Rencontre avec… Roman Brooks

  • Roman Brooks, Grosse is beautiful est votre premier ouvrage. Vous êtes ingénieur en informatique. Depuis quand écrivez-vous ?
 

Depuis que je sais tenir un stylo. Quand j'étais au lycée, j'ai remporté un concours de poésie régional. Mes poésies ont ensuite été publiées régulièrement dans Art et Poésie. Puis, j'ai écrit de nombreuses nouvelles et enfin ce roman, Grosse is Beautiful. L'écriture est pour moi un lien au monde qui fait partie de mon regard. De ma respiration.

  • Qu’est-ce qui vous a poussé à publier votre livre ?
  Il me semblait que c'était la suite logique du processus d'écriture. Mes proches étaient tellement enthousiastes à la lecture de mon manuscrit, que j'ai décidé d'essayer de le publier. J'ai découvert par hasard le stand d'Edilivre au dernier Salon du Livre de Paris et, de retour à Marseille, ai envoyé mon manuscrit. Les nombreux témoignages de lecteurs que je reçois par l'intermédiaire de mon blog ou de Facebook me font penser que j'ai eu raison de vous envoyer mon manuscrit.  
  • Vous critiquez un monde envahi par l’obsession de l’apparence : ce thème vous tient à cœur, pourquoi ?
  Quand je regarde des émissions ou des clips des années 80, je ne peux que trouver les temps que nous traversons terriblement tristes. Je ne parle pas seulement des problèmes de société ni économiques, également abordés dans Grosse is Beautiful, mais surtout du conformisme omniprésent. Regarder des émissions de relooking est d'ailleurs édifiant. Les candidat-e-s y sont formaté-e-s de manière très binaire. L'héroïne de Grosse is Beautiful a choisi l'obésité comme moyen d'affirmation. Redéfinir ses contours a été un moyen d'expression. Puis peu à peu, la violence du monde extérieur est venue se mélanger au fait d'être différente. Quand elle traverse Marseille, nous assistons progressivement à l'émergence d'une nouvelle personne, une personne qui décide de s'assumer pleinement. Si quelqu'un lui proposait, à ce moment-là de postuler pour une émission de relooking, elle refuserait catégoriquement « Perdre du poids ? Jamais ! ». J'ai eu envie, à travers l'humour et la tendre violence de ce roman, de donner de la force à tous ceux et toutes celles qui, pour une raison ou une autre, se sentent différents à un moment de leur vie. Parce c'est une chance d'avoir le courage d'être réellement soi, et certainement le meilleur chemin vers le bonheur.
  • Quels auteurs vous inspirent ?
  Dorothy Allison, même si Grosse is Beautiful n'est pas autobiographique. Pour la sincérité, de l'émotion. Luc Dietrich également. Virginia Woolf.  

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