Interview écrite


9 février 2015
Posté par
Flora

Rencontre avec Sacky K. Mensah, auteur de « Une même âme en deux corps »

Sacky_K_Mensah_EdilivrePrésentez-nous votre ouvrage en quelques mots ?
Tourment familial et par effet domino, tourments amoureux… Une même âme en deux corps est un peu l’histoire d’un jeune homme, Nolan, qui croupit sous le poids de son passé, victime en quelques sortes des déchirements amoureux de ses parents, durant sa tendre enfance. Sans vraiment en être conscient lui-même, Nolan, beau et séduisant garçon, finira au fil du temps par se barricader derrière un mur, maintenant à distance toutes les nombreuses courtisanes de sa faculté, fuyant la réalité du couple et de l’engagement, par simple peur du véritable amour. Dans sa fuite, il fera la rencontre de la délicieuse, virtuelle et non moins réelle Vanessa, sur le réseau social Facebook, et de la tendre, passionnée et dévouée Fleur, qui se révèlera n’être rien d’autre que sa meilleure amie, pilier de son existence solitaire.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Besoin vital d’écrire et recherche d’échappatoire… Voyez-vous, ce sombre sentiment que l’on a parfois d’être  » seul  » au monde ; pire, cette impression que le monde entier nous tourne le dos… Eh bien, je peux dire en regardant par-delà mon épaule, que j’ai connu et traversé des épisodes noirs, il n’y a pas encore si longtemps que ça. Et dans ces cas-là, même la lecture et la musique que l’on aime et qui nous soulage bien souvent ne suffisent plus malheureusement. Chaque ligne de mon ouvrage traduit mon besoin viscéral de hurler à plein poumon. Une même âme en deux corps a été l’unique moyen que j’ai pu trouver pour marquer ma réprobation, ma contestation. Mais, plus qu’un cri, ces mots qui prenaient vie, étaient synonymes pour moi de liberté. Je prenais pour ainsi dire mon envol pour échapper à la dureté de la réalité. Il est donc indéniable pour moi que je me sentais plus en vie pendant l’écriture de Une même âme en deux corps, malgré le sombre tunnel que je traversais. Oui… Écrire, c’est vivre !

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
Une même âme en deux corps s’adresse de prime abord aux jeunes ; à  » la génération Facebook  » pour ainsi dire. (Rire ! )  En même temps, je n’en fais pas l’exclusivité de la jeunesse. Toute personne, jeune, adulte ou vieux, qui à un moment donné de sa vie, a éprouvé cette envie et ce besoin vital de  ne faire qu’un avec autrui devrait, à mon humble avis, se sentir concerné par ce livre.

Pourquoi avoir choisi d’écrire un roman sentimental ?
(Rire) Pourquoi ? Sans doute parce que je suis un grand sentimental ? !

Quelles sont les principales qualités de votre livre ?
Les qualités… Hum ! Une même âme en deux corps est surtout, je le reconnais, un vibrant hymne à l’amour ; mais c’est aussi une célébration de l’amitié. Ce que mes lecteurs ignorent, c’est qu’à l’exception de Fleur et de Nolan, tous les autres prénoms utilisés dans cette œuvre sont ceux de mes amis, dans la vie réelle. Mais attention ! N’allez pas confondre les personnages de mon roman, aux vrais : Amandine, Vanessa, Jessica, Briand, David, Horus et les autres qui m’entourent… Ce livre est aussi un hommage rendu à mes amis pour le rire qu’ils m’ont apporté… pour avoir été présents dans les moments de désespoir, et patati et patata. (Rire) ! Bref ! C’est un « Merci ».

