Rencontre avec Stéphanie Michineau

Edilivre : Stéphanie Michineau, pourriez-vous vous présenter de manière détaillée pour vos lecteurs? Je suis spécialiste de Colette : l’obtention de ma thèse Autofiction dans l’œuvre de Colette a parachevé un long et passionnant travail de recherche sur l’écrivaine… qui date de 1995. Je suis auteure au sens large puisque j’écris des articles pour diverses revues : la Société des amis de Colette au premier chef, la Faute à Rousseau (la revue de Philippe Lejeune sur l’autobiographie) entre autres. Je donne également des conférences nationales et internationales. Edilivre : Vous avez fait une thèse qui a fait pendant à votre ouvrage "Construction de l'image maternelle chez Colette de 1922 à 1936". D'où vous vient cette passion pour Colette?   Ma première lecture de Colette date du collège mais étudiée de manière scolaire, celle-ci, je l’avoue, m’avait peu marquée. Je l’ai véritablement redécouverte à mes 18 ans. Franchissant le cap qui me menait vers l’âge adulte, j’ai pris réellement la mesure de la portée de ses livres qui relèvent parfois de véritables ‘leçons de vie’, d’un art de vivre en fait ! Edilivre : Vous avez deux ouvrages publiés chez Edilivre, un universitaire et un recueil de poésie. Comment expliquez vous ce changement de registre? L’écriture de Pensées en désuétude (le recueil de poésie auquel vous faites allusion et pour lequel j’ai choisi le pseudonyme de Fanny COSI ) date à proprement parler de 1994 à 1996 ; à vrai dire, j’avais laissé le manuscrit dans mes tiroirs… mais un événement bouleversant que je mentionne page 112 du recueil en a précipité la publication... Pour répondre plus précisément à votre question, je ne conçois pas Pensées en désuétude pour autant, comme un changement de registre mais plutôt comme un déplacement de registre. Je m’explique : à rebours d’une critique académique qui croit en une vérité unanimement partagée ( ?!) qui émanerait des textes des grands écrivains, je pense que la critique fait toujours appel, qu’elle l’assume ou non, à une certaine subjectivité. Tapi dans l’ombre dans mes essais, je remercie Edilivre de m’avoir donné l’opportunité cette année - en en favorisant la publication - de déployer (ou plutôt de commencer à déployer… car je pense que ce premier recueil de poésie sera suivi d’autres ouvrages de ce genre) ce monde intérieur dans Pensées en désuétude.   Edilivre : Au delà de l'écriture, quelles sont vos autres passions?   J’ai envie de répondre d’un seul mot : ‘voyage’. Voyage au sens plénier du terme pour les rencontres et découvertes qu’il suppose. Mais également voyage plus intérieur : la lecture (écriture et lecture vont souvent l’un avec l’autre forcément) et les arts de manière générale (peinture, théâtre, cinéma). Edilivre : Avez-vous d'autres projets en cours? Le vendredi 25 mars 2011, j’interviendrai pour une communication intitulée « Mme de Staël et George Sand : une femme à la Lumière de l’autre » dans le cadre du colloque international organisé à Orléans par François le Guennec (du 24 au 26 mars) sur le thème : Femmes des Lumières et de l’Ombre : un premier féminisme 1774-1830, dont j’ai l’honneur d’être retenue au titre de membre du comité scientifique. Le 12 mars 2011, je participerai à la journée d’étude organisée par Isabelle Grell sur les Genèses d’autofictions à l’Ecole Normale Supérieure de Paris. Des écrivains tels que Camille Laurens, Philippe Forest pour ne citer qu’eux, se pencheront également sur la question… Edilivre : Pour finir, petite question ouverte : vous êtes plutôt Hugo ou Baudelaire?   Vous avez retenu à bon escient parmi d’autres le nom de deux grands écrivains dont l’approche humaniste de leur écriture est loin de me laisser indifférente : démarche ‘humaniste’ en ce qu’ils revendiquent tous deux derrière un ‘je’ qui peut sembler au premier abord égotiste un ‘nous’ qui touche l’humaine condition. Il est amusant et non moins pertinent à ce propos que vous mentionnez Baudelaire (coïncidence ou non ?) car un critique à la parution de Pensées en désuétude avait rapproché ce recueil de l’éminent poète tant par la forme (poèmes en prose) que pour le fond (les thèmes abordés : l’amour, les noirceurs de l’âme, l’érotisme, l’incommunicabilité, la moderne solitude… Ceci étant, ses propos n’engagent que lui ( ?!) et ce sera, bien entendu, aux lecteurs d’en juger…  

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