’écrivain récapitule son existence en s’intentant un procès à lui-même. L’astuce narrative lui permet de revenir sur l’histoire littéraire européenne et française. On savait l’académicien très attaché à la figure de François-René de Chateaubriand, mais il se refuse à écrire des mémoires à la manière du grand écrivain de la Vallée-aux-Loups. Jean d’Ormesson confessera à la sortie de son nouvel ouvrage n’avoir vécu que pour sa réaction pendant quatre ans «Je l’ai commencé avant d’être malade, je l’ai poursuivi lentement à l’hôpital et je l’ai terminé dans les deux dernières années. (…) C’est une vie qui est dans ce livre. » L’académicien choisit pour titre de son livre la dernière ligne d’un poème de Louis Aragon : « N’ayant plus sur la lèvre un seul mot que merci, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle. »

 

 

Extrait : « Vous n’imaginiez tout de même pas que j’allais me contenter de vous débiter des souvenirs d’enfance et de jeunesse ? Je ne me mets pas très haut, mais je ne suis pas tombé assez bas pour vous livrer ce qu’on appelle des Mémoires. »

 

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L’auteur de la semaine : Marguerite Yourcenar

Cette semaine, nous vous invitons à découvrir l’auteure : Marguerite Yourcenar.

Marguerite Antoinette Jeanne Marie Ghislaine Cleenewerck de Crayencour est née le 8 juin 1903 à Bruxelles. Sa mère, de nationalité belge, meurt dix jours seulement après sa naissance. Marguerite sera donc élevée par son père, chez ses grands-parents. Elle dressera un portrait acerbe de sa grand-mère dans son roman Archives du Nord.
Son père lui fait partager sa passion des voyages et de l’Histoire Antique. Il lui apprend le latin et le grec, lui fait visiter la France, la Suisse ou l’Italie. Marguerite est très cultivée, et curieuse de tout grâce à l’éducation qu’elle a reçu de son père.
Elle publie son premier ouvrage Le Jardin des Chimères, un recueil de poèmes, alors qu’elle a seulement 18 ans. Elle le signe Yourcenar avec l’accord de son père, anagramme imparfait de son nom Crayencour. Ce nom deviendra son patronyme officiel en 1947 alors qu’elle devient américaine.

Elle publie en 1929 Alexis ou le traité du vain combat, son premier roman, écrit sous la forme d’une longue lettre d’un homme à sa femme. Dans cet échange, il lui avoue son homosexualité et met fin à des années de mensonge. Son père meurt la même année, après avoir lu ce premier roman. À partir de cette date, Marguerite Yourcenar mène une vie de voyages, en visitant Paris, Lausanne mais aussi les îles grecques ou Constantinople. D’autres ouvrages paraissent, comme Nouvelles Orientales en 1938, jusqu’à son départ pour les États-Unis en 1939. Elle va retrouver à New York sa compagne Grace Frick, professeure de littérature britannique rencontrée à Paris quelques années auparavant. Elles vivront ensemble jusqu’à la mort de Grace en 1979.

Marguerite Yourcenar connaît le succès en 1951 avec la sortie des Mémoires d’Hadrien. Dans cet ouvrage, elle fait revivre Hadrien, empereur romain du 2ème siècle. Cet homme a une personnalité très forte, il a favorisé le développement des arts dans la société et a amélioré la vie des esclaves. L’auteure a eu l’idée de cet ouvrage dès ses voyages en Italie avec son père lorsqu’elle visite la Villa Adriana, villa d’Hadrien à Tivoli. Pour écrire Mémoires d’Hadrien, Marguerite Yourcenar s’est imposée de lire tous les textes concernant Hadrien, rédigés en grec et en latin.
Le roman se présente comme une longue lettre de l’empereur Hadrien à son petit-fils et successeur potentiel, Marc Aurèle. Il lui raconte ses exploits militaires mais lui parle aussi de philosophie, et de son amour pour le jeune Antinoüs, ainsi que la douleur que sa mort a provoqué chez lui. Le roman historique, très documenté, sert de trame à l’histoire d’amour entre Hadrien et Antinoüs.
En 1980, elle est la première femme élue à l’Académie française, grâce à l’aide de son ami Jean d’Ormesson.

Marguerite Yourcenar meurt le 17 décembre 1987 à Bar Harbor et ses cendres ont été déposées au cimetière Brookside à Somesville, à côté de la petite maison en rondins qu’elle avait louée avec Grace Frick pendant les trois premiers étés du couple dans le Maine.

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Le top des ventes de la rentrée littéraire

Le palmarès L’Express/Tite-Live dévoile les meilleures ventes du 26 août au 1er septembre. Les œuvres de la rentrée littéraire de 2013 y figurent en bonne place.

Rentrée_littéraire_2013_EdilivreUn mélange France et Etats-Unis
Deux ouvrages évoquant le passé prennent les rênes de la rentrée littéraire. Jean d’Ormesson et son dernier ouvrage, Un jour je m’en irai sans avoir tout dit, enthousiasment la critique…mais aussi les lecteurs ! Il trône en haut des ventes en compagnie de la célèbre belge Amélie Nothomb et son livre sur le Japon, La Nostalgie heureuse.
Les lecteurs français ont offert une place de choix aux auteurs américains pour cette rentrée 2013. D’un côté Canada de Richard Ford, qui évoque la fuite d’un jeune homme en Amérique du Nord. De l’autre, Laura Kasischke et son Esprit d’hiver, un conte de Noël inquiétant. En clôture du top cinq des meilleures ventes, on trouve le roman de Pierre Lemaitre sur les Gueules Cassées de 14/18, Au revoir là-haut.

Des habitués des têtes de ventes
Les meilleures ventes de la rentrée littéraire ne comptent pourtant pas que des nouveautés. L’américaine Sylvia Day s’installe en sixième position des ventes avec le dernier tome de sa trilogie Crossfire : Enlace-moi, suivi du roman érotique d’E.L. James, Cinquante Nuances de Grey
Trois auteurs de la rentrée littéraire 2013 ferment ce top 10 Rentrée_littéraire_2013_Edilivre des ventes entre le 26 août et le 1er septembre : Marie Darrieussecq, une habituée du top, ainsi que l’auteur algérien Yasmina Khadra et Eric-Emmanuel Schmitt. Un ouvrage de la rentrée 2012 figure dans les vingt meilleures ventes : Joël Dicker et La Vérité sur l’affaire Harry Quebert, preuve que la rentrée littéraire peut connaître le succès sur la durée.

Avez-vous déjà lu des ouvrages de cette rentrée littéraire ? Les avez-vous appréciés ?

Article écrit avec la participation d’Audrey