Interview écrite


23 mars 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Khaled Slougui, auteur de « Éloge de la déradicalisation »

Présentez-nous votre ouvrage

Au terme de ce témoignage, je rappelle que l’objectif n’est surtout pas de proposer à mon tour un « kit » de la déradicalisation. Ce que j’ai développé résulte d’une expérience pratique de terrain qui tient largement compte du plan national de prévention et des orientations définies par les pouvoirs publics. Dans ma démarche j’essaie de susciter des interrogations, bousculer des idées reçues, et instiller le doute concernant un bilan trop hâtif des actions menées dans ce domaine.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

La problématique de la radicalisation se pose avec acuité, et pour y faire face, la gérer, il est impératif de changer de méthode, mais aussi de paradigme.
C’est ce qui justifie la pertinence d’une approche comparative ; pourquoi les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets, dans l’espace et dans le temps ?
Ce faisant, j’affiche clairement le vœu de tirer les exposés sur l’Islam de la malveillance ou du moins des stéréotypes où ils sont très souvent enfermés.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

L’ouvrage adopte un style très accessible, il s’adresse à tout type de lecteur : le profane dans ce domaine, comme l’initié.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

La sortie et le décrochage d’un processus de radicalisation sont tout à fait faisables, d’où l’éloge. Les idées grotesques et saugrenues, qu’elles concernent le culte ou les comportements de la vie quotidienne peuvent être battues en brèche, moyennant une argumentation logique et l’appel à la raison.
Ce qui a été acquis comme doctrine, n’en déplaise aux défaitistes, peut dépérir et être dépassé au profit d’idées raisonnables, rationnelles, en accord avec le sens commun. Surtout quand elle résulte de falsifications, de mensonges et de dissimulations.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans ce qui ne rentre pas dans le moule, ne fait pas partie d’un kit, fait diversion de par sa diversité même. Mais aussi dans l’affirmation de soi et la recherche de l’autre.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?

Je ne suis pas un écrivain. Je pourrais écrire selon l’humeur, je suis mon instinct.
Mais disons que ce qui me fait vibrer, c’est le rapport à l’Autre ; donc la problématique du vivre ensemble m’intéresse en particulier.

Un dernier mot pour les lecteurs ?

La citoyenneté transcende toute appartenance, c’est cela aussi le réflexe laïc.
Nul n’est à l’abri de réussir (Khalil Gibran).