Rencontre avec Saraï DAVID, auteur de « Au gré des vents »

Présentez-nous votre ouvrage

Voici un ouvrage qui aborde le chômage et l’amour inconditionnel pour la nature. C’est en quelque sorte un livre new age car la recherche identitaire du personnage trouve sens et grâce par la nature, qui devient au fil des pages comme une vie nouvelle qui entre dans son sang. C’est un livre dans lequel le symbolisme est très présent.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

Nous sommes désormais très nombreux à connaitre le problème du chômage, il me paraissait important d’en parler. Les chômeurs d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a 30 ans, les hauts diplômés ne trouvent plus de travail stable, les emplois qui mettent les gens dans la grande précarité pullulent.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

A ceux qui veulent comprendre le chômage vu de l’intérieur, sans rester sur des statistiques. Egalement à ceux qui ont peut-être besoin de se sentir moins esseulés et isolés par ce statut pointé du doigt par l’état comme une paresse volontaire.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Ne pas se décourager même si l’absence de travail dure sur plusieurs années. Si la recherche d’emploi ne porte pas ses fruits, continuer à garder une tète solide et des projets d’avenir. A petite échelle, ce à quoi on s’intéresse deviendra un projet de vie. On peut tous changer d’existence.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans le vécu.

(extrait)

« Obsédée par la recherche d’un emploi qui s’avérait fictif, béatrice réalisa qu’elle passait son temps à circuler à pied dans les rues du centre-ville, là où il ne faisait pas bon vivre. La pollution au monoxyde de carbone en constante augmentation et celle du wi-fi permanent l’étouffait. Elle avait besoin d’oxygène. De ventiler ses poumons.

Des rendez-vous avec Pôle emploi, il y en eut, mais pas de galants. Chaque mois, on la conviait voir son hypocrite conseiller qui faisait une obsession sur les cours à domicile. Béatrice, presque égarée par la confusion de sa fixation, tentait timidement , maladroitement de préciser : « mais je cherche un emploi stable, pas un job pour arrondir les fins de mois… ». La main levée en signe d’autorité non remise en question, le conseiller lui disait qu’il fallait en passer par là, qu’avec un bac +5, niveau bac +6 en philosophie, elle ne pouvait pas décrocher de suite un CDI. »