Interview écrite


9 avril 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Sylvie JULIEN, auteur de « La Nuit du Hameau »

Sylvie_JULIEN_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage ?
L’histoire se situe justement en Normandie, sur les deux rives de l’estuaire de la Seine séparant deux régions, qui bientôt seront réunies en une seule entité.
C’est l’hiver 2004. Cécile passe quelques jours de vacances avec sa fille et son mari. Ce dernier a tout organisé, louant une maison au cœur d’un village perdu entre campagne, mer et forêt. Ce mystérieux Hameau semble désert. La neige, qui tombe sans discontinuer, isole peu à peu la Villa Clara, une vieille demeure hantée par le portrait étrangement vivant d’une jeune femme brune. Cette ambiance aux confins du surnaturel convient autant à Zoé, une enfant attachante et intuitive, qu’à sa mère, qui décide de profiter du climat feutré de la villa pour commencer à écrire le récit fantastique qu’elle prépare depuis des mois.
Pendant ce temps, à la lisière du Hameau, un homme brisé prépare le dernier acte de la folle comédie de sa vie.
Rien ne préparait en apparence Cécile à croiser le destin d’un tel personnage… Pourtant, peu à peu, l’existence tranquille de la jeune femme va se fissurer, jusqu’au drame ultime de cette funeste nuit.
La nuit du Hameau est le récit par Cécile, presque dix ans plus tard, des évènements terribles qui ont bouleversé sa vie.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
J’ai voulu montrer qu’au-delà des apparences, dissimulés sous l’enveloppe rassurante d’une vie ordinaire, peuvent se cacher des secrets, parfois terribles. Selon les circonstances, les interactions avec l’extérieur, ces secrets resteront enfouis, ou éclateront au grand jour, entraînant des conséquences irréversibles…

Pourquoi avez-vous choisi cette image comme couverture ?
La Colombine de Zymund Kozimor évoque tout d’abord un souvenir occulté longtemps par mon héroïne. Jeune, lors d’un bal costumé organisé en son honneur, mais dont elle s’était sentie exclue, la fragilité de son existence et l’incertitude de l’avenir lui étaient apparues.
Sous son costume de carnaval, cette jeune Colombine figurant en couverture est à l’image de Cécile. Sa beauté, sa jeunesse, réfléchies dans un miroir évoquant aussi une toile d’araignée, semblent se fissurer, à l’image du destin qui l’attend.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
A tout lecteur qui aime s’immerger dans une ambiance de suspense, où rien ne se passe comme prévu. Il s’adresse aussi à ceux qui s’interrogent sur le pourquoi de la survenue d’événements, de faits-divers, au premier abord inexplicables.

D’où vous vient cette passion pour les romans à suspense ?
J’aime chercher à comprendre les origines des comportements humains, ou des événements. Je cherche toujours à voir au-delà des apparences, et du réel brut.
Je crois que je n’aime ni les certitudes absolues, ni les personnages convenus ou stéréotypés, à facette unique.
Et, bien sûr, le fait de s’immerger dans un roman à suspense, personnellement, me détend totalement et me fait oublier mes soucis. C’est peut-être paradoxal, compte tenu des situations stressantes vécues par les personnages !

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Au-delà du plaisir pur de lire un roman à suspense, mon livre aborde différent thèmes : les rêves et les désillusions de la jeunesse, notamment au travers des personnages de Cécile, Mireille, Rémi, celui de la maltraitance, de ses causes possibles et des conséquences qui peuvent, parfois, en résulter. Le monde de l’enfance transparaît également au travers du personnage de Zoé. Enfin j’évoque la difficulté du travail d’écriture.

Vous êtes-vous basée sur certains de vos traits de caractères pour créer le personnage de Cécile ?
Je ne suis pas Cécile, bien sûr, même si je lui ressemble par certains aspects. Mon héroïne tente, elle aussi, d’écrire, ces allers et retour entre imagination et monde réel, sont parfois sources de malentendus avec son entourage. Elle exerce comme moi un métier en lien avec des personnes fragilisées par la vie, et cette confrontation entre le réel et le travail créatif d’écriture restitue un équilibre indispensable. Sa fille, Zoé, ressemble aussi par certains côtés à l’enfant que j’étais.

Où puisez-vous votre inspiration ?
On me demande souvent si, pour mes personnages, je m’inspire de personnes de mon entourage. En réalité, je «pioche» ici et là, par petites touches, des traits de caractère, des réactions… Je trouve en fait mes sources d’inspiration partout, et à n’importe quel moment. Ça peut être une rencontre, un fait divers, un paysage, une ambiance, une conversation, une musique. Lire m’apporte aussi beaucoup. La vie entière est source d’inspiration.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je travaille sur une suite de «la nuit du Hameau». Nous y retrouverons Zoé, aux prises avec les difficultés de son existence de jeune fille de quinze ans marquée par le drame vécu dans son enfance. L’amitié de Zoé pour Lucie, un personnage évoqué dans la nuit du Hameau mais que l’on ne rencontre pas, sera au cœur de ce prochain roman.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Je souhaite qu’ils prennent autant de plaisir et d’intérêt à lire la nuit du Hameau que j’en ai eu pour l’écrire. Mes personnages, principaux et secondaires, me sont devenus si familiers que j’ai l’impression de leur avoir donné vraiment vie ! Je ressens un véritable attachement pour eux, comme s’ils existaient.