Rencontre avec Pauline Labrande, auteure de  » Cicatrices « 

Pauline_Labrande_EdilivrePouvez-vous introduire, en quelques mots, votre ouvrage ?
Ce livre raconte une relation amoureuse qui a duré trois ans, entre la jeune Clara, qui croit avoir trouvé l’amour de sa vie, et un homme plus âgé, qui a l’intention cachée d’en faire sa chose. Prisonnière de cette relation, elle subit différentes formes de violences et, pour diverses raisons, elle ne parvient pas à s’éloigner de son bourreau…

Votre livre s’inspire-t-il d’une expérience personnelle ?
Absolument. Il s’agit d’un récit totalement autobiographique. Aucun élément n’a été ajouté ni modifié, à l’exception des noms des personnages. Mais j’ai préféré l’écrire à la troisième personne, car d’une part il était ainsi plus facile de prendre de la distance par rapport aux événements, et d’autre part, il était moins pénible de parler de « Clara » que de « moi ».

Cela a-t-il rendu l’écriture plus difficile ?
Oui, vraiment. Emotionellement, bien sûr, étant donné que les événements rapportés ont été très douloureux, mais d’un point de vue pratique aussi : hors de question de me laisser porter par l’écriture. Je voulais que tout soit authentique et je craignais de ne pas pouvoir me fier à mes seuls souvenirs. J’ai dû effectuer des recherches sur ma propre vie, ressortir de vieux courriers, d’anciens journaux intimes, des photos de l’époque, des poèmes archivés, des vidéos oubliées…

Quel regard portez-vous sur l’adolescence à travers ce roman ?
Il n’y a pas vraiment de regard particulier porté sur l’adolescence. Je pense même que le fait que Clara n’ait que 17 ans au début du récit n’a que peu d’importance. Une femme peut être victime de la violence d’un homme, et se retrouver piégée dans une relation, à n’importe quel âge.

Vous identifiez-vous sur certains points à Clara, votre héroïne?
Il s’agit de moi quand j’étais plus jeune. C’était il y a quinze ans, j’ai quand même changé. Je pense que j’ai appris de mes erreurs et que je ne retomberais pas dans ce genre d’engrenage aujourd’hui.

Écrire, est-ce une sorte de thérapie pour vous ?
Écrire, cela peut être beaucoup de choses pour moi : l’écriture tient une grande place dans ma vie. Le plus souvent, quand elle est « thérapeutique », mon écriture prend une forme poétique. C’est la première fois qu’un récit a cette valeur pour moi. Mais l’objectif de cet écrit va plus loin : j’espère que ce livre pourra aider d’autres femmes à ne pas tomber dans le même piège que moi.

Un dernier mot pour vos lecteurs ?
Puisse le récit de cette douloureuse expérience permettre à d’autres de ne pas subir le même sort !