Tag Archives: Crimes et Châtiments


Les « mooks » : entre magazine et livre

Mais qu’est-ce que c’est qu’un mook ? Cet article vous dévoilera tout ce qu’il y a à savoir dessus !

Le_phénomène_des_mooks_entre_magazine_et_livre_EdilivreQu’est-ce qu’un mook?
Un mook est une sorte d’hybride entre le livre et le magazine. D’ailleurs le mot mook est la contraction de «magazine» et de «book». C’est généralement une revue privilégiant les grands reportages et les enquêtes approfondies, avec textes, dessins, photos, bandes dessinées, etc. Fini la dizaine de pages de publicités que vous achetez en même temps que le reste de votre magazine, une nouvelle forme de journalisme est née. Le mook, c’est donc moins contraignant qu’un livre mais plus intéressant qu’un banal magazine.

Quand et comment est-ce apparu ?
Le phénomène du mook est apparu en 2008, lors de la sortie d’une nouvelle sorte de revue : XXI. Elle comprenait 200 pages entièrement consacrées à des enquêtes approfondies. Ses fondateurs,  ont déclaré vouloir «rassembler le meilleur du journalisme avec le meilleur de l’édition», et donner du temps à l’enquête et à l’écriture. Leur succès et la rentabilité de leur entreprise dès la première année ont inspiré d’autres groupes d’édition. D’autres magazines ont adopté un positionnement proche tels que : MuzeFeuilletonSchnockCharles et Crimes et châtiments.

Pourquoi c’est tendance ?
Malgré leurs noms à coucher dehors, oui, le mook c’est tendance ! Le_phénomène_des_mooks_entre_magazine_et_livre_EdilivreComment est-ce possible ? Déjà le mook n’existe qu’au format papier, format qui est souvent mieux considéré par la cible de ce transgenre. Aujourd’hui, le mook est un objet culturel bobo par excellence, et on sait que les «bobos» valorisent plus le côté traditionnel du papier que le modernisme du numérique. En outre, comme les auteurs s’accordent plus de temps pour travailler dessus, les mooks sont souvent plus soignés, plus réfléchis et ont un meilleur aspect visuel. Dès lors, le mook pourrait-il devenir un remède chic à la dématérialisation et à l’accélération de l’information ? À première vue, ce modèle pourrait bien être la réponse à cette question. En effet, XXI dépasse systématiquement les 30 000 exemplaires vendus. Pour vous faire une idée, le dernier numéro s’est donc mieux vendu que les essais de Max Gallo.

Trop de mook tue le mook
Certains libraires ont révélé qu’ils ne savaient plus trop quoi faire ni où ranger tous ces mooks. Il en sort de nouveaux quasiment tous les mois, plus ou moins épais, plus ou moins palpitants. Tous les genres existent déjà : les généralistes (XXI, 6 Mois, Feuilleton), les futuristes (Usbek & Rica, We demain), les thématiques (Rukh sur le monde arabe), les engagés (Ravages), les décalés (Schnock, Charles, Le Tigre), les littéraires (Alibi sur le polar) et même les inclassables. Cependant, une mise en page sophistiquée ne suffit pas à faire un bon journal et un joli visuel ne compensera pas un manque d’articles de fond.

Les mooks sont-ils viables économiquement ?
Le_phénomène_des_mooks_entre_magazine_et_livre_EdilivreBeaucoup de mooks n’ont pas survécu à leur premier ou deuxième numéro. Car sans page de publicité c’est beaucoup plus difficile d’être rentable. Ainsi, le seuil de rentabilité tourne autour des 15 000 exemplaires. Pour pouvoir comparer, sachez que Charles se vend à 5 000 exemplaires, tandis que Feuilleton, Muze ou Schnock tournent aux alentours de 10 000 exemplaires. D’après Jérôme Ruskin, fondateur du mook Usbek et Rica, «Il n’y a pas un vrai marché du mook. Pour moi, le mook XXI est un accident industriel, dans le bon sens du terme. Mais il n’y a pas de place en librairie pour 20 mooks». De plus, ces revues d’un nouveau genre sont parfois considérées comme étant trop coûteuses par les acheteurs.

