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Top 5 des livres sans « Happy End »

Ils vécurent heureux et eurent beaucoup . . . Eh bien non. Parce que la vie n’est pas toujours rose, il arrive que certains romans se terminent mal. C’est le cas des histoires que nous allons vous présenter aujourd’hui. À vos mouchoirs. . .

 

La cicatrice, Bruce Lowery

la cicatrice

Vous n’en sortirez pas indemnes. « La cicatrice », c’est l’histoire de Jeff, jeune adolescent de 13 ans à la lèvre déformée. L’intrigue se déroule à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Jeff et sa famille viennent d’emménager dans un nouveau quartier. Loin de tout pathos ou ultra violence, l’auteur nous dépeint simplement le quotidien difficile de cet enfant différent. La difficulté de se faire de nouveaux amis, la cruauté de certains enfants ou encore la passage compliqué de l’enfance à l’adolescence . . . Une histoire qui nous touche tant elle nous rappelle le rejet face à la différence, encore tristement d’actualité.

 

Focus, Arthur Miller

focus

Tout avait pourtant bien commencé. Laurent Newman est un jeune cadre New-Yorkais plutôt respecté. Mais tout bascula le jour où il se rendit compte de sa myopie. Au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, ces nouvelles lunettes qui font ressortir son nez font mauvais genre . . . elles lui donnent l’air d’un juif. S’ensuivra alors une descente aux enfers progressive : rejet de ses proches et de ses collègues, licenciement, lynchage . . . Considéré comme le premier vrai roman d’Arthur Miller, « Focus » s’attaque ici à un sujet tabou pour l’époque et à la spirale incontrôlable de l’exclusion.

 

La classe de neige, Emmanuel Carrère

la classe de neige

Quand des peurs d’enfants virent au cauchemar . . . Dès le départ, le lecteur est plongé dans un suspense angoissant : que va-t-il arriver à Nicolas ? Parti en vacances en classe de neige, le séjour s’annonce compliqué. Petit à petit, toutes ses craintes vont prendre un terrible goût de réalité. À mesure que l’histoire avance, on comprend peu à peu que l’histoire est vouée à une fin tragique. Un roman que vous ne pourrez pas lâcher. « La classe de neige » a par ailleurs reçu le prix Femina en 1995.

 

No et moi, Delphine de Vigan

no et moi

L’histoire aurait pourtant pu être belle. Alors que la jeune Lou doit trouver un sujet d’exposé pour sa classe, elle décide de parler des femmes SDF. Quelque temps plus tard, le hasard mis sur sa route Nolwenn (No), une jeune adolescente sans domicile. La rencontre entre ces deux personnages totalement opposés est touchante. Va naître alors une belle histoire d’amitié entre les deux jeunes filles. Malheureusement, il arrive parfois que la vie en décide autrement . . .Habituée aux histoires plutôt sombres, Delphine de Vigan signe ici un récit aussi percutant que cruellement réaliste.

 

À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Hervé Guibert

à l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie

On termine ce classement avec une histoire particulièrement triste, d’autant plus qu’elle est autobiographique. Dans son roman, Hervé Guilbert raconte comment un ami, Bill, lui redonna espoir en lui promettant de lui ramener des États-Unis un traitement qui le soignerait du sida. Malheureusement, il ne le fit jamais. Au-delà du cheminement intérieur de l’auteur, on découvre également la prise de conscience progressive du virus dans les années 80 en France. Hervé Guibert décédera finalement en 1991 à l’âge de 36 ans.

Et vous, êtes-vous pour ou contre les fins heureuses dans les romans ?

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Religion et littérature

Sans avoir forcément pour but de nous convertir, certaines œuvres sont empreintes de religion et cela leur donne un aspect différent et elles nous plongent dans une ambiance mystique. Tour d’horizon non exhaustif d’ouvrages qui nous offrent leur représentation de la religion.

La_figure_de_Dieu_dans_la_littérature_EdilivreQuand la littérature sert à dénoncer le poids de la religion
Pendant longtemps, la religion a été imposée aux hommes. Ils n’étaient pas libres de décider s’ils croyaient ou non en l’existence de Dieu. Dès l’Antiquité, les hommes instruits se sont opposés à cette idée. Ce fut le cas de Socrate : le philosophe, accusé de pervertir les hommes et de les éloigner des valeurs traditionnelles, est mort à cause de ses idées. Critias quant à lui considérait que la religion avait été créée par un homme intelligent dans le but d’apprivoiser les hommes méchants.

Mais le Moyen-Âge et l’apologie d’un Dieu unique ont empêché pendant des siècles aux écrivains de s’exprimer sur le sujet. Ce n’est qu’au 18ème siècle que des hommes éclairés comme Voltaire ou Robespierre dénoncent la religion et l’usage qu’il en fait par le pouvoir.

Voltaire n’est pas athée mais il croit en un Être suprême, un Dieu créateur qui n’impose pas de rites de dévotion aux hommes, il est simplement présent mais impossible à cerner par la sensibilité humaine. On parle alors de déisme. Dans Candide, Voltaire présente son opinion sur la religion à travers ses personnages. Au cours des voyages de Candide, tous les vices sont commis par des figures religieuses. C’est par exemple le cas avec la figure de l’Abbé qui n’est autre qu’un imposteur qui vole Candide. Voltaire ne dénonce à aucun moment la foi, mais plutôt la complexité de la religion chrétienne et les absurdités qu’elle entraîne.

