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Rencontre avec Saraï DAVID , auteur de «Je parle féministe»

Pouvez vous nous présenter votre ouvrage en quelques mots ?

« Je parle féministe » est un ouvrage qui, comme son titre l’indique, parle de féminisme.
Plus exactement, je prends la parole afin que le thème abordé ne soit pas impersonnel.
Le titre est à l’origine un slogan féministe que j’ai trouvé tout à fait approprié pour mes textes. J’y publie 5 mini-dossiers journalistiques sur des sujets ayant trait à différents aspects du mouvement féministe.
C’est la suite logique de mon autre ouvrage « A-i-mer », qui est plus romancé mais tout aussi engagé.

On y trouve notamment un article sur le film « Scarlet Diva » qui fut à tort décrié et très mal interprété lors de sa sortie il y a 20 ans, mais aussi mon témoignage de femme agressée.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?

«Je parle féministe» est important pour moi et j’espère qu’il pourrait l’être pour d’autres femmes. Il fut écrit pendant le mouvement METOO, auquel j’adhère. L’idée de cet ouvrage est de prendre la parole contre la misogynie en remettant les pendules à l’heure. J’ai été très choquée de voir combien METOO fut violemment  vilipendé juste parce qu’il dérangeait le sexisme. Au 21e siècle, les femmes sont encore obligées de hurler pour que les violences sexuelles physiques et verbales cessent. Mon livre est un cri analytique.

A quels lecteurs s’adresse votre ouvrage ?

A tous ceux et toutes celles qui ont envie de trouver force et courage dans le féminisme. Ce n’est pas toujours évident de militer au sein d’une association, surtout si on est timide ; toutefois en lisant un recueil de textes féministes, on peut trouver la force nécessaire en soi pour combattre quotidiennement la cruauté du sexisme. Etre féministe, c’est ne pas avoir honte d’être une femme.

Quelles sont les principales qualités de votre ouvrage?

J’ai fait beaucoup de recherches pour écrire mes articles historiques, d’une part ; d’autre part j’ai puisé énormément de ressources sur le twitter d’Asia Argento quand j’ai écrit mon article sur son 1e film « Scarlet Diva ». C’est le film qui parle de son viol. Avec METOO, cette femme fut hélas la victime de l’antiféminisme encore trop vivace qui l’a fait passer pour une vicieuse afin de démanteler toute future tentative féministe de réitérer la dénonciation des violeurs. Ce qu’elle a fait a été formidable, il faut aujourd’hui prendre la relève.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers cet ouvrage ?

Mon message est avant tout très humain et humaniste. Depuis l’âge de 12 ans je me fais agresser par des hommes malsains persuadés que jolie fille = conne et pute. J’ai été violée à 18 ans, comme Asia Argento. Désormais, je n’ai plus honte de la dire car ce n’est pas à moi d’avoir honte. Avec METOO, j’ai trouvé le courage de dépasser ma résignation anxiogène pour retrouver ma fierté. Et maintenant, j’ose en parler. J’espère que d’autres femmes parleront. Le féminisme ne se relègue pas au passé.

Où puisez-vous votre inspiration ?

En l’occurrence, c’est Asia Argento qui m’a profondément aidée et marquée par son obstination durant METOO. Elle twittait des tonnes d’articles qui m’ont ouvert les yeux sur toutes ces autres femmes qui se battent pour la dignité féminine. J’ai appris ce qu’est la triste « culture du viol », un concept sociologique navrant pour qui le viol est un fait normal. Mais surtout, mon inspiration vient principalement de mon vécu. Je ne compte plus le nombre d’agressions verbales et manipulations dont j’ai été victime simplement parce que je suis une femme. On a tendance à croire que le féminisme est mort parce que les femmes travaillent, mais les hommes se permettent encore trop de manque de respect à l’égard des femmes. Je ne veux plus que cela continue.

Rencontre avec Saraï DAVID, auteur de «Je parle féministe»

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