Rencontre avec Suzanne de Mosedamgaard

Suzanne de Mosedamgaard, vous avez écrit L’envol des hirondelles. Quel message avez-vous envie de laisser à vos lecteurs à travers cet ouvrage ? De nos jours, on a tendance à évoquer  la fin des années 60 comme étant des années « folles » ,  des années d’insouciance et de liberté. La réalité était bien différente, surtout dans les petites villes de province puisqu’il nous fallait attendre d’avoir 21 ans pour vivre notre existence à notre guise et ne plus subir l’autorité abusive et stricte de nos parents et la bêtise de la société qui nous tracaient une conduite de vie à suivre sans se soucier de nos besoins et de nos désirs... Nous n’avions pratiquement aucun droit et la sexualité était un sujet tabou et un droit  reservé aux couples mariés et bénis par l’Eglise... Quelle bêtise ! Les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas conscience de ce qu’ont vécu leurs parents et ignorent tout des embûches de tout genre qui ont entravé leur chemin du bonheur et de la liberté.  Dans cet ouvrage, j’ai voulu m’adresser à eux afin qu’ils puissent s’imaginer ce que serait leur vie si les mentalités n’avaient pas évolué, et si le respect de leur besoins n’était pas devenu un élément primordial. Pourquoi ce titre ? Donner un titre poétique à cet ouvrage m’avait paru de circonstance car des hirondelles sont citées dans celui-ci, et ce titre m’était très vite venu à l’esprit,  bien qu’il fasse  penser à une histoire ornitologique alors que ce n’est pas du tout le cas. Mais avec du  recul, j’avoue que je le regrette car bien des gens pensent justement que cet ouvrage est  destiné aux amoureux des oiseaux.  Je pense qu’il attirerait bien plus de lecteurs/lectrices si je l’avais intitulé, par exemple : «  Ma mère, mon ennemie ».  Ce qui d’ailleurs aurait été bien mieux approprié puisque mon héroïne menait une bataille contre sa mère, autant que contre la société dont la bêtise était ancrée profondément. Est-ce votre premier livre ? Quand vous êtes-vous lancée dans l’écriture ? C’est  en effet  mon premier livre. Du moins le premier  que j’ai terminé et que j’ai osé présenter à un éditeur. Dans les année 80, j’avais écrit des histoires pour enfants qui ont terminé leur vie  dans un tiroir. Puis au début des années 90, je m’étais lancée dans l’écriture d’un roman autobiographique que j’avais fini par laisser tomber, car non seulement je craignais de blesser un grand nombre de personnes, mais je pensais aussi que cette histoire n’intéresserait personne et qu’aucun éditeur ne verrait d’intérêt à le publier... Il m’aura fallu être dans une situation morale désastreuse, nécessitant une évasion totale du quotidien pour que je me remette à écrire, et c’est à ce moment-là que  j’avais décidé de faire un envol en arrière et d’écrire «  L’envol  des hirondelles » . Quels sont les auteurs dont vous vous sentez inspirée ou proche ? Pendant mon adolescence, je dévorais, entre autres,  les oeuvres de Colette, de André Gide,  de Guy des cars et de Hervé Bazin. Puis les romans de Lobsang Rampsa m’avaient  captivée. Ensuite,  j’ai eu du mal de m’accrocher à d’autres auteurs, et  la parution de « La bicyclette bleue » de Régine Deforges, et « La ferme africaine » de Karen Blixen m’ont confirmé que mes penchants littéraires allaient dans ce sens car ils me permettaient de m’évader  sans que je doive y apporter des réflexions philosophiques  ou des critiques. Je ne m’en inspire pas pour autant et je fais uniquement appel à mon imagination. Avez-vous d’autres projets en cours ? Edilivre vient tout juste de publier mon second ouvrage, bien différent du premier puisqu’il  traîte un sujet sensible qui  remet  en question  la liberté d’expression qui en fait est limitée,  les droits fondamentaux des citoyens,  et la démocratie . Une démocratie qui saigne en silence dans ma patrie adoptive qu’est le Danemark, alors que tous les pays démocratiques la prennent, à tort,  en exemple... J’ai quelques idées pour d’autres écrits, dont celle de plusieurs courtes histoires de suspense que je j’assemblerais dans un seul livre, car après avoir participé à un concours proposé par Edilivre en octobre dernier, j’ai envoyé l’objet  de ma participation à plusieurs personnes qui m’ont dit avoir été en haleine du début jusqu’à la fin de sa lecture,  et qui m’ont demandé de vite me remettre à la plume...  Donc, j’envisage de la remettre entre mes doigts dès que possible et de faire travailler mon imagination car  mon souhait  est de faire plaisir et de donner aux lecteurs/lectrices quelques heures d’évasion dont nous avons tous besoin pour chasser un peu le stress du quotidien....      

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