Interview écrite


Thierry-Marie_Delaunois_Edilivre
24 février 2014
Posté par
Flora

Rencontre avec Thierry-Marie Delaunois, auteur de « Raconte-moi Mozart… »

Thierry-Marie_Delaunois_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots…
D’accord! « Raconte-moi Mozart… » est une sorte de mélodrame contemporain mettant en scène un vieil homme aigri et solitaire, une petite fille délurée mais fragile, et une Africaine proche de la trentaine, ces trois personnages étant très différents les uns des autres, l’histoire se déroulant dans les Alpes-de-Haute-Provence, à l’approche de Pâques, une météorite menaçant de s’écraser incessamment sur la région. Mais dans ce cinquième roman, œuvre qui suit « L’île joyeuse », on trouve également de quoi rire et sourire, surtout avec la petite Juliette qui préfère qu’on l’appelle Colibri.

Pourquoi avoir écrit ce roman ?
Je préférerais répondre à la question « Qu’est-ce qui vous a motivé à écrire ce roman? », et ma réponse est: « j’aime l’humain, les sentiments, visiter et sonder les relations, les passions, et comme j’ai une certaine facilité à trouver mes mots, je ne pouvais en fin de compte m’exprimer que par l’écriture, exprimer ma vision du monde et des confrontations par des dialogues que l’on a parfois qualifiés d’endiablés. Exprimer l’indicible ou tenter de décrire l’indescriptible, c’est un réel défi que j’aime relever même si les mots sont à l’occasion superflus et, dans ce cas, mes phrases sont courtes, sans verbes.

A quel lecteur s’adresse votre œuvre ?
A quel lecteur ? A tous ceux et celles qui ont des affinités avec la langue, le verbe et l’expression toujours essentiels en ce monde, qui aiment s’évader par la lecture pour soit s’échapper du quotidien, soit trouver un écho à leurs propres aspirations au travers de l’un ou l’autre des personnages, à tous ceux et celles que la vie n’a pas gâté car ils trouveront dans ce roman un certain réconfort qui devrait les apaiser. Ici je n’en dis pas plus : je laisse au lecteur le soin de découvrir par lui-même ces petites choses qui font parfois toute la différence, une fameuse différence !

Quelles sont les principales qualités de votre roman ?
Pardon mais je n’aime pas trop cette question et je répondrai plutôt à celle-ci : « En quoi votre roman pourrait-il plaire ? ». Le caractère réaliste mais terrifiant du personnage d’Oscar, la personnalité attachante de la petite Juliette et la jovialité souvent démesurée de l’Africaine devraient interpeller le lecteur jusqu’à la moelle, l’amusant dans un premier temps, le touchant ensuite par certaines situations qui frôlent l’absurdité, voire l’hilarité. Dans notre vie de tous les jours, il nous arrive de vivre de ces choses dignes… d’un roman, nous le savons tous, n’est-ce pas? Mais s’il a malgré tout une qualité, d’après mes proches qui l’ont lu, ce serait le style et l’écriture-même dépourvue de superflu.

Quel message cherchez-vous à transmettre à travers « Raconte-moi Mozart… » ?
Ah! Le message… le sens à donner à cette œuvre, il est double ; je laisserai le lecteur le découvrir mais je vous donne ici malgré tout quelques indices sous forme de questions : « A s’enfermer dans sa bulle, est-on réellement protégé de tout? A s’isoler des autres, retire-t-on tout de même quelque chose de positif, de la vie ? Et peut-on à tous les coups tirer du positif du négatif, d’un événement perturbant ? Je laisse le lecteur méditer sur ces points tout en leur donnant un début de réponse sous la forme d’une dernière question: « Avez-vous réussi votre vie principalement grâce aux autres, par une certaine forme d’entraide, ou connaissez-vous éventuellement quelqu’un vivant de sa réussite, d’un succès obtenu par la seule force de ses efforts, aidé de personne ? » Voilà!

Où puisez-vous votre inspiration ?
Un peu partout ! Dans les contacts, les paroles d’autrui, les faits du quotidien, les situations de conflit et de blocage… Quand l’on regarde avec attention autour de soi, on découvre bien vite que beaucoup de gens triment pour pas grand-chose au final ou rament sans cesse avec des résultats rarement proportionnels aux efforts accomplis. Il y a du désespoir, de la souffrance, de la détresse. Empathique de nature, je sens et ressens ces sentiments qui chez moi ne tardent jamais à faire surgir l’une ou l’autre idée aussitôt suivie de sa concrétisation par les mots… une histoire si possible originale et réaliste. Voilà comment cela se passe chez moi et… en moi !

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Ici, je vais me taire, ou presque, car je compte opérer par surprise. J’ai actuellement deux projets en chantier, non loin d’être finalisés, sous forme de manuscrits dont l’un est une collaboration amicale avec une personnalité ; je lui ai promis le silence jusqu’à la concrétisation finale du projet sous la forme d’une publication notamment. Désolé de faire tant de mystère mais j’accepte néanmoins de vous dévoiler que le rire, parfois même le fou rire, sera au rendez-vous, devant mener par la suite le lecteur ou le spectateur à une réflexion plus profonde sur… lui-même et sa capacité à gérer le quotidien et ses ratés.

Vous dédicacez vos deux derniers romans à La Foire du Livre de Bruxelles, et ensuite ?
Au prochain Salon du Livre de Paris, en mars, ensuite une nouvelle fois à Bruxelles en mai, puis encore au moins deux fois cette année principalement en Belgique francophone.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Volontiers, et il est double. Tout d’abord, pourquoi ce titre « à la Saint-Exupéry » comme me l’a fait remarquer E.-E. Schmitt himself lorsque j’ai eu l’occasion de lui en parler en octobre 2013? Mon œuvre est partiellement vue par le regard d’une petite blondinette de sept ans très curieuse, attentive, qui aime qu’on lui raconte des histoires, et Mozart occupe une belle place dans sa vie comme dans la mienne. Ensuite, j’aimerais vous citer Saint-Augustin : « Le genre humain est avide de connaître la vie d’autrui mais jamais pressé de corriger la sienne. » Voyez Oscar, le pauvre homme de mon récit, où il en est arrivé. Il n’est jamais trop dur de se corriger soi-même, osons l’effort, les bienfaits suivront. Merci à vous !