Et vous, que pensez-vous de ce phénomène ? Avez-vous déjà lu un mook ? Si oui, cela vous a-t-il plu ? Pensez-vous que ce mutant de l’édition survivra ?

 

Auteur_de_la_semaine_Edilivre

L’auteur de la semaine : Dostoïevski

Cette semaine nous vous proposons de découvrir l’auteur : Dostoïevski. 

Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski naît à Moscou le 11 novembre 1821. En 1838, le jeune Fiodor intègre l’École supérieure des Ingénieurs militaires de Saint-Pétersbourg. Il vit pratiquement dans la misère, se privant régulièrement de manger car son oncle, qui l’a accueilli, refuse de lui donner trop d’argent. Dostoïevski se console dans les livres, dévorant Goethe, Shakespeare, Victor Hugo et surtout Fridrich von Schiller.

Sa mère décède de la tuberculose en 1837. Son père, médecin militaire dans un hôpital moscovite, est massacré en 1839 par les serfs de Darovoié, excédés par ses mauvais traitements (il possède le village depuis 1831). Orphelin, Dostoïevski entre comme dessinateur à la direction du Génie en 1842.

Mais il démissionne très rapidement pour se consacrer à l’écriture de son premier roman, intitulé « Les Pauvres Gens » et publié en 1846. Le succès du livre propulse l’auteur en héritier de Gogol et il fréquente assidûment les salons où on raille volontiers son manque de manières. Ivan Tourgueniev ira même jusqu’à lui consacrer une satire entière. Dès 1847, cherchant à se maintenir à tout prix dans les milieux intellectuels, il fréquente les anti-absolutistes et leur leader, Mikhaïl Petrachevski, plus par opportunisme que par conviction politique. En 1849, tous les membres du cercle sont arrêtés – dont Dostoïevski. Ils sont condamnés à la déportation au bagne de Omsk (Sibérie), en 1850.

Sa peine prend fin en 1854 et l’auteur est affecté en tant qu’officier dans un régiment de Sibérie. Sur place, il rencontre Maria Dmitrievna Issaïeva, qu’il épouse en 1857, et reprend l’écriture. Il rédige notamment « Souvenirs de la maison des morts » où il romance ses années de bagne. Il obtient sa retraite militaire en 1860, rentre à Saint-Pétersbourg et fonde avec son frère la revue  » Le Temps « . La censure la fera interdire en 1863, mettant en cause un article sur la révolution polonaise.

Il voyage pour la première fois en Europe en 1862 et rencontre Apollinaria Souslova, sa future maîtresse. Peu après son retour, sa femme et son frère meurent tous les deux en 1854. Très endetté, il développe une passion maladive pour les jeux de hasard. Il voyage de plus en plus souvent pour éviter d’avoir affaire aux créanciers. Souslova refuse sa demande en mariage et Dostoïevski épouse en 1857 sa secrétaire, Anna Grigorievna Snitkine. S’ouvre alors, une période de sa vie beaucoup plus sereine et paisible.

Il cesse de jouer et se focalise sur l’écriture, écrivant plusieurs de ses œuvres majeures, notamment « Crimes et Châtiments » en 1866, « L’Idiot » en 1869 et « Les Frères Karamazov » en 1879. En 1880, son Discours sur Pouchkine est acclamé dans toute la Russie, notamment par la jeunesse et les intellectuels (dont son vieil ennemi, Tourgueniev). Dostoïevski y exalte le rôle international de la Russie et le nationalisme de son pays. Il meurt le 9 février 1881 à Saint-Pétersbourg. 30 000 personnes se massent à ses obsèques pour fêter celui qu’on considère comme un héros national.

Auteur_de_la_semaine_Edilivre