Rencontre avec…Timothée Lasfargues

Timothée Lasfargues, Old Tree Valley est votre premier roman publié chez Edilivre. Que pouvez-vous nous en dire ?  C’est une longue histoire ! A la base, il s’agissait d’un scénario de jeu vidéo. J’avais rédigé un long dossier de plus de 80 pages (comprenant scénario, personnages, quêtes principales et secondaires, bestiaires, arsenal…) que j’avais envoyé à différents studios de développement Français. Mais à chaque fois, les réponses furent négatives. En réalité, il n’y a eu que deux personnes – qui sont aujourd’hui de bons amis et que je tiens à saluer – qui m’ont contacté pour me donner conseils. J’ai tenté de suivre ces conseils, réduisant mon dossier à 8 pages, mais là encore, cela n’a pas marché. Le monde du jeu vidéo, tout comme celui de l’édition, est très fermé. A mon grand regret, il s’intéresse davantage à de nouveaux gameplay plutôt qu’à de bonnes histoires !

J’ai donc décidé de faire de mon projet un roman, avec l’idée que si un jour, je me faisais éditer, cela me donnerait peut-être une crédibilité auprès des studios.  C’est aujourd’hui chose faite ; en « Coup de Cœur » en plus ! Je garde donc espoir.
Écrire un roman d’après un scénario vidéo-ludique est d’ailleurs une riche expérience. Le scénario lui-même m’a permis de développer l’intrigue : ainsi, je me suis sans cesse demandé, par exemple, quels types d’ennemis le joueur pouvait être à même de rencontrer ? Cela m’a amené à me demander « D’où viennent-ils ? Pourquoi sont-ils là ? ». Rechercher des réponses à ces interrogations m’a poussé à développer de nouveaux éléments qui devaient s’intégrer de manière cohérente à l’histoire. Si je prends, par exemple le gang des drogués – ennemis qui n’étaient pas prévus initialement – il m’a fallu développer leurs origines : de ce fait, l’apparition de leur chef, du Professeur Bergman et de ses expériences, tout comme  l’intégralité  des chapitres se déroulant à la Clinique Privée en ont découlé. Par extension, c’est le mystérieux décès de la mère de l’héroïne qui prenait tout son sens !

Mais évidement, tous les éléments prévus dans le scénario n’ont pas pu être intégrés dans le roman : on n’écrit pas un jeu vidéo comme on écrit un livre ! Mais j’ai toutefois tenté d’être le plus fidèle possible à la trame de base, même si je devais faire des sacrifices. Des éléments ont certes été juste évoqués dans le roman alors qu’ils avaient une certaine importance dans le scénario, mais d’autres ont été totalement improvisés !

 Qu’est ce  qui vous a poussé à écrire ce livre ?  J’ai toujours aimé écrire. Au collège déjà, j’avais des facilités en rédaction, où  je recevais régulièrement des notes entre 14 et 18 sur 20. Mais étant donné que mes études se sont orientées vers l’Audiovisuel, c’est donc tout naturellement qu’Old Tree Valley se destinait à être un scénario. Mais comme je l’ai expliqué plus haut, tout ne s’est pas passé comme prévu…

Où avez-vous trouvé l’inspiration pour l’écriture de ce roman ? J’ai eu l’inspiration d’Old Tree Valley en allant courir près de chez moi, dans un quartier appelé « Les Buttes Blanches », à Herblay (dans le Val d’Oise, 95).
J’ai toujours été très sensible aux cadres qui m’entourent, et celui-là était idéal ! C’est un petit quartier résidentiel d’une quarantaine d’années, qui, de part sa proximité avec la forêt qui l’entoure, semble un peu « perdu » au beau milieu des bois. Je me suis donc demandé ce qui pouvait bien s’y passer si ce cadre vert était bouleversé par des éléments extérieurs. Progressivement, un Vieux Chêne s’y est logé, puis une grande société industrielle, puis un monde entièrement végétal. De fil en aiguille, un contexte – et donc une histoire ! – était né, que j’ai développé.
Je pense aussi avoir été – ne serait-ce qu’inconsciemment ! – influencé par le jeu vidéo Silent Hill 2 : je venais de le terminer quand j’ai eu mes premières idées. Il faut dire que ce jeu m’avait laissé une très forte impression, en termes de scénario et de mise en scène ! C’est cela que je voulais faire : un jeu marquant où l’on pouvait théoriser ; une œuvre qui aurait dépassé le statut de simple jeu pour s‘ériger au rang d’Art… J’ai toujours pensé que cela était possible, car je connais bon nombre de titres qui ont atteint cette perfection.

Quel message souhaitez-vous faire partager à vos lecteurs ?  Il y a un message principalement écologique dans Old Tree Valley. En fait, c’est la morale la  plus développée dans l’histoire. La Nature y joue un rôle très important. Le Vieux Chêne est d’ailleurs une sorte de personnage à part entière, malgré son statut d’arbre légendaire.
Je développe également des messages de respect et de bravoure et je dénonce les dangers des extrémismes, qu’ils soient religieux, industriels ou idéologiques, à travers la personnification des personnalités du Monde Végétal.

Si vous deviez définir votre style d’écriture, ce serait lequel ?  C’est une bonne question ! Je pense qu’elle est fluide et sincère, car je ne fais pratiquement jamais de brouillon ! Certes, j’ai un plan général, où je sais que je vais aller d’un point A à un point B, mais prévoir ce qu’il va se passer entre les deux ne m’est pas toujours facile car je me laisse totalement guider par ma plume !

A quel auteur rêveriez-vous  être comparé ?  Etre comparé à Stephen King serait plus que flatteur, mais encore trop prétentieux à mon niveau. Je suis conscient qu’Old Tree Valley constitue mon tout premier roman et qu’en cela, il est loin d’être parfait ! Mais les avis sont très positifs et encourageants ! Quelqu’un m’a même comparé à Hayao Miyazaki et son Princesse Mononoké…. Vous ne pouvez pas imaginer le bien que ça m’a fait !

Bientôt un deuxième livre publié chez Edilivre ?  La suite d’Old Tree Valley est scénarisée sous forme de jeu vidéo depuis près de deux ans. Il faudrait que je prenne le temps de m’y lancer, et c’est sans doute ça, le plus dur !