Interview écrite


9 juillet 2018
Posté par
Éditions Edilivre

Rencontre avec Saraï David, auteure de « Le baiser noir »

Présentez-nous votre ouvrage.

C’ est le dernier tome d’une série d’ouvrages destinée à aller au-delà des préjugés sur les mentalités dites « particulières ». En premier, je me suis intéressée à la mentalité hip-hop avec « harlem help ». En second, la mentalité punk avec « a-i-mer ». Et la mentalité gothique avec « le baiser noir ».

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

D’une part, parce qu’écrire de la poésie est ma seconde nature ; d’autre part parce que je voulais montrer un autre aspect du gothique. Le gothique est un art, qu’il se traduise par le texte, la photographie, la musique ou le vêtement. C’est une atmosphère hyper-sensible qui peut tant être trash que romantique. J’ai choisi la poésie romantique. Le romantisme du XIXe siècle est gothique. Il y a comme une hyper-tension entre l’imaginaire et le réel, le merveilleux et la tristesse.C’est tout un univers en rimes que le lecteur découvre au travers une influence littéraire romantique très forte.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?

A ceux dont la sensibilité les porte vers l’inconnu, le mystérieux, l’idéal, le dramatique, l’absurde et le fantastique.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Le gothique n’est pas une dépression nerveuse ! C’est un art que l’on travaille, que l’on exploite, que l’on crée et recrée au fil de l’inspiration. A l’opposé de la déprime, la poésie gothique est un émerveillement constant ; mais un émerveillement qui ne se veut pas lisse du tout. Aujourd’hui la poésie est devenue un surplus d’ego grossier et creux, sans message. Or la poésie est avant tout un art, un travail qui met du temps pour se développer. Une magie qui nous laisse entrer dans un monde de troubles.

 

Où puisez-vous votre inspiration ?

Dans le romantisme classique, à la fois littéraire, musical, pictural et théâtral. L’influence de Faust, de musset, de William Blake, de Rimbaud, de Rosetti, de Gustave Doré, de Dracula, d’Alice au travers du miroir… »Le baiser noir » est un message d’amour empoisonné, une lettre parfumée à l’absinthe qui rend fou. Une fleur carnivore dont l’humour est de vous mordre le cou.

 

 

Extrait : 

« J’aspire à connaître la beauté universelle,

 

Toute de noir vêtue elle avancerait vers mon âme,

 

Mystérieuse et suffisante pour le jour du blâme,

 

Elle m’accueillerait dans les voiles de son ombrelle.

 

J’aspire à voir l’invisible,

 

Le sourire qui murmure

 

Des épitaphes indicibles.

 

Une si belle parure !

 

Amour indolent ou amourette passagère,

 

Quels sont ces fruits si suaves qui font déraisonner ?

 

Captif ou libre, j’ignore ce que vaut la fierté,

 

Une passion déchirante pour le moins fière !

 

Grotesque vent de folie,

 

Triste langage muet,

 

J’aspire à voir le simplet,

 

Qui, malgré tout, rit. »