Rencontre avec Philippe GRUNSTEIN

  Philippe Grünstein, Assassinat de l'imagination est votre premier ouvrage publié chez Edilivre.  Je suis très heureux de voir la matérialisation de ce roman si particulier. Edilivre a pris le risque d’éditer un film imprévisible, violent, amoral et désespérément humain, là où les soit-disant grands éditeurs refusent de prendre des risques. La majorité des comités de lecture choisissent un manuscrit en fonction de leur clientèle, au lieu de laisser un espace à l’innovation. Edilivre offre cet espace. La publication de mon livre lui a donné sa vraie vie. Il peut désormais être lu librement en France ainsi que dans toute la francophonie. J’ai été frappé par la qualité de la production et le professionnalisme absolu de l’équipe éditrice. Pouvez-vous nous faire entrer dans votre univers en quelques mots ? Mon ‘univers’ a deux visages indissociables. J’exerce et j’enseigne la médecine, en particulier les maladies respiratoires. Je répète à mes étudiants qu’un bon médecin, c’est avant tout un bon diagnostic. Pour ceci il faut écouter attentivement le patient. Mon ‘univers créatif’ s’appuie sur le même principe. J’essaie de prêter la même attention à la vie humaine à l’extérieur de la médecine, à son chaos, et je tente de rassembler les morceaux éparpillés à la recherche d’un sens, d’une harmonie. Ma création littéraire est un travail diagnostique sur les autres et sur moi, comme en médecine, pas moins exigeant. L'imagination est-elle un élément indispensable à l’écriture? C’est notre baguette magique mais elle ne doit pas nous égarer dans nos rêveries. Elle fait partie de ma quête de cohérence, elle me permet de prendre des raccourcis. Elle n’est productive que si elle contribue à la mise en images d’une histoire guidée par l’intelligence, par exemple la compréhension d’une vie criminelle. C’est ainsi que je l’ai utilisée dans mon roman. A quel type de lecteur est adressé votre ouvrage ? Ayant vécu en France, en Allemagne et en Italie dans des couches sociales diverses, et habitant maintenant l’Angleterre où je travaille depuis dix ans, j’ai aboli quelques frontières de culture et de langage. Ce qui est compréhensible et intéressant, principalement dans les arts, ne doit pas être l’exclusivité d’un certain type d’amateurs. La viole de gambe, les collections de scarabée et le crime de commande sont des motifs récurrents d’Assassinat de l’imagination, qui ne s’adresse pas à un certain type de lecteur. J’exclus l’exclusivité. Les romans véritables sont d’utilité publique comme la médecine et l’eau minérale. Que vous apporte l'écriture ? La même sensation que la recherche en médecine, le bonheur de l’aventure, avec ses hauts et ses bas, mais que serait ma vie sans la médecine et l’écriture? Rien. Avez-vous d’autres projets de romans ? Je termine un nouveau roman qui ne devrait pas manquer de faire un certain bruit car il raconte une vie médicale et artistique d’une façon terriblement provocante. Encore me faudra-t-il trouver un éditeur audacieux... j’en connais déjà un qui n’a pas froid aux yeux!

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