Au 20ème siècle, Albert Camus utilise un autre procédé pour dénoncer les abus de la religion : l’absurde. On retrouve cette dénonciation de la religion dans son roman l’Étranger. A la fin du roman, le personnage de Meursault est condamné à mort et s’entretient avec un aumônier qui provoque sa colère. Il ne croit pas en Dieu et en un paradis après la mort. Lorsque l’aumônier clôt l’entretien en précisant qu’il va prier pour Meursault, celui-ci explose. Tout l’insupporte chez cet homme religieux : ses certitudes, son mode de vie et sa manière de juger les hommes. Pour Camus, l’Étranger est une façon de livrer son opinion car selon lui, «  Si tu veux être philosophe, écris des romans ». 
Quand la religion sert de contexte à un roman 
La morale religieuse est au cœur du roman d’André Gide, La symphonie pastorale. Ce roman est l’histoire d’une jeune aveugle, Gertrude, qui sera vite recueillie par un pasteur. Le journal de ce pasteur sert de trame au récit : il décrit l’éducation protestante qu’il lui transmet. Mais très vite, le religieux tombe amoureux de la jeune fille. La symphonie pastorale est le récit d’un combat entre le bien et le mal, où le pasteur tente d’agir selon son interprétation de la Bible. Cependant, cela le rend malheureux car il se sent toujours coupable des sentiments qu’il éprouve pour Gertrude.La_figure_de_Dieu_dans_la_littérature_Edilivre

La religion fait partie du décor du roman policier Le Nom de la rose d’Umberto Eco. L’écrivain italien nous transporte dans une abbaye franciscaine au cœur de laquelle des crimes atroces ont été commis. C’est un moine, Guillaume de Baskerville, qui est chargé de l’enquête. Dans ce récit, il n’est pas question de dénoncer la religion, ou bien d’en faire une interprétation, elle est simplement présente dans l’esprit de tous les protagonistes. Cette plongée au cœur du Moyen-Âge nous présente également à quel point la religion était au cœur de toutes les sphères de la société.

Dans Le Royaume, publié cette année, Emmanuel Carrère remonte bien plus loin dans l’histoire de la religion chrétienne : dans son roman, nous sommes à l’aube de la création de cette religion qui va bouleverser des siècles d’Histoire. Mais plutôt qu’historien, l’écrivain se considère comme un enquêteur qui remonte la trace des origines d’une religion. Preuve qu’aujourd’hui encore, même s’il les écrivains s’en détachent, le thème de la religion imprègne la littérature.

Et vous, pensez-vous que la religion peut être au cœur d’un roman ? Quel est votre roman préféré qui traite de religion ?

 

Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_Edilivre

Que faut-il retenir de la rentrée littéraire 2014 ?

Ça y est, nous sommes en Octobre et la rentrée littéraire, cette période d’effervescence est dernière nous. De nombreux livres étaient présents sur les étagères des librairies et nous avons décidé de faire le retour après-vente de cette rentrée en vous présentant cinq ouvrages qui retiendront sûrement votre attention.

Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_EdilivrePeine perdue d’Olivier Adam

Peine perdue est le portrait des laissés pour compte de la société. Olivier Adam s’intéresse à la vie et au quotidien de ces classes populaires qui forment la société française. Ses mots sont parfois durs mais toujours percutants et saisissants. Par le point de vue de 22 personnages, l’auteur nous transmet une émotion et l’on ne sort pas de cet ouvrage indemne.

Le Royaume d’Emmanuel Carrère Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_Edilivre

Emmanuel Carrère est un écrivain à part. Il s’intéresse aux moindres détails, est curieux de tout. Dans cet ouvrage, il mène une véritable enquête sur les origines de la chrétienté et sur la résurrection. Le Royaume n’est pour autant pas un travail d’historien, mais bien d’écrivain. Il nous plonge dans cette période de l’histoire tout en s’attachant à des personnages, essayant de comprendre leurs convictions et leurs motivations pour cette nouvelle religion. Un ouvrage passionnant qui ouvre l’horizon et fait cheminer notre pensée.

Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_EdilivreL’amour et les forêts d’Éric Reinhardt

Ce roman est avant tout le portrait véridique d’une femme, de son courage et de sa volonté alors qu’elle était prisonnière d’un enfer conjugal. L’amour et les forêts devient vite une tragédie, avec pour personnage central cette femme au caractère fort, Bénédicte Ombredanne qui a elle-même demandé à l’auteur de raconter son expérience. A travers le harcèlement, Éric Reinhardt nous décrit les perversités de la société. Plongez vite dans ce roman fort !

Charlotte de David Foenkinos Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_Edilivre

On connaissait David Foenkinos pour sa manière formidable de raconter des histoires d’amours balbutiantes avec La délicatesse. C’est pourquoi nous sommes ravis de retrouver cet auteur de talent en lisant Charlotte, hommage à Charlotte Salomon, artiste morte à Auschwitz. Ce roman est presque une déclaration d’amour tant David Foenkinos est fasciné par cette femme qui a occupé ses pensées pendant 8 ans. L’auteur a enquêté sur Charlotte Salomon dès le moment où il a découvert son œuvre, pour un rendu magistral que vous devez vous empresser de découvrir !

Que_faut_il_retenir_de_la_rentrée_littéraire_2014_EdilivreL’aménagement du territoire d’Aurélien Bellanger

Le titre de cet ouvrage n’est pas glamour, et pourtant l’histoire est passionnante. Aurélien Ballanger nous raconte la création d’un empire familial à la française, dans le département de la Mayenne. La richesse arrive avec le développement du TGV et le pouvoir politique qui gravite autour de l’aménagement du territoire. L’auteur se lance dans des détails méticuleux sur la construction des lignes ou les enjeux locaux entre autres. Ce roman nous livre une partie de l’histoire de France et permet de comprendre notre société actuelle.

Et vous, qu’avez-vous retenu de cette rentrée littéraire ? Pensez-vous qu’il s’agit d’une période importante pour la littérature ?

Article écrit avec la participation de Louise

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