Rencontre avec Muhamat Corbeau, auteur de « Apocalypse »

Où habitez-vous ?
Je vis en Auvergne-Rhône-Alpes, à Chambéry.

Présentez-nous votre ouvrage
« Apocalypse » est un roman en vers (en alexandrins) qui contient dix chapitres de neuf à douze poèmes. Bien que les chapitres et les poèmes soient indépendants les uns des autres et se suffisent à eux-mêmes, leur ensemble tisse une trame narrative en relatant le destin d’une famille en des temps apocalyptiques. J’ai privilégié les formes du sonnet et du douzain afin de créer un cadre visible d’un coup d’œil. Chaque poème agit à la manière d’un écran. Le lecteur peut « zapper » au gré de ses envies, comme il peut suivre la trame du récit de manière linéaire.

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
Dès le lycée, j’ai imaginé un personnage de fiction qui écrirait le dernier livre dans un monde près de disparaître. Il intitulerait son livre d’alerte « Apocalypse ». Le monde n’en tiendrait pas compte et la Terre, réduite en poussière, finirait de disperser toutes choses. L’histoire de mes personnages, Jonas et Léïssan, reprend cette trame primitive. « Apocalypse » est donc un livre d’alerte. Il condamne la montée du fascisme, du néo-nazisme tout en mettant en scène le combat de l’âme pour son salut. Achevé en 2010, il ne tient pas compte de l’émergence de Daesh, dont l’organisation et les soldats barbares reproduisent le modèle hitlérien. Cependant, le héros étant chrétien et l’héroïne musulmane, leur mariage et la naissance de leur fils, Abraham, est un symbole de paix et d’harmonie entre les religions.

À quel lecteur s’adresse votre ouvrage ?
« Apocalypse » s’adresse à tous les amateurs de poésie, mais aussi, je l’espère, à toutes sortes de publics. Si la poésie est en elle-même hermétique, j’ai voulu malgré tout la rendre accessible au plus grand nombre en employant le plus souvent un lexique courant.

Quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?
Mon message est un message d’alerte. L’Histoire nous apprend que la montée des populismes débouche sur les pires horreurs. Il est urgent que l’idéal démocratique terrasse la nouvelle hydre du fascisme et du néo-nazisme. L’antisémitisme mais aussi l’islamophobie, la xénophobie n’ont jamais été plus virulents depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

Où puisez-vous votre inspiration ?
Je me suis inspiré des « Fleurs du Mal », de Charles Baudelaire, structuré en plusieurs parties, selon une architecture secrète, ainsi que du roman en vers, « Eugène Onéguine », d’Alexandre Pouchkine, sans oublier « La divine comédie », de Dante. L’ »Ancien Testament » et le « Nouveau Testament » m’ont, d’autre part, fourni la matière de nombreux poèmes du roman.

Quels sont vos projets d’écriture pour l’avenir ?
Je viens d’achever un roman autobiographique intitulé « Les neuf vies ».

Un dernier mot pour les lecteurs ?
« Plus jamais ça ! »