Interview écrite


21 janvier 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Search and Destroy pour l’ensemble de son œuvre

Search_and_Destroy_EdilivrePrésentez-vous en quelques mots ?
Je suis cinéphile de formation et amoureux de polars littéraires depuis ma plus tendre enfance. Même adolescent, je me désintéressais de la culture plébiscitée par ceux de mon âge. Et de tout cet univers, je m’en suis imprégné, comme tout artiste, du reste, que ce soit dans la peinture, la musique, la photo, le cinéma. Tout artiste a forcément des inspirations, des référents correspondant à des désirs et autres pulsions intérieures. Mon œuvre n’est qu’un assemblage composite de toute cette inspiration, une sorte de patchwork d’influences. A tous ces matériaux a été ajoutée ma sensibilité personnelle, née de mes expériences passées en tant qu’être humain. Et tous ces éléments ont ensuite été balancés dans le haut fourneau de mes “ délires ” pour en résulter cet alliage qu’est mon œuvre.

Comment vous est venue l’envie d’écrire ?
Je ne fais qu’écrire la reproduction exacte de ce que moi, je rêverais de pouvoir trouver en librairie. Mais que je ne trouve malheureusement pas. Ecrire constitue pour moi un exutoire, une catharsis. Quelque chose de magique, d’enivrant, de viscéral.

Pourquoi écrire sur un monde de violence et de noirceur ?
Mon but premier est de fournir au lecteur ce qu’il ne trouvera jamais ni dans la littérature ni au cinéma. Le divertir, mais aussi, pourquoi pas le faire réfléchir, et je l’avoue le détruire, le disloquer. Comme moi-même j’aime de temps en temps l’éprouver. Lui donner l’impression d’être pris sous un tapis de bombes durant un raid aérien ou sous le feu roulant d’un tir d’artillerie lourde.
Je suis également fasciné par cette juxtaposition de tendresse, d’amitié et de destruction, d’anéantissement. Les personnages de mes romans, contrairement à la réalité, ne sont ni animés par le lucre, ni par le sexe ou toute autre drogue. Ou alors l’élément financier n’est finalement là qu’un prétexte. Des braqueurs de fourgons blindés qui bloquent un véhicule sur une voie rapide en pleine journée, alors qu’ils savent que les forces de l’ordre vont se manifester dans les cinq minutes ressentent alors des sensations qu’aucune somme au monde ne peut remplacer. Cela se situe au-delà des mots et relève du sexuel. Ou lorsque mes personnages se lancent dans une croisade d’extermination pour venger l’un des leurs, les considérations financières initiales sont alors bien loin.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Mon univers est fait d’abstraction comme l’était celui de l’immense Jean-Pierre Melville, où les personnages répondaient à des codes, des rites, que les humains ne peuvent d’ordinaire pas comprendre. A ce titre, je ne revendique aucun réalisme comportemental des personnages, sauf bien sûr dans la documentation toujours poussée à l’extrême, ainsi que dans les scènes d’action.
Dans la réalité, les personnages que je décris n’existent pas, en termes de comportement. L’être humain est pire encore. Il est capable de choses que le cinéma ou les JT de 20h ne pourront jamais montrer.
Pour ceux ou celles qui me traiteraient de machiste car j’inclus rarement des personnages féminins dans mes livres, je les invite à lire « Les Squales », « Les Loups », « Les Charognards », et ensuite ils réviseront leur analyse.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
J’ai encore cinq ouvrages en préparation, sur les cinq prochaines années. Tous de la même veine, dont le prochain: « Les Inhumains », qui sera terrible, la suite des « Rapaces ». Un sommet lui aussi.

Y a-t-il un message dans l’ensemble de votre œuvre que vous souhaitez transmettre ?
Les Maître mots de mes ouvrages sont : amitié, affrontement, souffrance et destruction.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
Un conseil aux lecteurs: à déguster avec beaucoup de modération. Risque élevé d’effets collatéraux majeurs.