Interview écrite


2 mars 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Sytoun, auteur de « Bon »

Présentez-nous votre ouvrage

« Bon » est un témoignage de la vie dans la cité. J’ai inventé une histoire fictive, mais en m’appuyant sur des faits et des cas réels et même parfois fréquents dans les milieux qu’on qualifie de « quartier chaud ». L’histoire raconte le parcours de Selim, un jeune qui est à la base bien entouré. Dans le sens où il a une famille qui l’aime, de vrais amis et une petite amie fidèle. Mais que l’appel de l’aventure au sens où il l’entend, l’argent facile des trafics et les mauvaises fréquentations, particulièrement celle d’un camarade charismatique influant, le font tomber dans le côté obscur petit à petit où il finit par devenir un délinquant, alors que lui-même n’est pas foncièrement mauvais.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

J’ai connu beaucoup de cas semblables, notamment dans mon entourage (au sens large). Le milieu je le connais très bien et j’estimais que c’était important d’en parler. Surtout d’insister sur certains aspects que les gens ne remarquent pas forcément dans la vraie vie.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

À l’origine, quand j’ai écrit ce livre, c’était vraiment pour les plus jeunes qui sont susceptibles de basculer dans ce genre de situation, pour leur montrer la réalité du terrain, leur dire de ne pas se bercer d’illusions. Les jeunes, vers l’adolescence, n’écoutent pas toujours leurs parents mais quand c’est les grands qui ont vécu les choses qui leur expliquent, ils sont bien plus réceptifs en général.
Après, je pense que tout lecteur assez mature peut lire mon ouvrage. Mis à part les gens familiers avec le milieu qui représentent à peu près les trois quarts de mon lectorat, je pense que « Bon » peut parler aussi à des gens qui seraient intéressés par les témoignages, qui aiment bien les émotions fortes, car il y a beaucoup d’émotion, de mélancolie… A mon sens, il n’y a pas vraiment de limite, tout le monde peut lire mon ouvrage mais il y a quand même des passages assez durs, voire choquants, donc pour les personnes sensibles je ne suis pas sûr que ce soit recommandé.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Simplement je voulais livrer un témoignage le plus fidèle possible à la réalité du terrain et insister sur des aspects un peu méconnus, par exemple qui sont les jeunes qui sombrent dans la délinquance, que tous n’ont pas un mauvais fond et que dans la banlieue que certains voient quasiment comme des capitales du crime, il y a aussi de braves gens. L’histoire est fictive mais basée sur des faits réels et assez fréquents. Et à l’origine, le message principal est destiné aux jeunes qui peuvent se reconnaître dans le personnage principal.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Pour ce roman, et pour pratiquement tous mes ouvrages engagés, je m’appuie sur la réalité du terrain, en essayant à chaque fois de rester le plus objectif possible. Des fois je rajoute de la fiction pour l’aspect romanesque, pour mieux parler au lecteur et aussi parce que je veux éviter qu’on pense que j’écris une autobiographie, ce qui n’est pas le cas.
Après, je ne suis pas du tout focalisé sur un seul genre, j’écris parfois aussi des fictions très variées, de la SF, des polars… auquel cas je m’inspire des lectures qui m’ont plu, plus une part d’imagination. Pour ce qui est de mes lectures, c’est vraiment très varié. Je suis capable de passer d’une science-fiction à un essai politique.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Dernièrement, j’ai sorti en autoédition sur Bookelis mon recueil « Ombre Claire« , qui regroupe surtout des essais autour de l’actualité et des témoignages. Il y a une dizaine d’œuvres incluses dont quatre sont disponibles gratuitement sur Short Edition et monbestseller.com en guise de promotion. J’ai été très satisfait des retours autour de ce projet et de sa réussite, alors j’ai décidé d’autoéditer tous les trois ou quatre mois un nouveau recueil, cette fois en essayant de plus varier mes registres. Actuellement on a terminé l’écriture du prochain recueil qui sera en commun avec une amie et collègue auteure. On devrait le sortir début 2018, si tout se passe bien. Quant aux livres dont je suis vraiment très satisfait, je compte les proposer éventuellement à des éditeurs, comme Edilivre. Les grandes maisons d’édition ne m’intéressent pas particulièrement. Avant tout j’écris des livres qui me plaisent parce que j’aime ça, et en plus je suis fier de voir qu’il y a des gens qui adhèrent. Ça me suffit très largement, je ne suis pas dans une optique de vouloir vivre de mon écriture.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

Je veux déjà remercier tout d’abord mes proches qui me conseillent, me servent de comité de lecture pour valider ou non mes livres, et qui m’aident à gérer ma promotion quand j’ai besoin d’aide. Merci à Edilivre pour l’interview et pour avoir accepté un de mes ouvrages. Ensuite je veux remercier tous les lecteurs qui m’ont soutenu, qui m’ont permis de réaliser et de faire marcher mes projets. Pour ceux qui ne me connaissent pas, vous pouvez suivre mon actualité littéraire sur Facebook : Sytoun Shb. Vous pouvez regarder mes livres disponibles gratuitement pour découvrir mon univers. Tous les trois à quatre mois, j’essayerai de sortir un nouveau recueil et éventuellement de temps à autre un ouvrage à compte d’éditeur, dans la mesure du possible. L’aventure ne fait que commencer…