L’histoire de Nolan s’inspire-t-elle de votre propre histoire ?
Oh, que oui ! Bien sûr, je tiens à rappeler que cette œuvre n’est pas une autobiographie. C’est un mélange de l’environnement dans lequel je me suis développé étant adolescent et… De l’idéal de l’amour que je poursuis. L’influence de mon quotidien transparaît dans presque toutes les lignes. Et je peux d’ors et déjà vous faire une confidence : j’ai été dans la position de Nolan. Comprenez par-là que moi aussi, il m’est arrivé d’expérimenter une relation amoureuse avec quelqu’un que je n’avais préalablement jamais rencontré. Toutefois, gardez à l’esprit que la relation amoureuse que j’ai eu, qui fut tout aussi bien épique qu’inoubliable, ne saurait être confondue à celle de Nolan et de Vanessa dans le livre… Également, avant que je n’atteigne l’âge de deux ans, mes parents n’étaient déjà plus ensembles. Je n’ai donc pas de souvenirs de mon père, de ma mère et de moi-même vivants heureux (ou pas) dans une même maison. Et comme Nolan, j’ai eu du mal à accepter mon passé. Ça a peut-être l’air d’être quelque chose de banal de nos jours, vu que les divorces sont tellement courants ; mais c’était très difficile pour moi de quitter en fin de journée mes amis, qui eux, vivaient avec leur père et leur mère, et de rentrer le soir retrouver une maison où ne m’attendrait qu’un seul de mes parents. L’un essaye tant bien que mal de jouer le rôle de l’autre, mais ne parvient souvent pas à instaurer l’équilibre nécessaire. « Beaucoup d’autres ont connu cette histoire et s’en sont très bien sortis » me dira-t-on ! Eh bien, sachez dorénavant que nombre parmi ceux qui ont vécu la même histoire que moi, ne sont pas toujours si heureux, qu’ils voudraient le laisser croire. Et derrière chaque rire, se cache une ombre, un manque et un vide à combler… Certains s’en sortent, et d’autres, non.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers votre ouvrage ?
Lorsqu’on regarde de plus près, on remarque qu’ils sont légions ceux qui, au plus profond de leur être, aimeraient expérimenter et vivre le ‘‘véritable amour’’… Pourtant, allez demander aux jeunes ce qu’ils pensent de l’amour, nombreux vous répondront quelque chose comme : « c’est un sentiment qui n’existe pas », ou encore : « J’ai connu tellement de déceptions que je préfère ne plus prendre le risque de confier mon cœur à autrui ». (Rire) ! Alors, on préfère pour ainsi dire, « s’amuser » pour éviter d’éventuelles souffrances. Mais dites-moi, comment peut-on croire par exemple à la vie, si on ne croit pas, par la même à la mort ? Eh bien, c’est pareil pour moi en amour ! On attend de l’amour qu’il nous apporte du bonheur et du rire quotidiennement ; seulement, qu’on le veuille ou non, déceptions et pleurs en font également partie. C’est l’un des nombreux paradoxes de la vie. Et on ne peut vraiment pas échapper longtemps à ce sentiment ; car d’une manière ou d’une autre, nous sommes tous cernés par l’amour.

 Pensez-vous que l’amour rend faible ?
Je dois avouer que parfois, cette pensée m’a effleuré. Comment peut-il en être autrement lorsque la cause de votre affliction est justement ce même amour, tant vanté par tous ! Mais le pire va de pair avec le meilleur en amour. Et qui d’autre est le plus apte à nous blesser si ce n’est la personne à qui l’on a choisi de se donner intégralement et sans aucune restriction ? Oui, parfois nous souffrons justement parce que l’on a laissé entrer autrui. Mais souffrir ou pleurer au nom de l’amour fait-il de nous des êtres faibles ? Je ne crois pas… Néanmoins, je pense qu’au  moment même où l’amour nous rend fort et est capable de ressortir le meilleur que nous avons tous en nous, il nous rend également vulnérables… Vulnérables, mais pas faibles.

Seriez-vous prêt à prendre le risque de tomber amoureux et d’être à la merci des sentiments de quelqu’un d’autre ?
Oh que oui ! Contrairement à Nolan, le veinard, je suis, moi, toujours en attente de ma ‘‘Fleur’’ à moi. (Rire) !

Où puisez-vous votre inspiration ?
Mon inspiration provient en grande partie de mes moments de solitude. Au fil du temps, j’ai appris à les exploiter à mon avantage. La solitude n’a forcément plus pour moi, une connotation négative, puisque dorénavant je la perçois comme mon refuge. C’est un lieu où je peux pleinement m’exprimer et exploiter au mieux mes capacités.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je travaille déjà sur une deuxième œuvre. Ce nouveau monde que j’imagine s’avère être beaucoup plus coriace et plus palpitant que je ne l’aurais moi-même imaginé. Entre une écriture qui devient plus mature, en passant par le drame, la passion et le manque de temps, Instants fugaces promet de vous couper le souffle.

Un dernier mot pour les lecteurs ?
N’ayez pas peur de vous ouvrir à autrui. Bien sûr, c’est prendre le risque d’être blessé. Mais cela n’enlève rien à la beauté de l’amour. La seule mésaventure ou déception du passé, ne devrait en aucun cas nous priver d’amour et gommer tous les moments de bonheur que ce noble et beau sentiment nous procure. C’est certain, ce n’est pas facile. Mais vivre seul, ce n’est pas vivre. Soyons friand d’amour. (Rire) !